14.Ezra♠

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Ça faisait bien dix minutes que je faisais le tour dans un des quartiers délabré de Londres.C'est là qu'avait pris place notre squat. Personne ne nous faisait chier ici. J'avais peur qu'ils ne s'en soient pas sortis, que les flics aient réussis à les embarquer. Je me sens suffisamment coupable de les avoir laissé dans la merde, je ne voudrais pas qu'en plus de ça ils soient derrière les barreaux.

« Ezra ? »

Je reconnais cette voix. Je fis un tour sur moi même, et trouva Lena face à moi, l'air fatiguée. Ses yeux étaient cernés, et elle semblait boiter. Elle s'approchait lentement de moi, et contrairement à ce que j'imaginais être nos retrouvailles, elle fit un petit rictus qui m'indiquait que quelque chose n'allait pas.

- Lena ? Où sont les autres ?

- Qu'est-ce que tu fous là ?!  cracha t-elle

- Quoi ? Mais qu'est-ce qui te prends merde

Elle se mit à rire nerveusement, avant de donner un coup de pied dans un cailloux.

- Qu'est-ce qui me prends ? Tu t'entends parler Ezra ? Merde, je croyais qu'on était potes ! Tu nous à laissé moi et les gars se démerder avec ces fils de chien, et tu reviens le lendemain comme si de rien était ?

- Vous auriez fait exactement la même à ma place ! J'essayais de sauver ma peau vous allez pas me blâmer pour ça !

- C'est ce que tu crois.

Elle me lança un regard de dégoût avant de tourner les talons et de commencer à partir. Je courus et lui retint le bras pour qu'elle me fasse face. Elle n'avait pas le droit de s'en aller comme ça.

- Tu ne peux pas t'en aller comme ça ! où sont les gars ?

- Ils sont en taule.

Elle me toisa de haut en bas avant de me tourner les talons et de s'en aller. Je restais debout, au milieu de la route. J'étais choquée. Tout ça était de ma faute, je n'ai pensé qu'à moi. Des larmes commencent à faire leur apparition aux coins de mes yeux, avant de poursuivre leur chemin sur mes joues. Je m'en veux tellement. Je regardais autour de moi, plus rien ne serait pareil à présent. J'avais tout perdu.

« Ezra! »

Un sourire prit place sur son visage rond, et il ouvrit ses bras pour que je vienne m'y fourrer. Dan était un de mes dealers, mais c'était le seul que je considérais comme plus que ça. Il m'écoutait quand ça n'allait pas bien, il me conseillait, il me faisait rire, et surtout il me faisait oublier l'absence de mes parents. Il était comme un père de substitution pour moi. Il n'était pas méchant, la vie ne l'avait pas épargné, c'est tout. Comme moi. Je l'avais rencontré pendant une garde à vue, on avait sympathisé, et depuis on a gardé contact.

- Ca va ma jolie ?

- Ca pourrait aller mieux, dis-je en haussant les épaules

- Oh, dis moi ce qu'il se passe.

- Je n'ai pas trop envie d'en parler Dan, je passais juste pour savoir s'il te restait de la kétamine.

- Je dois avoir ça quelque part, viens.

Il me tendit sa main, que j'attrapa et me conduisit à l'intérieur d'une maison en ruines, où il avait déposé bagages avec des amis à lui. Comme ce que j'avais fait avec Lena et les gars... Les larmes n'eurent pas le temps d'apparaître, que mon regard se posa sur le sachet qu'il tenait entre ses doigts.

- Tiens petite. Je sais bien que je n'ai rien à dire de ce côté là, mais fais attention ok ?

- Oui, merci Dan. »

Je lui sourit et le serra dans mes bras. Je le salua une dernière fois, et courut me réfugier au squat.

Je me traçai une ligne de cette poudre blanche et la sniffai d'un trait. Je me laissa retomber sur le divan miteux sur lequel j'étais assise et ferma les yeux.

Au bout de cinq min, je commençais déjà à ressentir les effets. Je me sentais apaisée et un sentiment d'euphorie se fit ressentir. J'avais pris une petite dose, parce que j'étais seule et je ne sais pas de quoi j'aurais été capable si j'avais ingurgité plus.

J'avais le sentiment de flotter, je me sentais tellement bien que j'en oubliais mes soucis quotidiens. J'oubliais toute la peine que je ressentais chaque jour, j'oubliais le fait que je n'étais qu'une pauvre merde qui avait fichu sa vie en l'air, plus qu'elle ne l'était déjà, j'oubliais le fait d'avoir laissé mes amis finir en taule. Je me levais, pour je ne sais qu'elle raison, et me balada dans les rues londonienne. J'avais besoin de sortir de ce taudis qui me rappelait mes amis.

Il devait être environ 18h, je n'en sait rien, j'avais perdu toute notion du temps. Tout le monde se retournait sur moi, mais je m'en moquais, j'étais bien. Le monde m'apparaissait merveilleux, voir cotonneux, je souriais seule et je marchais sans savoir où j'allais. A cet instant précis, c'était comme si je n'avais plus de cerveau, rien qui pouvait me rappeler toutes les choses tristes que je portais sur mes épaules.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant