5 - Du zouk sur gazon

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Je réunis mes cheveux dans une queue-de-cheval en haut de mon crâne tout en chantonnant quelque chose comme « je suis en retard pour mon rendez-vous », très à la façon du Lapin Blanc d'Alice au Pays des merveilles.

— Punaise, Simon, tu plaisantes ? lâche Maeve.

Je sursaute en l'entendant et me retourne alors que je tire sur mes cheveux pour qu'ils retombent en boucles.

— Qu'est-ce que j'ai encore fait ? m'écrié-je, de très mauvaise foi.

Maeve lève les yeux au plafond avant de pivoter sur ses talons et s'en aller dans le salon. Sans Ninon ou Paul dans les parages pour tempérer, elle va ruminer de plus belle. Je passe en courant dans la salle de bain pour me laver les mains, reviens dans ma chambre, enfile un combishort qui laisse mes épaules dénudées et chausse mes fidèles baskets dorées. Pochette en bandoulière, je suis enfin prête.

— Voilà, voilà ! lâché-je en arrivant dans le salon. On peut y aller !

Le trajet est long jusqu'au Champ-de-Mars et ma pochette trop petite pour tenir un livre de poche ou une liseuse, alors je lis sur mon téléphone, ce qui n'est pas ce que je préfère. Quand nous sortons à la station École Militaire, Marco m'attend, appuyé au dossier du banc devant le marchand de journaux, en tapant sur son téléphone d'un air concentré. Il fait jour, il fait beau, je prends quelques instants pour l'observer : son jean sombre moule parfaitement ses cuisses, son t-shirt noir aux manches courtes moule parfaitement son torse et ses bras musclés.

Très parfaitement moulant.

— Jésus-Marie-Joseph, souffle Maeve. Si tu ne le veux pas, je le prends.

— Fais tes courses, tant que tu y es, rétorqué-je.

J'avance vers Marco ; il se redresse en me voyant. Il est grand, sûrement dans le mètre quatre-vingt-cinq, voire plus. J'ai un faible pour...

Je craque pour énormément de choses et j'ai l'impression que Marco coche toutes les cases de mes faiblesses. C'est un homme dangereux pour ma santé émotionnelle.

— Tu es venue, lance-t-il en souriant.

— C'était prévu, réponds-je en haussant les épaules.

— J'avais peur que tu me poses un lapin.

— Simon est toujours en retard, intervient Maeve. C'est une vraie calamité.

Cela ne sert décidément à rien d'avoir des amies.

— Maeve, Marco, Marco, Maeve, lâché-je en faisant un geste vague de la main. Tu es seul ?

— Non. Mes potes sont partis se ravitailler, ils doivent être sur le chemin du retour, d'ailleurs.

— Notre groupe est déjà sur le Champ-de-Mars, informe Maeve. On doit les retrouver du côté du monument des Droits de l'homme.

— Je leur dis de nous y rejoindre, alors, décide Marco en ressortant son téléphone de la poche arrière de son pantalon extrêmement moulant.

Je fais signe à Maeve et commence à me diriger vers le lieu de notre rendez-vous. Quand Marco termine d'envoyer son message, il se met à ma gauche. Parfois, je vais contre lui ou lui contre moi, poussés par la marée humaine. Soudain, il attrape ma main. Je retiens ma respiration, la chaleur me monte au visage. Je lève les yeux et avale péniblement ma salive en croisant son regard.

— Je ne veux pas te perdre de vue, dit-il.

— En voilà une excuse...

— C'est plausible ? demande-t-il avec un sourire en coin.

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