18.Ezra♠/Adam♠

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Les jours ça passe vite. C'est aujourd'hui.

Je me lève, un poids sur le cœur. Mes yeux brillent et des cernes bien voyants s'étalent sur mon visage, témoignant de la nuit que je viens de passer à me tourner et me retourner dans mon lit sans pouvoir trouver le sommeil. Je ne prends pas la peine de déjeuner, n'étant aucunement attirée par la nourriture et décide d'aller au lycée à pied. J'ai besoin de prendre l'air et ne me sens pas de force à me confronter à la foule des transports en commun ainsi qu'au brouhaha insoutenable. Cette décision me fait, bien entendu, arriver en retard en cours. Sans lever les yeux vers l'enseignant, je murmure un bref « excusez-moi » et file m'asseoir à ma place sans avoir à essuyer aucune remarque. Il semblerait qu'ils soient tous aussi las que moi.

La matinée passe vite, sans que je ne remarque le temps passer, trop plongée dans mes pensées.












//Adam

Ezra n'a vraiment pas l'air bien aujourd'hui. Encore moins que d'habitude. Ses yeux sont pochés, rougr et constamment humides, depuis une semaine elle est systématiquement perdue dans ses pensées ; en cours, elle ne fait pas attention à la moindre de ses actions. J'ai la désagréable impression d'assister à la dégradation de son état.

  Comme aux cours derniers,Mr Fost nous laisse travailler ensemble. Sauf qu'aujourd'hui, elle s'assoit au sol ,adossée au mur et genoux repliés contre sa poitrine, pour ne plus en bouger. Son regard fixe le néant et ses yeux se mettent pour la énième fois de la journée à briller. Ne sachant pas quoi faire je ne peux que l'observer, silencieusement, comme à mon habitude. Alors je m'assois également sur une table et me mets à attendre, la fin du cours ou de son état second, c'est selon. Les minutes s'écoulent et je ne peux décrocher mon regard de son visage, détaillant chacun de ses traits. Des lèvres légèrement pulpeuses rose ressortant de sa peau ébène lisse, des yeux noir mis en valeur par ses longue tresses noir.

Est-elle seulement consciente de sa beauté ? Certes, peut-être que je l'idéalise, qu'un autre ne la considérerait pas du même œil, mais elle a quelque chose, c'est indéniable. Elle est différente de toutes ces filles ressentant le besoin de se maquiller pour se faire remarquer. De toute façon, elle ne cherche en rien à se faire remarquer. Et c'est peut être ça qui la fait ressortir, son don à s'effacer d'elle-même.

Soudain elle tressaute et me fait sortir de mes réflexions. Une larme commence à couler le long de sa joue, elle se mord la lèvre et ferme les yeux, comme pour tenter de se reprendre. Ses sourcils se froncent et les traits de son visage se crispent, traduisant ainsi sa souffrance. Quand elle rouvre les paupières, un flot incontrôlé de larmes se répand sur son visage. Je me lève aussitôt pour aller m'asseoir près d'elle, alarmé par sa détresse :

- ça ne va pas ?

Aurait-on pu poser une question encore plus sotte ? Je ne pense pas. Je m'attends à ce qu'elle me rembarre suite à ce questionnement à la réponse si évidente mais elle n'en fait rien. Fermant à nouveau les yeux, elle appuie cette fois sa tête contre le mur, la secouant comme pour en chasser toutes les mauvaises pensées. Je ne peux alors m'empêcher de poser ma main sur la sienne. Elle tressaute mais, alors que je pensais qu'elle allait s'empresser de l'enlever, elle ne bouge pas et se laisse faire. Elle rouvre ses yeux pour les planter dans les miens. L'appel au secours que je peux y lire me frappe, m'assène un coup de poing violent, capable de me faire perdre mes moyens. Je suis là, impuissant face à elle, et cette pensée est la plus agaçante que je puisse avoir :

- Si tu as besoin de parler, je suis là.

J'essaye d'adopter un ton de voix rassurant, de lui montrer que si elle a besoin de se libérer d'un poids, je suis à son écoute. Mes mots semblent planer un instant dans la pièce, j'ai même l'impression qu'elle réfléchit un instant, à savoir si oui ou non elle va me parler. J'ai l'impression de voir l'indécision dans son regard, l'envie de parler mais une force l'en empêchant. Tout à coup, elle semble regagner en lucidité et enlève sa main de sous la mienne. Ensuite, elle s'essuie les yeux avec le bout de la manche de son sweat. Je la regarde se lever, avant de sortir.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant