XXIV - COMPROMISE

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Chapitre mis à jour____


Noyée dans l'obscurité misérablement percée par sa lampe à huile, elle peina à retrouver le chemin sans bousculer se qui se trouvait devant elle. La jeune fille pria pour que les souris l'épargnent étant donné qu'elle n'avait aucune visibilité sur ses pieds.

Quelle idée avait-elle eu de venir s'aventurer ici ? L'esprit de rébellion, elle se l'avouait sans mal. Ce n'était pourtant pas dans sa nature, mais son père l'avait blessé d'une manière qu'elle n'aurait jamais soupçonnée.

Charlotte n'était pas la seule à savoir désobéir et elle entendait le prouver. Se le prouver à elle même.

Le son d'une chaise qui grince résonna sur sa droite. Elle inspira profondément avant de tourner pour le rejoindre, augmentant la luminosité de sa lampe.

Niall leva la tête à son approche. Ses yeux clairs s'entrouvrirent avec peine. Son œil poché n'avait pas désenflé, mais sa lèvre, elle cicatrisait déjà. Sa poitrine se crispa devant ce spectacle:

― Marion, chuchota-t-il, que...

― Chuut, nous n'avons pas beaucoup de temps.

Elle attrapa une caisse vide pour y poser la lampe à huile avant de s'agenouiller devant lui.

― Vous ne deviez pas revenir.

― Et bien, j'en avais assez d'obéir à tous ceux qui me donnent des ordres.

― Marion, ils..

― Mon père et ses hommes sont en rendez-vous à l'extérieur, quant à monsieur Morvan, il a déserté notre demeure depuis près de deux jours.

Niall la contempla en silence pendant qu'elle s'affaira avec des bandages et une fiole au contenu mystérieux.

― Comment avez-vous compris ?

― Quoi donc ?

― Que le duc est responsable de ma situation.

― Vous êtes dans son cellier, non ?

― Marion...

― Je suis moins sotte que ce que les gens se plaisent à imaginer. J'ai toujours su que mon père avait de sombres secrets. Des secrets à l'origine de son succès. Nous vivons une époque où la plupart des familles nobles se trouvent ruinées, en conséquence, il nous faut entretenir des relations bien spécifiques pour survivre. Je n'ai jamais vu mon père travailler, mais constamment rencontrer des personnages de pouvoir. Vous avez sans doute découvert une chose qu'il entendait garder dans l'ombre.

― J'ai surtout frappé l'un de ses pairs en croyant sauver l'honneur de sa fille.

Marion pinça les lèvres à l'évocation de Terrence. Cela faisait toujours mal. Charlotte et lui, dans cette bibliothèque. La manière dont il la regardait, éperdu, passionné, alors qu'ils...

― Je ne pense pas que mon père ne se soit jamais soucié de cela.

Dans un sens, c'était vrai. Il restait prisonnier, car il était le cousin de Ranald. La vertu de sa fille n'avait jamais été évoquée, à aucun moment. Non. C'était son accent et ses origines qui avaient éveillé l'intérêt du duc. C'était tout ce qui l'avait trahi. Mais il ne pouvait l'avouer à Marion. Il refusait de l'exposer inutilement à de telles révélations, surtout lorsqu'il soupçonnait son père d'être un individu profondément dangereux. Plus soucieux de ses affaires que du bien-être de sa progéniture.

La lignée des reines  - (Terminée)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !