Accompagnatrice

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PDV Lune

-Je... Bonjour, Dame Huang Hua.

-Je t'arrête tout de suite ma grande. Pas de Dame avec moi et tu me tutois.

-Vous êtes sûre, Dame Huang Hua? Les petits humains comme elle ne comprennent pas généralement.

C'est le servant de Huang Hua qui vient de parler.

-Zif, soit gentil et ne me fais pas honte!

-Je suis désolé, Dame Huang Hua.

Huang Hua se retourne vers moi, un sourire aux lèvres.

-Excuse Feng Zifu, il a du mal à laisser les gens m'approcher.

Je hausse les épaules. Si j'avais su que je serai Dame de compagnie, je me serai habillée autrement. Pourquoi on me prévient jamais?

Bon, y'a pas le choix. Allez, Lune, un sourire aux lèvres, le dos droit et puis...

YOLOOOOO.

Hum, hum. Bref.

-Oh, je n'en fais pas cas, ne vous inquiétez pas!

Je lui fais mon plus beau sourire. Ceux qui me connaissent m'aurait déjà frappé tellement je suis sûre d'avoir l'air d'avoir la rage. Mais bon, elle n'y voit que du feu.

-Bon et, bien, je te laisse faire la visite, Lune...

Miiko me regarde comme si elle me suppliait de pas faire n'importe quoi.

-Ne t'inquiète pas, Miiko, je prendrai soin de Huang Hua, tu me connais!

-C'est bien ce qui m'inquiète...

Je lui fais une moue boudeuse.

-Tu t'appelles Lune?

-Oui.

C'est Huang Hua qui m'a apostrophée.

-Comme la Lune dans le ciel?

J'ai faillis répondre "Non, comme tes fesses.". Mais je me suis retenue à temps.

-Oui.

-C'est joli comme nom!

Elle me fis un joli sourire. Elle a l'air sincère, c'est bien.

Mais cette fois encore, j'ai du me retenir de répondre "Bah, t'es un peu obligé de dire ça.". Si je dois passer la journée à me retenir, on va pas y arriver!

-Bon, je pense qu'il est temps que ce monument se fasse visiter. Je vo... euh, te pris de me suivre.

Je lui montre la sortie de la Salle du Crystal. Elle avance volontier en empoignant mon bras au passage. Je manque de tomber, mais je la suis tout de même. Je rigole au passage.

-Allez, viens! Montre moi donc ces jardins!

-Avec plaisir, Huang Hua. Mais dans le calme, ce serait préférable.

Je retire mon bras en lui souriant, pour lui signaler qu'elle peut quand même poser ses questions et que ce n'était pas une rebuffade.

Nous marchons, Huang Hua, Feng Zifu et moi, vers les jardins.

-Bon alors, explique moi. Comment c'est là-bas? Tu es née où? Comment ressemblait ta vie?

-Sur Terre?

-Oui!

-Je... je suis née dans une ville à seulement 2 millions d'habitants, et...

-Quoi, "seulement" 2 millions?!

Elle instite bien sur le seulement, en allant même jusqu'à mimer les guillemets avec ses doigts.

-Oui. Il n'y a pas de ville aussi grande à Eldarya. On a quelques bourgades de grandes envergures, c'est vrai, mais bon. La faim serait trop présente et les gens mourraient trop rapidement.

-Je comprend.

-Donc, comment était ta vie avant?

-Oh, regarde, on arrive vers les jardins. On devrait allez au jardin de la musique si tu veux du calme.

Je lui prend la main pour l'entrainer à ma suite, mais quelqu'un nous arrête.

-Petite pécore, retirez vos sales pattes de la main de Huang Hua!

Feng Zifu nous sépare sans vergogne. Quel en... rabat-joie, celui là!

-Zif'! Attention à ce que tu dis!

-Je n'en tiens pas rigueur, ne t'inquiète pas, Huang Hua.

Je lui souris.

-Suis-moi, s'il te plait.

Mes pieds claquent le sol avec vigueur, comme toujours, tandis que ceux de Huang Hua semblent volés. Son pas est velouté. Je trouve toujours intéressant de noter de petites choses comme ça.

Arrivés à ce que j'appelle le Sanctuaire de la Paix, nous nous assoyons près de l'eau. Je laisse le vent me caresser le visage, en fermant les yeux. Je respire une bouffée d'air de manière paisible.

-Alors, Lune...

-Oui?

-Juste une question. Est-ce que tu es fille unique?

Cette question me fait l'effet d'une douche froide. Je ne sais pas quoi répondre, ce qui est rare. Dans ce genre de situation, je préfère regarder mes pieds en attendant que ça passe. Je suis sûre que Huang Hua ne s'attendait pas à ce type de réponse.

-Alors?

Le simple fait qu'elle insiste me donne envie de pleurer. Je...

-Hé, Lune, ça v...

Elle n'a pas le temps de finir sa phrase, car je relève brusquement mon visage inondé de larmes. Mes épaules sont secoués de sanglots.

-Je... je suis désolée. Tu as perdu ta famille en venant ici, et moi, je parle de ça. Excuse moi.

Feng Zifu, jusqu'à lors à l'écart, autant physiquement que mentalement, relève la tête.

Huang Hua me prend dans ses bras. Je pleure Aiden, mais je pleure aussi Cole, Nathan, Rayan... Huang Hua a fait jaillir en moi une autre émotion, un autre désir.

Celui de rentrer chez moi.

Anormale [Eldarya-Ezarel]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant