Chapitre 24 - Partie 2 - L'affrontement

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« C'est hors de question », s'exclama Mattéo à voix basse

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« C'est hors de question », s'exclama Mattéo à voix basse.

Naola, occupée à tracer au sol des enchevêtrements de symboles destinés à sa protection et à celle de Pierre, lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Le jeune Héliade détourna le regard pour leur laisser un peu d'intimité. La dispute du couple ne l'étonnait pas : les deux amoureux se querellaient sans cesse, que ce soit par jalousie ou inquiétude. Aujourd'hui, Mattéo devait battre des records d'angoisse – à raison.

La sorcière se redressa et épousseta la craie qui maculait ses mains.

« Ça n'est pas vraiment le moment d'en discuter, Mattéo, répondit-elle avec sècheresse.

— Il n'a jamais été question de te laisser seule avec on ne sait combien de vampire.

— On en a parlé, pourtant », trancha Alix.

Elle terminait de teinter les vitres de la maisonnette où ils patientaient. Déserté depuis plusieurs années déjà, l'endroit empestait l'humidité. Aucun meuble n'avait résisté au temps ou aux pillages. Des restes de vieilles couvertures dans les coins témoignaient que, malheureusement, le lieu avait été habité en l'état, en tant que squat.

Pierre frissonna en imaginant que, si ça se trouvait, il vivrait ses derniers instants ici. Ici. Dans ce dépotoir.

La bâtisse se situait à moins d'un kilomètre du monastère merlinique où se cachaient Fillip et la cellule de Chester. Si on oubliait son glauque, l'endroit était parfait. Assez éloigné de la planque de l'Ordre pour ne pas prendre de risque, assez proche pour que les vampires le sentent, lui.

Mattéo et son Maître se perdirent quelques minutes dans un débat stérile : à mesure que l'élève haussait le ton, l'Once gagnait en sècheresse. La discussion était un cul-de-sac.

Pierre secoua la tête et posa son regard sur Xâvier. Les bras croisés, adossé contre le mur du fond, le borgne attendait dans une cape noire fort bien taillée. Elle lui allait bien, lui donnait un air cool, mais Pierre n'était pas dupe : depuis le départ en mission, il ne lui avait lancé aucune vanne, aucun clin d'œil complice. Il restait de marbre, concentré et tendu, ce qui laissait très largement à Pierre le loisir d'imaginer le combat à venir.

Tout le groupe était équipé d'un vêtement similaire : une longue pièce de tissus qui s'adaptait à leurs mouvements et recouvrait leurs visages, leur assurant l'anonymat. Alix, en les leur distribuant, leur avait expliqué qu'elles étaient enchantées avec de nombreuses protections magiques, dont un système qui brouillait la perception de toute personne n'en portant pas. Pierre, pour tester, avait retiré la sienne et constaté son surprenant effet : à la place de l'expression grave de ses compagnons, il n'avait plus vu qu'une ombre instable sous leur capuche, qui s'était dissipée dès qu'il avait repassé la sienne. De l'extérieur, ils ressemblaient tous à des silhouettes noires et sans visage : une précaution indispensable pour mettre toutes les chances de leurs côtés dans un affrontement dont l'issue s'annonçait très incertaine.

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