27.Adam♠

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«Nous étions toujours à l'aéroport de la ville. Assis à même l'herbe qui entoure le hub.»

Il y a ses deux fossettes qui se sont creusées au coin de ses joues, et ses yeux pétillent,pour la première fois  et je crois que me voir réagir de la sorte, ça l'amuse un peu. Parce que là je dois avoir clairement l'air d'un con bavant devant une nana et j'en ai rien à foutre. Je ne sais même plus ce que je dis mais son sourire, mon Dieu son sourire. Pitié je vais mourir. Je suis trop jeune. Elle continue. Elle continue et son sourire s'élargit et je réussi, je ne sais par quel miracle, à ordonner à mon cerveau de sourire en retour.

-Pourquoi tu fais cette tête-là ?

Elle ne cesse de sourire mais c'est une véritable torture parce que la seule chose que je voudrais, là, tout de suite, c'est qu'elle arrête ça immédiatement parce que ça me rend fou. Parce que mon cerveau est en ébullition et qu'à cause d'elle je perd tous mes réflexes et je suis incapable d'articuler quoi que ce soit.

-Ça va ? Me questionne t-elle

Mais non, ça va pas,du tout même. Elle a le sourire le plus adorable au monde. Et pourtant d'un coup, son sourire, son sourire adorable, il s'efface. Et là le sol se dérobe littéralement sous mes pieds et j'ai l'impression que je vais tomber avec elle.
-Qu'est-ce qu'il y a ?

Elle se rapproche de moi et se tient désormais à quelques centimètres, avec un regard inquiet et un air on ne peut plus sérieux. Et je crois que si je j'avais pas une certaine retenus je l'aurais embrassé.

Qu'est-ce qu'il m'arrive. Je viens de me surprendre à rêver l'embrasser. Je crois que je deviens fou. Il faut que j'arrête. C'est sa faute à elle. Il me fait de l'effet alors que... Je ne sais pas. C'est juste qu'elle a souris ; voilà tout .D'ailleurs s'elle pouvait recommencer pour le plaisir de mes yeux, ce serait gentil.

Mais elle est juste en face de moi et je peux lire une sorte de peur dans son regard, c'est léger d'accord, mais c'est une peur quand même et je crois que c'est là que je prends conscience de la situation, du fait que je la fixe sans un mot depuis deux ou trois minutes, peut-être plus, je n'en ai pas la moindre idée et elle doit penser que je vais m'évanouir , ce qui est sûrement le cas si elle se rapproche encore plus de mon visage.

-Oui, ça va.

Elle souffle et se recule enfin. Et moi je peux respirer.

-Tu faisais une tête bizarre.

Jamais je n'ai été aussi proche d'elle et là, la seule chose que je ressens à l'intérieur de moi c'est l'incendie qui s'y est déclenché que personne n'envisage d'éteindre. Je suis en feu. Je brûle. Je vais mourir. Je crois que je n'ai jamais eu aussi chaud de toute ma vie entière.

Je détourne le regard et j'essaye tant bien que mal de reprendre mes esprits. Je souffle, longuement, et je réussis finalement à lui parler à nouveau. Pour une fois que c'est moi qui suis incapable de décrocher un mot. C'est rarissime.

-C'est juste que je comprends pas comment tu peux sourire de cette façon-là ,après tout ce qui c'est passé...

-Je souris parce que...
- Parce que..?
-Je ne suis plus toute seul.

-T'es avec qui alors ?

-Avec toi.

Mon cœur s'arrête une seconde fois. Maintenant pour ma survie et pour le bien de tout le monde je devrais y aller parce que si elle a prévu d'être comme ça toute la soirée je risque sérieusement de ne pas rentrer chez moi en un seul morceau. En fait je risque carrément de rentrer chez moi brûlé de partout parce que la chaleur ne fait que d'augmenter malgré qu'il fasse zéro degré et que le ciel  commence à s'assombrir comme s'il ne garderais pas  à pleuvoir.

On se dévore du regard comme ça une longue minute, un peu comme un jeu, un peu comme si on s'amusait à tester l'autre et à voir qui tournerait la tête en premier. C'est moi. Je suis un faible mais c'est de sa faute. Je savais que je devais venir ici pour être bien et pour qu'elle ce sente aussi bien mais je ne pensais pas que j'allais être aussi heureux ce soir et pour la première fois j'ai la sensation qu'elle l'est avec moi.

Je voudrais tellement que cet instant dure éternellement. C'est comme si pour la première fois cette fille s'autorisait à vivre enfin et le sourire qu'elle vient de m'offrir est la plus belle chose que je n'ai jamais reçue de sa part. Ce soir je le ressens vraiment, elle n'est peut être pas fermé à double-tour. Et ça fait du bien.

- Parles-moi.

-Te parler de quoi, Adam?

-De tout. De ta famille, De ton histoire. De tes secrets. De ce que tu aimes faire. Parles moi.

Elle se renferme. Son visage s'assombrit et je m'empresse de rajouter :

-Tiens, t'as qu'à me dire pourquoi t'aimes pas la brûlure que tu as tout au long du bras.

Elle ne répond pas. Elle baisse les yeux sur le sol vert et son regard se perd à l'intérieur, comme si c'était fascinant.

Je comprends qu'il ne faut pas insister, que j'effleure la limite à ne pas dépasser et que je suis à deux doigts de la perdre pour le restant de la soirée.

-C'est pas grave. T'es pas obligé de me le dire.

Je sais que quand elle m'ignore, c'est qu'elle est vraiment mal. Ou pas forcément mal, juste qu'elle ne veut pas répondre. C'est l'issue qu'elle trouve et qui marche le mieux, l'ignorance.

Et c'est à ça que je peux voir son degré et la force avec laquelle elle affronte ce qui l'ennuie et ce qu'elle n'a pas envie de dire.

Mais pour ma part ce soir, j'ai réussi. Je crois que je l'ai rendu heureuse , et je donnerais tout l'or du monde pour revoir son sourire, pour le ressentir vivre de cette façon.

- Adam?

- Oui ?

- Promet- moi une chose.
- Quoi?

- Promet moi... de ne pas t'attacher à moi.

Elle vit incompréhension dans mon regard.

-C'est justement ça le problème. Répondis-je

Elle attendais ma réponse me fixant comme si je m'apprêtais à dire une bêtise.

-Je me suis déjà attaché à toi.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant