23. Adam♠

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J'observe la masse de jeunes qui dansent sans réussir à y décerner son visage. Ezra n'est nulle part, je ne vois pas son corps éclairé par la lumière colorée ambiançant la salle. Introuvable. Je retrouve Lohan près du buffet, occupé avec une belle brune dont les boucles descendent le long de son dos nu laissant apparaitre qu'elle ne porte aucun sous vêtement pour soutenir sa poitrine. Je soupire et lève les yeux au ciel en surprenant le regard dragueur que mon ami offre à l'inconnue. M'approchant de lui, je l'attrape par l'épaule pour qu'il remarque ma présence et redescende par la même occasion sur Terre :

- Adam ! Où t'étais, je te cherchais partout ?!  Je ne peux m'empêcher d'éclater de rire. En effet, il avait l'air très préoccupé de ne pas me trouver. La fille me décoche un regard de dédain m'invitant gentiment à repartir et les laisser tranquille tous les deux. Désolé cocotte mais à la base et aux dernières nouvelles le mec que tu dragues est encore mon pote :

- T'aurais pas vu Ezra ?
- Si, tout à l'heure. Elle est montée avec un gars.

           
D'un signe de tête il désigne les escaliers. Il m'aurait assené un coup de poing en plein ventre, ma respiration se serait bloquée en une même réaction :

- Pardon ? Avec qui ?

           
Mon ton a été trop violent. Je serre le poing pour me calmer. Je ne peux m'empêcher de ressentir une pointe d'amertume, elle ne traîne jamais avec personne et elle serait en train de passer la soirée avec quelqu'un ? Qui, qui plus est n'est pas moi. Je croyais pourtant qu'elle me portait un plus grand intérêt. J'ai dû me tromper. Mon dégoût doit se lire sur mon visage et mon ami tente de me raisonner :

- Ecoute mec, elle avait l'air bien avec lui. Ça devrait te contenter non, de savoir qu'elle allait bien.

         
  Je le regarde en lui lançant un regard à la « tu te fous de ma gueule », tellement noir qu'il cherche à se justifier, intimidé :

- Elle souriait. Et elle rigolait. Ce qui ne lui arrive pas souvent alors, s'il te plait, laisse la goûter au bonheur pendant ne serait-ce que quelques heures.

Je baisse la tête et regarde le sol, mâchoire crispée. Dans un geste agacé je me frotte la nuque :

- Je sais ce que ça te fait mec mais...
- T'inquiète, laisse tomber.

           
Je voudrais ajouter « ce n'est pas ma faute si tu ne peux pas me comprendre » mais il n'aurait pas apprécié. Je décide donc de le laisser avec cette fille qui commence à s'impatienter et ne ressent aucun intérêt pour notre conversation. Je lui tourne le dos et me dirige instinctivement vers les escaliers. Je crois l'entendre m'appeler mais je l'ignore.

Je commence à gravir les marches et je sais que Lohan m'observe, désapprouvant mon geste. Pour le moment, seule la jalousie est maitresse de mes gestes. Le couloir de l'étage est vide. Je m'appuie contre un mur et y plaque ma tête. Ils se sont isolés, le message est clair. Imaginer un autre touchant le corps d'Ezra me révulse. J'ai envie de vomir mon dégoût, ma frustration, mon dépit. Prêt à repartir, à me casser de cette foutue soirée, je crois percevoir des sanglots étouffés derrière une porte. Un gémissement me parvient. Collant mon oreille à la cloison et tentant d'écouter malgré la musique mes doutes se trouvent confirmés. Quelqu'un pleure derrière le mur.

J'ouvre la porte, d'abord doucement puis à la volée lorsque j'aperçois deux corps nus sur le lit. Le type a les
tresses d'Ezra fermement tenus dans son poing et tient l'autre au niveau de son sexe. Sauf que le plaisir n'est pas au rendez-vous sur le visage de l'intéressée.  Des larmes inondent son visage, ses yeux sont rouges, son visage crispé. Elle me regarde et je crois la voir tenter d'articuler des paroles dans un sanglot. Le jeune se retourne vivement vers moi et laisse son corps retomber sur le matelas, désarticulé. Elle semble inerte, sans force. Que lui a-t-on fait ?

           
Mes lèvres se retroussent et ma bouche se déforme, prête à déverser un flot d'injure sur le salopard me faisant face :

- Espèce de chien !!

           
Je me rue sur lui et l'arrache du lit, le projetant au sol. Je ne lui laisse aucunement le temps de se lever et mon pied se fracasse contre son visage. Dans un hurlement de douleur il se tourne sur le flanc.

Je vise alors son ventre. Sous le choc il expulse tout l'air de ses poumons en gémissant. Je me jette alors sur lui, le plaque au sol d'une pression sur son épaule et mon poing s'abat en plein milieu de sa tête.

Un craquement se fait entendre et son nez se met instantanément à saigner. Des larmes de douleurs animent son regard de possédé. Je le relève violemment et le plaque dos à la fenêtre, voilée par des rideaux. Je maintiens son cou sous ma main, exerçant une pression. Puis mon genou part se ficher dans ses parties génitales. Je le lâche et il tombe au sol, à quatre pattes, se lamentant. Je reste debout, épaules crispés, respirant rageusement. Sans demander son reste il se jette sur son pantalon, l'enfile et s'empresse de déguerpir, attrapant son t-shirt au passage qu'il plaque contre son visage.

           
La porte claque.

Ezra est recroquevillée sur le lit, le drap plaqué contre sa nudité, serrée entre ses poings tremblants. Son corps est parcouru de spasmes. Ses yeux, grands ouverts, humides, brillants, fixent le vide. Des larmes coulent toujours sur son visage. Je reste figé face à elle. Choqué à l'idée de ce qu'elle vient de subir.

           
Les mains de ce connard sur son corps.
           
Ce connard dans son corps.

           
J'ai encore plus envie de vomir.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant