14 - Les parentés

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Je sais ce que vous allez dire : je suis en retard. C'est vrai. J'ai une excuse : j'ai regardé ce midi l'épisode de la série animée Steven Universe qui est sorti récemment, "Change your mind", et j'ai passé plusieurs heures en position latérale de sécurité. Passons à notre chapitre de Mirage hebdomadaire.

Les portes de l'élévateur s'ouvrirent sur le couloir devant la maison Luz et la face ogresque du première classe Abrinque

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Les portes de l'élévateur s'ouvrirent sur le couloir devant la maison Luz et la face ogresque du première classe Abrinque.

Bas de l'échelle, bas du front, nul n'avait de raison sociale ou intellectuelle de prêter attention à Abrinque, pourtant tout le monde se souvenait d'Abrinque.

Il accusait ses deux mètres zéro cinq de long et frôlait le mètre quarante de large. Ça aidait.

Son poste à la porte de l'endroit où le fugitif avait le plus intérêt à se rendre se justifiait tout à fait, puisque devant cette armoire qui l'avait déjà secoué comme le noble prunier qu'il était, Nathanaël de Luz ne pensait pas à disparaître mais seulement à regretter d'exister.

Les deux petites vieilles qui l'accompagnaient, sa grand-mère Pauline et sa grand-tante Armeline, eurent la bonne idée de réagir à sa place. La pâtissière le drapa dans l'Illusion qu'il n'était pas vraiment là ; la cuisinière ajouta par-dessus l'Illusion du fond de l'élévateur histoire que personne ne remarque de trou suspect dans sa vision.

Et monsieur de Luz, qui scorait onze virgule soixante-quinze points sur douze au test de niveau des Illusionnistes, se souvint soudain qu'il était à sa portée de s'en charger lui-même.

Il attrapa le drap d'invisibilité avec sa propre maîtrise des Illusions et sortit par le côté en esquivant Abrinque.

Un garde seul ne gardait rien. Il existait un protocole clair prescrivant que garder quoi que ce fût se réalisait au minimum à deux personnes.

La seconde et la troisième ne remarquèrent pas la supercherie ; la quatrième tourna instantanément son regard vers l'endroit où Nathanaël n'apparaissait pas.

Armeline de Coq lui reprit l'Illusion et la passa aussitôt à Pauline, qui la lui refila derechef. Désorienté, le garde sensible se focalisa sur les deux vieilles demoiselles. Nat devina qu'il s'agissait d'un des sieurs de la Maison Sarh, faisant son apprentissage de la Garde au milieu de la troupe ; un bon choix pour repérer un comparse Illusionniste. Le sieur n'était d'ailleurs pas mauvais à ce jeu, puisqu'il profita d'une faille de concentration des deux femmes pour leur chiper le contrôle sous le nez et dissiper le mirage.

Nathanaël, redevenu décelable, courut sur la porte et la claqua au nez de ses prétendants poursuivants.

Son bureau était fermé.

Il pensa à ce qu'aurait fait Angeline à sa place, ferma les yeux et écouta.

Ce ne fut pas son ouïe mais son sens Illusoire qui repéra une présence au fond de la Maison. Il s'y rendit, les gardes sur ses talons. Le couloir déboucha sur l'une des bibliothèques ; celle qui servait de pièce à vivre par habitude alors que tout le monde en détestait la tapisserie vieux rose, souvenir de l'ancien Seigneur Artuel de Luz.

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