CHAPITRE 3 - TARTELETTES AU CITRON

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6h00 tapante. Mon radio réveil s'allume, les infos débutent. La journée allait être chaude. Je m'extirpe du lit avec un mal de crâne notoire et une forme physique digne d'un mollusque. Ça promet. Je dois être au travail dans 1h30. Je file dans la salle de bain me rafraîchir et me faire une beauté.

Mes cheveux bruns aux mèches dorés étaient faciles à coiffer. Une aubaine étant donné que la semaine je me devais de les attacher constamment. Je m'attarde sur un chignon bas classique. Quelques couches de mascara viennent ourler mes cils et rendre mon regard plus réveillé. J'enfile l'un de mes nombreux pantalons noirs, puis l'une de mes chemises blanches ou pastel. Mes vêtements pour le travail n'avaient rien de palpitant. 

J'avais une faim de loup mais je préférais restreindre mon petit déjeuner à un simple café noir, sachant que j'allais certainement grignoter dans la matinée. Je glisse dans mon sac une petite briquette de jus d'orange, mon trousseau de clés et quitte mon appartement rapidement.

Les travaux sur les voies rapides m'obligent à prendre depuis quelques semaines un autre trajet beaucoup plus long... les bouchons étant ma hantise. J'arrive finalement devant la devanture noire et blanche de l'atelier culinaire Didier Barbet. La voiture de mon collègue Pascal était déjà garée. J'entre dans l'espace accueil. La secrétaire ne serait pas là avant une bonne heure. Le logo Barbet en grosses lettres calligraphiées ornait le mur du fond, tandis que des photographies encadrées de nos plus belles réceptions décoraient les autres murs. Je me dirige directement dans le vestiaire. Je complète ma tenue quotidienne par une veste à boutons, un tablier noir et un calot en papier.

— C'est toi Alice ? Pascal m'appelait.

— Oui j'arrive ! lui répondis-je en me dirigeant vers la cuisine où il se trouvait.

— Bien dormi ? Et ta soirée ? dit-il en me tendant sa joue pour que je lui fasse la bise.

— Eh bien écoute c'était vraiment chouette. J'ai revu mes anciens camarades, échangé quelques numéros pour qu'on puisse se revoir par la suite. Ça me ferait vraiment plaisir de renouer des liens avec certains anciens amis du lycée. Mais je ne sais pas si maintenant adulte, on serait toujours en phase. Nos vies ont tellement changées, pris des tournures différentes.

— Tu sais, me répond-il, au lycée vos caractères étaient déjà affirmés. Certes, vous avez choisi des voies différentes, vous avez muri, mais vos personnalités ont certainement dû rester intérieurement les mêmes. Tu ne perds rien à tenter de renouer de toute façon.

— Tu as raison. Bon qu'avons-nous ce matin ? Bruno et Vincent arrivent plus tard ?

— Ils sont de repos. Etant de vacation hier soir pour le vernissage de la galerie d'Art. Nous, nous avons une commande pour demain midi, pour un cocktail déjeunatoire pour un départ en retraite du directeur d'une grosse société.

— Très bien, combien de convives sont attendus ?

— Didier a un bon de commande de 200 convives, autant te dire qu'on ne va pas s'ennuyer.

— Quelle formule ont-ils choisi ? Nous en disposions de plusieurs, créées par notre patron bien sûr et par le Chef. Du simple buffet campagnard au diner le plus chic, il y en avait pour tous les prix.

— La « Barbet Prestige » et celle du « sommelier à la carte ». Je nous ai affiché les formules au mur. Pour ce matin nous avons tout ce qu'il faut pour commencer, Didier et Claire doivent revenir tôt de Rungis pour le reste.

Un soupçon d'audaceLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant