c'est dans ses yeux que naissent les aurores

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Titre extrait de Célesta de BB Brunes

Tu riais dans cette robe trop blanche, trop parsemée de paillettes dorées. Tu riais en ouvrant grand ta bouche ; rejetant ta tête en arrière, faisant balancer tes cheveux de tous les côtés. Si tu n'avais pas tout ce rouge sur tes lèvres, peut-être aurait-on vu qu'elles étaient bleues tant tu avais froid. Mais ça tu ne l'avouerais pas.

Tu étais près du feu, me lançant parfois des regards en coin qui signifiaient beaucoup, tout en continuant de parler avec tes amies. L'une d'elle te passa la bouteille de vodka et tu bus directement au goulot, essuyant grossièrement ta bouche après avoir avalé ta gorgée. Tu bus vite, trop vite. Ça ne te ressemblait pas.

La musique continuait de tourner. Le son des basses paraissait étrangement fort. Faisant trembler le sol. Pourtant nous étions dehors, d'ailleurs, quelle idée d'organiser une fête à l'extérieur en hiver. Mais bon, c'était toi. Et plus rien ne m'étonnait venant de toi.

Tu te tournas vers moi après avoir bu ta troisième gorgée. Tes cheveux volaient dans ton dos tandis que tu te rendais jusqu'à moi. De tes doigts vernis en doré, tu pris les miens. Tu te penchas dans ma direction. Tes lèvres trop rouge me tentaient irrémédiablement. J'inspirais un grand coup. Tu sentais un mélange de prune et d'alcool.

« Viens danser avec moi », ton souffle était parfumé des effluves de vodka et je fronçais automatiquement le nez.

« Allez, juste une danse. S'il te plaît. » Je crois que je n'ai jamais su te résister.

Il faisait définitivement froid. Je le savais car même avec ma veste et mon pull je frissonnais. Mais toi, tu tremblais alors, j'ai simplement retiré ma veste pour te la tendre. Tu l'as enfilé avec un sourire, elle était si grande pour toi. Tu as retroussé le bout des manches pour qu'au moins tes mains soient visibles et tu as emprisonné les miennes. Puis tu t'es mise à tituber. Tu tenais à peine debout, et tu t'agripais en riant à mon cou. Tes lèvres si rouge qui me tentaient. Tes yeux ont plongé dans les miens alors qu'un slow se jouait.

Entre nous, c'était si ambiguë. Depuis le début. On pouvait tout faire ensemble, tout. Mais nous avions l'interdiction de tomber amoureux. C'est toi qui avais fixé les règles. C'est moi qui les ai acceptées en te répondant que tu étais bien trop agaçante pour que je t'aime, bien trop complexe pour que je plonge dans tes délires, bien trop imprévisible pour me plaire, bien trop paradoxale pour que je puisse tomber amoureux de toi.

Tu m'as souri encore une fois et je t'ai embrassée. Aussi simplement que ça. Ton rire a résonné un instant, tout doucement, à mes oreilles et j'ai intensifié le mouvement de ma bouche sur la tienne. J'entendais les rires de nos amis, je ressentais la musique dans tout mon être, et surtout mon cœur qui battait bien trop fort. Tu m'as amené encore plus à toi, tes bras entourant ma nuque. On s'est détachés. À bout de souffle. Souffle blanc qui s'envolait dans la nuit noire. Les conversations des autres ont repris. J'ai plongé dans tes yeux. Ils scientillaient comme ta robe pailleté des paillettes que vous aviez lancées en criant.

Tu m'as souri, encore une fois. Tes lèvres étaient un peu moins rouge. Mon cœur tambourinait encore. Tes yeux ont souri, la lune brillait les étoiles dansaient mais je ne voyais que toi. Tu m'illuminais entièrement. Bordel, ne me dis pas que.. On se l'est interdit. Je ne peux pas.

Tu t'es encore approchée de moi, tu t'es hissée sur la pointe des pieds. J'ai respiré l'odeur de tes cheveux. Tu as relevé la tête vers moi. Puis doucement, alors qu'un simple espace séparé nos deux bouches, tu m'as murmuré :

« On n'est pas censés s'aimer, alors pourquoi mon cœur bat si fort quand je suis près de toi ? »

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