21

12 2 0

Je regarde le matelas s'enfoncer sous ses poings. Elle lève son fessier, et part, enfin.
Une fois que ma mère me fait entendre que ses pas sont dans le salon, je ferme la porte et tombe en arrière, de tout mon poids. Mon lit, celui qui a toujours été là pour moi, celui qui a récolté ma bave, mes larmes, mes peurs, ma semence, ma positivité, mes réflexions, celui-là me recueille, affectueusement.
J'observe les peluches de mon enfance -intercalées entre des fleurs séchées- qui décorent mes murs ainsi que mon plafond. J'écoute ma respiration et me détends quelques minutes avant de repenser à M. Fleurant. Cet homme est vraiment mauvais, je ne comprends pas son action, vraiment pas.
Comment a t-il pu ? Peut-être est-ce sa femme qui a trouvé ma lettre et qui a demandé à son mari de me la renvoyer chez moi. Peut-être est-ce lui. Pourquoi ? Espérait-il une réflexion de ma part, espérait-il me faire une leçon de morale à distance ? Ou est-il foncièrement idiot et méchant ?

L'après-midi, le lendemain, le surlendemain etc... défilent plus ou moins activement, je ne me suis pas excusé auprès de mon professeur, nous n'avons plus reparlé de cette feuille bleue et j'ai cessé de le regarder comme je le faisais auparavant. Cet homme me dégoûte et je le méprise. Je ne veux pas être entouré de mauvaises personnes. Nos seuls regards échangés -par erreur- étaient des regards de haine, d'incompréhension et de déception.

Concernant le trio infernal, il y a eu des hauts, des bas, mais surtout de grosses parties de rigolade.

La rigolade s'achève un peu trop tôt : en fin de terminale, après l'examen, Pauline annonce son déménagement : elle part vivre dans une autre ville, pour du travail.

Je suis, comme Boris, choqué et extrêmement attristé. Mais il ne faut pas être égoïste, on ne montre pas notre peine et affiche un sourire et un certain enthousiasme. Elle sent tout de même que l'on est chagriné.

On s'est tou.te.s les trois promis de toujours garder contact, où que nous soyons dans le monde. Pauline et moi avons tenu cette promesse. Nous nous sommes vus, environ tous les trois mois.

Héliosexuel [TERMINÉE]Lisez cette histoire GRATUITEMENT !