L'importance de l'entourage

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On entend souvent, lors des remises de prix télévisés par exemple, les lauréats remercier tout un tas de gens. Cela parait parfois un peu surfait, voire hypocrite, pourtant sans un soutien de son entourage, il peut être vraiment très difficile de suivre une voix artistique. C'est bien sûr valable pour l'écriture.

Parfois je fais le malin en disant que je n'exerce pas d'autre métier que celui d'écrivain et que mon boulot c'est ma passion. C'est vrai, évidemment. Mais cela n'empêche que, même si c'est ma passion, ce n'est pas tous les jours facile.

Pour commencer et comme je le dis souvent, la plupart des gens ont encore tendance à ne pas considérer qu'écrivain puisse être un métier. C'est plus un passe-temps qu'autre chose. Régulièrement j'ai droit à des réflexions du genre : « oui mais toi, t'as le temps, tu bosses pas, tu restes chez toi toute la journée ! ». Des fois, je souris et change de sujet ; des fois, j'essaie d'expliquer que si ! je travaille. Et puis des fois, pour une raison ou une autre, ça me touche un peu plus que d'habitude et je me dis qu'ils ont raison, que ce n'est qu'un caprice et qu'il faudrait que je trouve un « vrai » travail. Le soutien des amis et de la famille est précieux dans ces moments.

Au-delà de cet aspect, il y a aussi le travail d'auteur. On est souvent seul devant son écran ou sa feuille sans autre cap que celui qu'on s'est soi-même fixé. Lorsque notre livre est terminé, le premier jet du moins, on se demande s'il est bon et vaut la peine d'être amélioré ou si de toute façon ce n'est qu'un torchon. La famille et les amis auront rarement le courage de nous dire ce qu'ils n'aiment pas lorsque c'est le cas. Ils ne sont parfois pas le bon public non plus. Cette fois, c'est de bons bêta lecteurs qu'il faut s'entourer donc. Mais tous les bêta lecteurs ne se valent pas. Combien d'entre eux m'ont félicité pour mon excellent travail sur Chronicles (mon projet en cours), m'expliquant qu'ils l'avaient dévoré et voulaient lire la suite dès que possible. Ce n'est pas vraiment le travail d'un bêta ça. Plutôt celui d'un public test. J'ai eu d'autres retours de beta lecteurs qui, même s'ils ont aimé, m'ont fait des fiches lectures de plusieurs pages parfois. Ils pointaient tout un tas de points plus ou moins importants et capables d'améliorer le texte. Un soutien parfois difficile, souvent pointilleux, mais indispensable.

Que ce soit d'un point de vue technique ou personnel, l'entourage joue un rôle très important pour moi. Les encouragements lorsque le moral est en baisse, les félicitations à la moindre petite réussite, les conseils avisés d'autres professionnels sont autant d'éléments qu'on ne retrouve pas souvent ailleurs.

Lorsque je rentre de salon, il se trouve toujours un de mes enfants qui me demande « combien t'as vendu de livres alors ? » et quelle que soit ma réponse personne ne me reproche de ne pas avoir fait mieux. Dans le pire des cas, j'ai droit à un « bon bah la prochaine fois tu en vendras plus ». Allez dire à votre patron que vous n'avez pas atteint vos objectifs et voyez la différence ;)

Parfois, lorsqu'un livre ne marche pas assez chez un éditeur, il arrête de vous considérer comme membre de son équipe. Vous êtes simplement un auteur qui ne marche pas, pourquoi s'encombrerait-il de vous ? D'autres éditeurs, au contraire, vous feront un retour détaillé pour vous expliquer pourquoi ça n'a pas marché et ce qu'il faudra faire la prochaine fois pour que ça marche mieux. Ce « la prochaine fois » change tout !

Si l'entourage (personnel comme professionnel) n'est pas la clé de la réussite, il est au moins l'élément le plus important du bien-être au travail. Ce truc dont tout le monde parle depuis quelques années ;)

De mon côté, j'estime avoir de la chance d'être plutôt bien entouré. Ma famille me soutient, mes lecteurs aussi et mes partenaires de travail actuels sont compétents et de bons conseils.

Il fallait donc que je le dise : merci à tous !

Je suis auteur indépendantWhere stories live. Discover now