XXVIII - ANOTHER WAY

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CHAPITRE MIS À JOUR_____

Il faisait sombre, mais les quelques chandelles allumées dans la pénombre lui permettaient de lire à son aise. Le docteur avait spécifiquement ordonné qu'on empêche toute lumière extérieure de pénétrer dans la pièce, afin de faciliter la guérison de Patrick.

Marion était sceptique sur la question, mais se gardait bien de le faire savoir. Après tout, elle n'était pas médecin. Aussi se contentait-elle de veiller sur son frère, en dépit du peu d'espoir que leur laissait entendre le vieux praticien.

Morgan entra dans la chambre en toquant sourdement à la porte. Cette dernière n'était jamais fermée, par injonction du duc.

Cela faisait un moment que le jeune homme observait l'adolescente tapie dans le noir. Elle était mignonne, dans un sens, elle aurait pu être à son goût si elle n'avait pas été cette chose brisée dont il ne souhaitait pas s'encombrer. Elle avait pourtant su le surprendre à sa manière. Lorsqu'il avait réalisé qu'elle était à l'origine de l'évasion de Niall MacRae, il n'y avait pas cru. Puis ils les avaient découverts dans la cuisine, juste avant que le Britannique ne s'enfuie par les jardins. Marion lui avait semblé ébranlée. C'est à ce moment précis que Morgan l'avait considérée différemment. C'est pourquoi il avait fait croire à Charles qu'il était responsable de la fuite de l'écossais.

Mais il désirait Charlotte. Plus que tout. Pas seulement par volonté de rafler le prix à Charles Delalande, non, il était tombé sous son charme. Tout cela était récent à vrai dire. Depuis cette fameuse soirée où tout avait basculé, rien n'était plus comme avant. Il passait pratiquement toutes ses journées dans la demeure du duc, veillant au grain durant ses nombreuses absences. Si Marion se retranchait la plupart du temps dans cette pièce malsaine, Charlotte partageait son temps entre la bibliothèque et sa chambre.

Il avait eu tout loisir de discuter avec elle, longuement, d'étudier ses lectures, de débattre, de la voir sourire parfois. Cela relevait pourtant de l'exploit depuis quelques semaines. Elle semblait chaque jour plus éteinte. Et cela datait du jour où Terrence Malaquais lui avait parlé pour la dernière fois.

Ce jour, où elle avait pris la décision la plus sage et douloureuse de sa vie. Morgan Morvan n'était pas dupe. Elle était encore éprise du comte, mais il saurait l'en guérir. À présent qu'elle l'avait repoussé, il aurait toute latitude pour lui démontrer ce qu'il serait susceptible de lui apporter.
Les récents événements lui affirmaient toute la nécessité qu'il avait de la convaincre d'être sienne. Sans parler du fait qu'elle pourrait assurément combler le vide de sa vie. Réparer la terrible injustice dont la nature lui avait fait l'offrande. Charlotte serait son salut.

Marion se recroquevilla sensiblement dans son fauteuil en le voyant s'approcher. La tête haute, elle se garda néanmoins d'afficher la moindre peur. Morgan l'admirait qu'une certaine manière. Elle était impulsive, mais elle assumait ses gestes comme ses paroles. Quand il l'avait trouvée dans la cuisine, elle avait conservé la tête haute, prête à recevoir son châtiment. Il l'avait d'abord saisi par les épaules en la traitant d'inconsciente et elle l'avait défié de tout révéler à son père.

Cette attitude avait éveillé tous ses sens, mais il s'était très vite repris. La décision de maquiller l'évasion de l'écossais s'était donc faite nûment dans son esprit.

― Que faites-vous ici ?

Il ne venait jamais la visiter, ou très rarement, passait l'essentiel de son temps à bavasser avec sa sœur ou à donner des ordres à leurs gens. Marianne étant absente depuis plusieurs semaines, l'intendance avait naturellement été allouée à Mr Morvan.

Ce dernier se pencha au-dessus de son frère étendu dans le lit.

― Comment se porte-t-il ?

La lignée des reines  - (Terminée)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !