des étoiles sur les joues

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Elle avait des étoiles sur les joues et des graines de pissenlits soufflées sur les bras. De véritables étoiles encrées sur ses joues et de véritables graines encrées sur ses bras. C'était des tatouages peu commun. Le tatoueur avait largement écarquillé les yeux à cette demande mais l'avait faite sans rien ajouter. Le client était roi. Voilà pourquoi, ses tâches de rousseur ont disparu, parsemées d'encre colorée.

Il l'admirait de loin, se déhancher sur la piste de danse. Elle scintillait. La fleur soufflée était dessinée sur sa main. Le vent emportait les graines sur son bras. Les étoiles sur ses joues danser avec les rayons des lumières diverses. Ses cheveux ondulés tombaient en cascade sur ses épaules et bougeaient au rythme de ses pas dans ses escarpins argentés. Elle rayonnait sur cette piste de danse. Elle devait être un morceau de planète échouait sur cette terre. Sa place n'était certainement pas dans cette salle bondée où une odeur de transpiration mêlée à des parfums plus ou moins chers régnaient.

Il porta à ses lèvres le verre de d'alcool qu'un de ses amis lui a passé. Il avala une gorgée sans aucun plaisir. La musique était une des dernières à la mode. Il lui semblait être un intrus parmi tous ces gens. Un peu plus âgé de la moyenne d'âge des personnes présentes dans la boîte de nuit. Il pourrait presque en être le patron.

Il ne pouvait détaché son regard d'elle. Il ne la connaissait que vaguement ; la cousine d'un ami d'ami. Mais il était actuellement ici pour elle. Ses yeux passaient en revue chaque partie de son corps. De ses chevilles, ils remontaient le long de ses jambes nues, ils se perdaient dans le mouvement du tissus de sa robe, laissant ensuite à son cerveau le loisir d'imaginer tout ce qu'elle pouvait cacher en dessous. Il n'était d'ailleurs pas le seul à l'observer. Les regards de jeunes hommes et jeunes femmes l'admiraient. Elle dansait avec tellement de grâce, avec tellement de souplesse. Simplement portée par les notes.

Il posa son verre sur la table devant lui au moment où elle planta son regard dans le sien. Enfin, elle l'a vu. Il se leva et se dirigea droit sur elle. Elle lui offrit un sourire. Sa main tatouée du pissenlit vint prendre la sienne et elle l'entraîna dans la musique. Il se perdit dans son regard tandis qu'elle continua de s'agiter. Leurs mouvements étaient en une synchronisation quasi parfaite. Douce folie qu'était cette soirée. Depuis combien de temps ne s'étaient-ils pas vus ? Cela devait bien faire deux mois. Pourtant elle n'avait cessé d'envahir ses pensées. Elle et ses tatouages si particuliers. Elle et sa peau aussi claire que la lune. Elle et ses cheveux aussi noir que la nuit. Elle et ses lèvres plus rouge que le plus ancien des vins. Elle et son parfum de fleurs. Elle et son rire cristallin. Non, il ne la connaissait pas si bien. Il avait oublié son prénom, lui avait-il seulement demandé ? De toute façon une nuit ce n'est pas assez pour apprendre à connaître quelqu'un.

D'une pirouette maîtrisée, son dos se retrouva contre son torse. Il put sentir l'odeur de fruits de son shampoing. Contre la peau translucide de son cou, elle sentit son nez. Puis ce fut la chaleur de ses lèvres qu'elle avait aimé le temps d'une nuit qu'elle sentit picorer sa peau. Elle soupira, se colla, se déhancha. Cela en était presque provoquant. Dans cette robe qui n'en dévoilait pas assez et qui laissait en même temps tout imaginer.

Son bras tatoué vint attraper son cou. Elle l'attira plus à lui. Danse sensuelle qui les emportait. Ses mains à lui vinrent entourées sa taille. Il l'a colla plus proche de lui. Combien de temps restèrent-ils à danser, se coller, se déhancher ? Personne ne le savait vraiment. Même pas eux. Ils ne comprenaient pas non plus pourquoi ils s'attiraient autant. Ils étaient si opposés. La vie de bohème qu'elle menait était si éloignée de la vie déjà tracée qu'il connaissait depuis ses dix-huit ans. Alors qu'elle ne savait jamais de quoi serait fait le lendemain, il connaissait ses plans pour les trois prochaines semaines à venir. Enfin, ce n'était pourtant noté nulle part dans ses papiers qu'il devait se rendre dans cette boîte de nuit, encore moins qu'il serait en train d'embrasser ses lèvres rouges ce soir et de presser son corps entre le mur et le sien.

Une nouvelle nuit à deux. Ses cheveux noir jais éparpillés sur l'oreiller. Sur sa poitrine nuit, il avait niché sa tête. Elle caressa doucement ses cheveux. Elle y avait pensé une bonne partie de la nuit. Elle y avait réfléchi longuement. Oui, ils ne devraient pas s'aimer. Oui, ils étaient vraiment différents. Mais chacun de leur moment lui avait paru inoubliables, chacun de leur moment lui semblait indéfinissable. Elle ne ressentait que cela avec lui, son cœur ne s'agitait ainsi qu'en sa présence.

Alors, oui, elle y avait pensé toute la nuit. Leurs vies n'étaient que peu compatibles mais elle ne pouvait pas se tromper, pas sur ça. Voilà pourquoi, quand il ouvrira les yeux, elle lui demandera de partir avec elle, n'importe où. Ce qu'elle ne savait pas c'est que lui aussi souhaitait resté entre ses bras pour encore quelques temps, pour encore quelques années. Ce qu'elle ne savait pas c'est qu'il accepterait avec un sourire. Ce qu'elle ne savait pas c'est qu'ils laisseraient tout ici, partant loin, ensemble. Ce qu'elle ne savait pas, c'est combien ils seront heureux l'un et l'autre dans cette nouvelle vie à deux.


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