Chapitre 1 - Quand la vie bascule

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Alex se réveilla sur un sol dur et glacé. Il gémit, tourna sur lui-même, puis se releva lentement, avec l'impression que son crâne pesait plusieurs tonnes. Sa vision était entièrement floue, et l'environnement semblait tourner autour de lui-même. Il ne parvenait pas à se déplacer correctement, ni même à distinguer quoi que ce soit. Au bout de quelques instants, pourtant, il parvint finalement à distinguer une grande structure et s'en approcha lentement, apeuré. Alors qu'il titubait en tentant maladroitement d'avancer, son pied heurta le bord de ladite structure. Il parvint à se rattraper de justesse, évitant la chute. Il s'agenouilla. Il y avait de l'eau ! Il s'en aspergea le visage et parvint à reprendre ses esprits. Il se releva, tourna la tête pour observer l'endroit dans lequel il se trouvait. C'était une immense salle, dont la structure, une superbe fontaine, quoique quelque peu dégradée, était le point central. Des échafaudages traînaient dans deux des coins de la salle, et la végétation sortait du sol, grimpant et courant sur les murs. L'endroit semblait bel et bien abandonné. Des ouvertures dans trois des murs donnaient, l'une sur une autre vaste pièce, et les deux autres sur des couloirs, vides, froids, et effrayants. Il n'eut d'abord aucune réaction face à l'endroit étrange dans lequel il se trouvait ; puis, au fur et à mesure qu'il prenait conscience de sa situation, toutes sortes de questions commencèrent à se bousculer dans sa tête, et la panique s'installa, lentement mais sûrement. Comment avait-t-il atterri ici ? Et où était « ici », d'ailleurs ? Était-il seul ?

Il s'approcha alors de l'une des ouvertures et constata la présence d'une plaque, cachée sous la végétation, qui, là encore, avait pris le contrôle des murs, et il dût arracher les lianes qui recouvraient la plaque. Celle-ci était rouillée, et déchiffrer les inscriptions qui figuraient dessus ne fut pas une tâche aisée. Pourtant, après plusieurs essais, il finit par comprendre ce qui était écrit : « Asile Kruger ». « Un asile ? », se dit-il. « Pourquoi ?... »

« Garde ton calme, Alex », pensa-t-il. Mais cette pensée ne l'empêcha pas d'entrer en trombe dans le couloir et de se mettre à courir dans tous les sens. Il devait partir de cet endroit, mais comment ? Partout où il passait, il y avait des portes de tous les côtés ! Il en ouvrit plusieurs à la volée et se retrouva chaque fois dans des pièces plus étranges les unes que les autres. Certaines étaient minuscules et contenaient des écrans de télévision, d'autres étaient plus grandes, mais plutôt vides, et dans une autre encore se trouvait une gigantesque piscine, qui était cependant asséchée. Dans celle dans laquelle venait d'entrer le jeune homme se trouvaient des lits d'hôpitaux, accompagnés de tables de chevets remplies de boîtes de médicaments périmées. Désespéré, ne trouvant aucune sortie, il finit par s'asseoir sur l'un des lits. Il prit sa tête dans ses mains, dévasté par ce qui lui arrivait, ne sachant pas ce qu'il faisait dans cet asile, ni ce qui l'y avait amené. Il tenta de reprendre ses esprits, et, en relevant la tête, remarqua quelque chose qui le laissa sans voix, renforçant encore le sentiment de panique qui l'accablait. Dans un coin de la pièce se trouvait une perfusion. Cela aurait pu paraître normal, dans un asile... si des poches de sang n'avaient pas été accrochées dessus.

Une voix résonnante le fit alors sortir de sa torpeur. Un homme avait commencé à parler sans le moindre avertissement et sa voix était retransmise à travers des haut-parleurs disposés en hauteur. Sa voix était modifiée, rendant ses paroles moins facilement compréhensibles, et surtout, encore plus troublantes qu'elles ne l'étaient déjà.

« Bien le bonjour, mes amis. Je suis le maître du jeu. Il est plutôt amusant de voir que vous avez tous couru à travers ce rez-de-chaussée sans jamais vous croiser... Si vous avez l'honneur d'être réunis ici aujourd'hui, c'est pour participer à la... petite expérience que le gouvernement m'a confiée. Quelque chose d'incroyable, paraît-il. Enfin, nous verrons ce que cela donne. Je vais être bref : vous êtes six, et deux d'entre vous ont une petite « particularité » dont ils devraient déjà ressentir les effets. Pour les autres, vous aurez tout le temps de comprendre de quoi il s'agit, du moins je vous le souhaite ; tout ce que je peux vous dire, c'est que tout cela est lié aux poches de sang que vous avez déjà dû apercevoir. Vous trouverez de l'équipement dans chaque salle... je vous conseille de le récupérer. Qui sait ce que vous rencontrerez cette nuit, hmm ? Quoi qu'il en soit... que le jeu commence ! »

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