Prologue

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   DRIIIING!!!

Foutu réveil !
Je le tapais violemment, et comme il ne voulais pas s'arrêter, il finit par terre et se débrancha coupant ainsi cette sonnerie qui me cassait, chaque matin, les oreilles.

-Ah... Soufflais je d'énervement. Encore une journée de plus, assise sur une chaise à m'emmerder, à supporter.

Ah oui, j'oubliais quelque chose. Mais quelle malpolie dites moi ! Je m'appelle Esméria et j'ai 18 ans aujourd'hui. Mes parents avaient voulus s'amuser en me donnant un prénom qui mélange, espoir, merveilleux, rire, et amour.

Pourquoi ? Je n'en savais rien, il n'avaient malheureusement pas eu le temps de me le dire. Ils sont morts. Et ce, quand j'étais toute petite.

Depuis ce jour que je ne me rappelais  pas, je vivais dans cet orphelinat, avoisinant une forêt où l'on avait interdiction formelle de mettre les pieds. Pourtant, ce n'était  sûrement pas l'envie qui m'en manquait.

Cette masse sombre et naturelle m'attirait irrépressiblement chaque fois que je la regardais. Mon regard se perdais dans cette étendue de vert qui refermait de nombreux mystères qu'un jour j'aimerais finir par découvrir.

Elle m'était comme familière, apaisante. Comme une sœur que je n'avais pas et qui était là quand il le fallait. En effet, chaque fois que j'avais besoin de m'isoler, je me mettais dans ma bulle en fermant les yeux et pensais à cette forêt, et comme par magie, je me calmais presque instantanément.

Parfois la nuit, quand l'envie était trop intense, trop impossible à résister, je sortais par la fenêtre de ma chambre, celle que je partageais avec seulement une autre fille de mon âge, grimpais sur la branche d'un arbre qui était juste placé là, comme s'il tenait à m'aider d'aller rejoindre cet environnement qui m'était si particulier.

Je descendais donc ces soir là, ce chêne majestueux dont je connaissait  comme ma poche les moindres petit défauts qui me permettaient de m'aggriper et de descendre en toute sécurité. Pour finir, après un coup d'œil alentour pour être sûre que personne ne me suivait, je trottinais vers cette chère et tendre amie qu'est la forêt, savourant l'herbe fraîche sous mes pieds, se faufilant doucement entre mes orteils, me chatouillant agréablement. C'était mon moment à moi, mon moment de liberté.

Comme je n'avais pas le droit de pénétrer cette magnifique masse d'arbres, je m'adossais à l'un d'eux, après avoir posé mes deux mains sur lui et avoir fermé les yeux pour entrer dans une sorte de communion avec lui. Je lui confiais mes peines, mes colères et beaucoup d'autre choses et il me consolait en retour, me rassurait quand le besoin s'en faisait ressentir. Il apaisait mon esprit, comme s'il absorbait mes émotions négatives.

Après m'être assise, je fermait souvent les yeux, chantonnais un air d'une chanson qui m'est connue mais en même tant étrangère et qui se faisait emportée par une douce brise de vent, balayant ainsi toutes mes pensées. Il ne restait que moi et la nature. Seules les étoiles étaient témoins de nos relations plus qu'étranges.

Je relevais paresseusement la tête de mon coussin, déprimée de ne pas pouvoir être dos à cet arbre qui avait l'habitude de me soutenir.

- Ben alors ! Ne fais pas cette tête là, c'est ton anniversaire !

Pause : cette fille, c'est Sarah, ma collègue de chambre. Elle est toujours en train de plaisanter, ce qui peux être agréable mais en même temps très agaçant parfois. Et dire que je la supporte depuis presque huit ans, et que selon le proverbe, l'âge n'améliore rien, on peux dire que je suis dans la mouise...
Pas de moqueries c'est ce qu'on dit quand on ne peut dire de gros mots donc le mot exact !
Vous vous demandez sûrement pourquoi, parce que personne ne pourrait m'entendre ici à part elle ? Et bien c'est simple. On pourrait croire que nous sommes vidéo surveillés car dès qu'on prononce ou murmure un de ses mots, et bien la porte de la pièce où l'on se trouve à ce moment là, s'ouvre à la volée sur une directrice très énervée. Et il vaut mieux ne pas la mettre dans cet état croyez moi ! Ceux qui osent dirent ces mots sont déjà six pieds sous terre à regretter leurs paroles...
Bruhhh... Elle me fait froid dans le dos cette dame.
Mais en même temps elle peut être tellement gentille et attentionnée envers nous. Je l'adore comme tout le monde. C'est pour cela qu'ici tout le monde est poli. Mais ça ne veut pas dire qu'en dehors de l'orphelinat c'est pareil...

Je jetais donc mon coussin à la tête de Sarah avec un regard noir pour lui faire ravaler son sourire, mais elle se barrait en courant et en riant de plus belle. Décidément, elle me désespérait cette fille...

Mais je l'aimais quand même beaucoup. C'est la seule avec qui j'avais pu tisser de vrais liens. Oui, car il fallait savoir que je n'étais pas sociable pour un rond, j'accordais ma confiance et mon amitié que très rarement et avec énormément de temps. Mais Sarah avait été la plus rapide, et la seule d'ailleurs, à les obtenir.

Elle avait toujours été là pour moi et son sourire sincère me donnait du baume au cœur.

Effectivement, malgré que ses parents avaient été assassinés devant ses yeux, elle s'était vite relevée en répétant à chacun lui demandant comment elle faisait " C'est ainsi, et je n'y peux rien. Je suis certes triste par instant mais je sais que mes parents ne voudraient pas que je m'appitoie sur leur sort. Il voudraient que je relève fièrement la tête, et communique ma joie de vivre à tous ceux qui en ont besoin. Et c'est ce que je fait du mieux que je le peux".

Et elle leur faisait honneur. Elle me communiquait à longueur de journée sa joie de vivre, et malgré que je ne souriais pas plus, elle persistait et ne baissait en aucun cas les bras. Elle arrivait parfois à me tirer un sourire timide qui ne faisait qu'aggrandir le sien encore plus.

Je sortis difficilement de mes pensées, bien décidée à ne pas laisser passer le moment où elle avait osé me sortir de mes pensées à propos de MA forêt.

Je sautais de mon lit et couru dans les couloirs en sachant pertinamment où la trouver. Je me dirigeais donc vers le réfectoire dans lequel je déboula sans plus de politesse et regarda Sarah d'un air machiavélique.

-Ahh ! Cria t elle faussement en me voyant avant de pouffer de rire.

En effet, si je serais à sa place je ferai sûrement pareil. D'un côté j'avais une tête d'épouvantail à faire fuir un dragon et d'un autre ça ne faisait pas sérieux quand on voyait mon filet de bave du matin au coin de ma bouche et de cernes magnifiques en dessous d'yeux sûrement encore mis clos et perdus. Ma tête du matin quoi...

Soudain, le corps de mon amie se redressa subitement et elle arrêta brutalement de rire en regardant derrière moi. Je me retournais donc.

- Magninifique visage mademoiselle.

-Désolé madame Perkins, baffouillais je en baissant le regard devant la directrice.

- Ce n'est pas grave, je suppose que c'est encore de la faute de votre camarade.

- Je n'irai pas jusque là madame, mais oui, en partie.

-Bref, je ne suis pas là pour vous parler ragots mais plutôt infos.

-De quoi s'agit il ? Demandais je en haussant un sourcil.

-J'ai encore reçu une lettre de demande d'adoption hier pour vous. Mais je pense que comme d'habitude, et encore plus particulièrement ce jour, votre réponse sera toujours la même ?

- En effet madame. Aujourd'hui je compte commencer une nouvelle vie. Trouver mon chez moi, un travail et oublier tout ceci. Je ne veux plus entendre parler d'adoption et encore moins que je suis une orpheline.

-Je comprend, il faudra cependant que vous acheviez votre année scolaire, je ne peux vous déscolarisé.

-Bien sûr. Je resterais encore là dans ce cas.

-Puisque nous sommes en juin cela ne pose pas de problèmes. Il vous reste un mois à tout casser.

-Oui.

-Voilà. C'était tout. Jeunes gens préparez vous, vos cours vont bientôt commencer et je ne veux surtout pas que vous arriviez en retard dans vos établissement respectifs.

Tous se levèrent et allèrent se préparer, moi et Sarah les suivirent.

Plus qu'un mois, et je pourrais enfreindre cette règle...
Encore un mois et je pourrais réellement apprendre à connaître cette forêt et découvrir tous ses secrets...
Ce soir, j'irai de nouveau à l'orée du bois me détendre...
Me retrouver.
Car je ne suis complète que là-bas.

L'élue, l'hybride des Trois Grandes Races. Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant