XXXII - A BURDEN FROM THE PAST

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Chapitre mis à jour_____


― Merci bien docteur, dit Terrence en le raccompagnant jusqu'à l'entrée.

― Je suis désolé de ne pouvoir faire davantage, monsieur le comte.

― Vous avez fait votre possible.

En clôturant la porte, le jeune homme s'y adossa en s'abandonnant contre le battant. Il ferma ses yeux un instant, puis avisa l'escalier qu'il s'apprêtait à gravir. Ses entrailles se nouèrent d'angoisse.

Il récupéra l'assiette qui trônait sur la console de l'entrée laissée à son attention, bien décidé à ne pas la ramener pleine aux cuisines.


La lumière pénétrait de toute part dans la chambre. Terrence avait pris soin de disposer le lit suffisamment près de la baie vitrée, afin qu'elle ait tout loisir de profiter de la vue.

Si elle ne pouvait pas sortir, il s'interdisait l'idée qu'elle puisse se sentir prisonnière pour autant. Ce qu'elle ressentait pourtant très certainement. Son visage était ostensiblement tourné vers la fenêtre, fermé à toute conversation. Aucun des livres qu'il avait faits monté de sa bibliothèque n'avait été touché, la pile était renversée sur le tapis.

Terrence pinça les lèvres et prit une profonde inspiration pour se donner du courage. Il toqua à la porte, par politesse, car elle n'ignorait rien de sa présence. Elle ne lui accorda aucun regard et il décida de ne pas se laisser affecter. Ce n'était pas lui qui comptait à présent.

― Josepha t'a fait préparer une collation.

Pas un mot, pas une réaction. Ses iris gris demeuraient fixés sur l'horizon, au-dehors. Il serra l'assiette entre ses doigts avant de se morigéner intérieurement.

Il lui fallait prendre sur lui.

Il s'avança pour s'asseoir sur le lit, face à elle, repliant son genou sur le matelas.

― Tu sais, peut être qu'il te serait possible d'aller faire un tour dans les jardins demain, si le temps le permet...

Il la vit ciller, un bref instant. Elle ne put dissimuler son plissement de lèvres et il se félicita de pouvoir encore atteindre une partie d'elle.

― Il faudrait que tu manges quelque chose pour cela, afin de prendre des forces.

Elle déglutit. Sa bouche se tordit d'aigreur quand sa voix résonna, rauque :

― Je n'ai pas faim.

Terrence eut l'impression de recevoir un coup dans l'estomac. C'était les premiers mots qu'elle prononçait depuis leur dernière dispute.

― Je sais. Cependant, il faudrait... que tu te forces un peu. Pour lui...

Les prunelles d'acier le percutèrent de plein fouet. Cette colère, il l'accueillit sans se démonter. Il la méritait après tout.

― Pourquoi t'en préoccupes-tu ?

Ses paroles malheureuses lui revenaient en pleine figure.

― Je me fais du souci pour toi, Charlotte, je t...

Le regard furibond qu'elle lui infligea l'incita à ne pas terminer sa sentence.

Charlotte remettait en question tout ce qu'il avait été persuadé d'être. Toutes ses certitudes volaient en éclats depuis ces derniers mois.

Les semaines qui venaient de s'écouler avaient sans doute été les pires.

L'incendie déclenché par Marion avait ravagé le manoir des Delalande et celle-ci avait été placée dans une institution pour jeunes filles en attendant qu'un parent daigne la réclamer. Terrence s'efforçait d'obtenir sa tutelle, mais c'était sans compter l'influence de l'ordre des Justes.

La lignée des reines  - (Terminée)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !