IX

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Merci beaucoup pour les 250 vues.
Perso, j'adore the Weeknd, ses musiques 😍
N'hésitez pas à commenter, j'adore lire vos commentaires ❤️ (sauf les tiens Viviane ;) )
xxx
@sheerzz


Perso, j'adore the Weeknd, ses musiques 😍N'hésitez pas à commenter, j'adore lire vos commentaires ❤️ (sauf les tiens Viviane ;) )xxx@sheerzz

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Elijah

Eléanore rentre dans la cuisine avec un air de déterrée. Les cernes creusées sous ses yeux témoignent de son manque de repos, probablement du au taux d'alcool irraisonnable ingurgité la veille. Elle me voit et vient s'affaler à mes côtés sur le tabouret en face du comptoir.

"Je pourrais avoir un aspirine Eli?"

Je soupire et tends le bras pour attraper la boîte devant moi. Je lui tends la boite et elle se sert un verre d'eau pour ingurgiter le cachet.

"Putain... j'ai trop mal au crâne..."

Je pouffe. Tu m'étonnes. Je ne peux m'empêcher de penser au fait qu'elle ait embrassé Isaiah la veille.

"Tu te souviens de ce que tu as fait hier?"

Elle me regarde avec les sourcils froncés.

"Éclaire ma lanterne cher frère. J'ai fait quoi comme connerie encore?"

A vrai dire, mis à part s'être mise une taule, qu'a-t-elle fait de mal? Je ne peux pas lui en vouloir parce qu'elle embrasse un garçon; surtout si c'est Isaiah, il se tourne autour depuis une semaine bientôt.

"Rien d'important."

Elle semble peu convaincu mais acquiesce tout de même. Je soupire, et me lève.

"J'ai des trucs à régler. Je serais rentré vers treize heures. Je regarde l'heure; il est onze heures trente. Il va falloir que j'accélère la cadence si je veux arriver à l'heure au rendez-vous. Ne m'attendez pas pour manger ce midi."

Ma soeur fait une moue adorable et me supplie silencieusement de rester. Je lui embrasse le front et monte dans ma chambre. J'entends Eole et Elyas se disputer; c'est un dimanche matin banal en somme. J'ouvre mes placards et constate que presque tout mon linge est au sale. Il faudrait vraiment que je songe à m'y mettre.

J'opte pour un tee-shirt noir et un jean de la même couleur troué au genou gauche. J'enfile mon perfecto noir posé sur ma chaise et passe la main dans mes cheveux pour les réajuster. J'attrape mon sac adidas bleu caché sous un amas de vêtements trop petits roulés en boule dans un coin de ma chambre. Je chausse finalement mes Jordans (faites la blague, allez y), et ressort de ma chambre. En sortant, je croise Jody, les yeux légèrement rougis par des pleurs. Quand elle m'aperçoit, elle court s'enfermer dans sa chambre. Ok. Je le prends très bien.

Je sort de la maison familiale pour enfourcher ma bécane sagement garée devant le portail. J'enclenche le contact et le moteur de mon Honda vrombit. Je ressens immédiatement du bien-être et un semblable de liberté. Cette douce sensation envahit rapidement mon corps, aussi éphémère soit-elle.

Je roule, probablement au dessus de la limite de vitesse, en direction du lieu de rendez-vous. Si les mecs étaient là, il me péteraient la gueule pour ce que je m'apprête à faire, mais, par concours de circontances, ils sont à l'autre bout du pays. M'en voulez pas les gars.

Arrivé à bon port, je gare ma moto et baisse la béquille pour assurer sa stabilité. Je pose pied à terre, et récupère mon sac posé sur le porte-baggage à l'arrière du véhicule. Je navigue dans les petites ruelles sombres, moites et étroites à la recherche de Ky.

"Jordans, ici. Une voix rauque m'interpelle. Je me retourne et j'aperçois mon dealer accoudé contre une pile de boites. J'ai ce dont tu as besoin. As-tu ce dont j'ai besoin?"

Je lui tends le sac Adidas. Il le récupère sans même regarder ce qu'il y a dedans.

"Trois-mille dollars. C'était galère, mais le mec était assez docile. J'ai juste eu à lui en coller une."

Il ricane. En échange, il me tend plusieurs petits sachets de plastiques remplis de poudre beigeâtre que j'enfourne rapidement dans ma poche.

"Fais gaffe Jordans, elle est forte. Je rigole pas. Tu me fais pas une overdose, hein."

"T'es mon dealer, pas ma mère. Je souffle. Merci. A plus."

Sans attendre sa réponse, je m'éclipse derrière les bâtiments en briques grises et me dirige vers ma bécane calée sur le trottoire sans vie. Comme à l'allée, le vrombissement du moteur me procure une sensation de légèreté indéniable. Les pneus crissent sur le goudron dès que j'emprunte un virage, l'air se bat avec la visière de mon casque, et mon coeur palpite à la moindre accélération.

Je descends de ma moto que je cale devant mon portail. Il est treize heures trente, ma famille doit être attablée à table pour le déjeuner. Je sais que le dimanche est un jour sacré, et qu'on doit le passer en famille, mais au diable les traditions familiales.

Je rentre, et les rires de mes frères et sœurs me parviennent aux oreilles. Je jette mes clés sur la petite commode qui longe le paravent de l'entrée, et me dirige vers les cris de bonheur. À ma plus grande joie mon père est en voyage d'affaires, enfin c'est ce qu'il s'efforce à faire croire, mais ça m'étonnerait qu'il ne se paye des week-ends avec sa secrétaire. Putain, pauvre Maman.

"Bonjour mon coeur. La douce voix de ma génitrice me coupe dans mes pensées. Tu vas bien?"

Les jumeaux me regardent avec leur air narquois. Même si ils ne se ressemblent absolument pas, c'est les mêmes au fond.

"T'étais avec une fille?" Commence Elyas.

"Ou un garçon?" Finit Eole avec un clin d'œil. Ils sont perspicaces.

Je m'approche d'eux par derrière et leur met le nez dans leur plat. J'entends Elé rire et ma mère retenir un gloussement étouffé. Eole se débat pour, je cite, "me coller son poing dans la figure", mais je le maintient sur sur sa chaise en appuyant sur son épaule. Elyas, lui, tente tant bien que mal d'essuyer la soupe qui est venue se nicher dans ses cheveux. Quel dommage.

Nos plaisanteries sont bien vite stoppées quand la porte d'entrée claque dans un son assourdissant.

"Je suis rentré."

C'était trop beau pour être vrai. Putain.





C'est toujours pareil. Ça l'a toujours été, et ça le sera probablement toujours. Les coups, les insultes, les regards en biais. Je suffoque, je coule.

J'aimerais, juste une seule fois dans ce chantier qu'est ma vie, pouvoir respirer sans penser aux conséquences.

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