Chapitre 25

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Je me réveillais difficilement, dans un état de faiblesse anormal.
J'entrepris de faire bouger mes muscles un par un pour vérifier que tout allait bien. Après vérification, tout était nickel, j'avais juste l'impression de porter des poids de 100 kilos à chaque membre. J'étais épuisée. Je décidais de relever mon buste, ce que je fis avec difficulté.

Puis, mon cœur rata un battement de peur lorsque je vis une silhouette assise dans un fauteuil en face de mon lit, sans voir son visage caché par l'obscurité de la pièce. Je me rapprochait peureusement et finit par apercevoir le visage de la personne.

Curieusement, je ne pus m'empêcher de trouver cette personne, qui n'était autre que Castel, charmante. En effet, il dormait à cet instant et cette vision m'inspirait un sentiment de tendresse. Il était tout simplement adorable quand il dormait car il perdait son regard dur portant son masque cachant les différentes facettes de son visage où se reflétaient ses émotions de l'instant. Il avait le visage d'un enfant.

J'aurais tant voulu le voir toujours ainsi, regrettais je. Malheureusement il se réveilla et après avoir totalement émergé, me faisant rire dans ma barbe, il me regarda étonné puis accouru vers mon chevet une fois remis de son étonnement.

Je ne pus empêcher mon fou rire de sortir. Son regard encore plus perdu renforça ma crise, laissant s'échapper quelques larmes de mes yeux. J'avais sûrement l'air d'une folle ainsi.

-Tu m'expliques qu'est ce qu'il te fais rire ainsi à en pleurer ?

-Si je te dis que c'est toi, tu devines pourquoi ? Riais je toujours aux éclats.

-Non absolument pas, dit il après un instant de réflexion.

-Tu étais tout simplement mignon quand tu dormais et te voir te réveiller difficilement avec la tête dans le cul comme on le dis chez nous m'a tout simplement fait rire ! Et puis quand tu a couru vers moi comme si cela faisait plusieurs jours que je dormais était encore plus drôle. Tu avais une tête tellement inquiète et soulagée à la fois !

-Et si moi aussi je te dis que tu est restée plus de quatre jours en train de dormir tu dis quoi ?

Je le regardais d'abord surprise puis finit par retomber dans mon fou rire, croyant à une mauvaise blague.

-Bravo ! Elle étais bonne celle là ! Tu as failli réussir à me faire peur !

Ne l'entendant pas se joindre à mes rires, je m'arretais finalement et ma bonne humeur retomba aussi vite qu'elle était apparue quand je vis son visage on ne peux plus sérieux et maintenant un peu en colère.

-C'était une blague hein ? Demandais je désormais peu sûre de moi.

-Je n'ai jamais été aussi sincère Esmeria... Dit il durement, m'effrayant.

-Impossible... Soufflais je. Je... Il faut que je prenne l'air, dis je en joignant les gestes à la parole.

Je courus difficilement jusqu'à la sortie, l'air manquant à mes poumons. J'étais en train d'étouffer, la peur comprimant mes pensées et m'empêchant de faire marcher naturellement mon système respiratoire. Je manquais de trébucher de nombreuses fois, et une fois arrivée à la porte de ma délivrance je l'ouvris à la volée, attirant le regard de tous les gardes sur moi, m'intimant de m'arrêter avant de courir derrière moi.

Sentir la bise du vent soulever délicatement mes cheveux et s'infiltrer paresseusement dans mes poumons, le purifiant de l'air des habitations me fit le plus grand bien. Cet air si pur me permettait de faire le vide dans ma tête et reprendre le cours naturel des choses. Ma respiration devint ainsi plus longue et régulière mais je n'arrêtais pas ma course pour autant, pas même pour savourer ce moment et cette sensation unique.

L'élue, l'hybride des Trois Grandes Races. Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant