Chapitre 1

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Je suis dans une énorme merde.

Pile le jour de la rentrée.

L'écho de mes pas effrénés, résonnant dans le couloir silencieux me donnait la nausée.

Le couloir bien évidemment vide, me semblait mille fois trop long, mille fois trop grand.

J'étais en retard.

Dès le premier jour.

Comment j'ai fait ?

Ça c'est une très bonne question.

Pourquoi ?

Celle là je vous laisse le plaisir d'y répondre.

Mes talons faisaient un bruit horrible, ce genre de claquement affreux qui vous donne un terrible mal de tête. Mais bon, la veille, après avoir passée 30 min posté devant mon "dressing" l'air complètement désespérée, ma grande sœur Mila m'avait tendu dans un élan de générosité une jupe mi-courte carmin à carreaux noir. Elle me tendit aussi des sublimes bottines ébène qui étaient d'une élégance imprenable lorsqu'elles trônaient au bout de ses pieds à elle. Puis grâce à mon incroyable sens de la mode j'avais déniché tout au fond de mon armoire un débardeur et des collants sombre. 

Pour être honnête, je détestais les jupes, les jupes c'est court, et quand c'est court on voit tes jambes, alors oui je m'étais totalement épilé la vieille mais je portais des collants noir et cela ne changeait en rien l'épaisseur de mes cuisses.

Puis Mila avait tellement insisté, m'avait tellement harcelé, qu'au final, ma tête s'était abaissée toute seule, vaincue.

Est ce que j'ai terriblement honte ?

Je ne peux qu' approuver.

Comment cela fait il que j'ai accepté ?

Je me maudit, maudit, maudit

Hé bien Mila clamait au monde entier qu'elle trouvait que mes jambes n'étaient ni fines ni large elles étaient normal. Toutefois chez ma sœur, la raison prenait beaucoup de temps à faire surface :

" Ta sœur est mal dans sa peau, elle se sent grosse, moche comme une putain de baleine"

Ça, Mila ne peut même pas l'envisager. Je suis mal dans peau, horriblement mal, le regard des gens me pétrifie, leur jugement m'horripile, me fait peur, me rend faible. Je me sens terriblement stupide de sentir cet affreux sentiment d'infériorité, mais lorsqu'une personne me regarde écrire ou lire, mes mains tremblent sans s'arrêter, c'est encore pire quand je joue au piano, ce que je déteste faire en public car cela se révèle être un véritable calvaire. Mila est tout le contraire de moi, une magnifique jeune femme au sourire éblouissant qui inspire confiance et maîtrise.

Plongée dans mes pensées je ne vis qu'une fois au bout d'une dizaine de seconde la porte 209.

Allez Méline tu peux le faire !

Je m'avançais lentement et sûrement, prête à tendre le poignet afin de toquer.

Objectif à remplir :

- Discrétion avant tout

On tape un petit cou puis on va s'asseoir l'air de rien.

Je tentais de puiser le peu de courage qui me restait, ce dernier demeurait rare, la jupe courte en était la principale cause.

Je pris une grande respiration, fis un sourire qui me crispa le visage et avança prudemment. Mais lorsque que mon poing s'apprêtait à cogner la porte, celle ci s' ouvrit brusquement.

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