III

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Elijah Jordans, @nathankriis sur Instagram

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Elijah Jordans, @nathankriis sur Instagram

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S'il y a bien un truc que je déteste plus que les cours, c'est les gamins prétentieux. Je l'ai vu le premier jour, quand il est venu garder ma soeur. Avec son pull Gucci qui puait le fric et ses Balenciaga, il cherche définitivement à montrer qu'il possède les moyens que d'autres n'ont pas.

Mes parents gagnent très bien leur vie, mais l'idée de m'acheter des fringues avec plus d'un zéro derrière le prix ne leur effleurerait même pas l'esprit. La seule chose relativement chère que je possède est ma moto. Une Honda, rouge. Elle m'a coûté une petite fortune, mais c'est un bolide incroyable.

Je suis couché sur mon lit, quand mon père frappe frénétiquement à ma porte. Il a du voir mon bulletin. Les vacances de Noël étant passées, le retour en cours s'est fait hier matin et j'ai reçu mon bulletin. Qui plus est catastrophique.

J'inspire calmement et vais ouvrir la porte. Mon père me pousse et claque la porte. Il agite mon bulletin sous mon nez avec un air menaçant.

"C'est quoi ça? commence-t-il a crier. Putain Elijah! On ne t'a pas éduqué comme ça! 12 en maths; 8,9 en français; la philo je n'en parle même pas; 7 en SVT; 13,4 en sciences physiques; et 4 en anglais? Mais tu veux faire la manche plus tard? Tu as cru que le bac allait tomber du ciel?"

Je baisse les yeux. Il a raison au fond, j'ai merdé. C'est limite si je tends ma joue quand son poing s'abat sur ma mâchoire. Je titube légèrement avant de me redresser. Mon corps encaisse, et les larmes menacent de couler.

"Je te préviens Elijah, si tu continues ainsi, ce n'est pas qu'un bleu à la joue que tu auras. On te paye un lycée excellent, ce n'est pas pour nous faire honte. Je te laisse une dernière chance, si tu ne t'améliores pas tu dégages."

Je hoche la tête. Il s'éloigne, s'éclaircit la voix et me demande d'aller mettre la table. Ce soir, l'autre gamin pété de thunes et sa famille parfaite viennent diner. Entre l'autre pimbêche qui passe ses journées à me faire du rentre dedans, Kimberley je crois, et l'autre gamin adopté, on a pas finit la soirée.

Je descends donc, suivi de mon père, et me dirige vers la salle à manger. J'installe onze couverts, quand Elé arrive. Elle est jolie, ses cheveux blonds bouclés lui arrivent aux épaules et ses yeux bleus transpirent la joie. Elle ressemble à Nonna.

"Tu manges avec nous? demande-t-elle. C'est rare."

"J'ai pas tellement le choix."

"J'ai entendu Papa hurler. Ça va?"

Je soupire. Je sais qu'elle sait, mais elle ne dit rien. Ça m'arrange d'une certaine manière, je n'aimerais pas que les Services Sociaux débarquent. J'hausse les épaules tout en finissant de mettre le couvert. Ma soeur me regarde avec un air mesquin:

"Content de retrouver Kendall?"

"C'est qui?"

"La fille biologique des Blake abruti."

"Elle s'appelait pas Kimberley?"

Elé explose de rire sous mon regard perdu. Je la rejoins rapidement et nous partons dans un fou rire. Elle m'avoue alors, d'une voix plus calme:

"Avoue Eli qu'Isaiah est super mignon."

"Me parle pas de ce gosse, j'arrive pas à me dire qu'il sera chez moi toute la soirée."

Elle me fait un clin d'œil et quitte la pièce.



Je suis assis dans le canapé avec Jody sur mes genoux quand la sonnette retentit. Ma petite soeur saute de mes genoux pour aller ouvrir alors que je prie pour que ce ne soit pas nos invités.

"Estelle ! Thibault ! Quel plaisir de vous voir !"

Note: Dieu ne m'aime pas.

Karin commence à discuter avec ma mère quand elle arrive dans le salon. Elle me regarde avec douceur et me sourit. Je me lève pour la saluer. Elle prend mon visage en coupe.

"Qu'est ce que tu as grandi! Tu es devenu si beau!"

Je la serre dans mes bras et vais serrer la main de Côme. Il me salue:

"Elijah."

J'hoche la tête et le regarde. Il semble beaucoup plus chaleureux que mon père. Évidemment, derrière lui se trouve Kendall. Son maquillage qui dégouline de partout me dégoûte, et je me vois essayer d'effacer une grimace sur mon visage. Elle me regarde tendrement et remet une mèche derrière son oreille en penchant légèrement sa tête.

"Salut Eli'. Tu vas bien?"

Je hoche la tête sans vraiment lui porter plus d'attention que ça. Sa voix m'exaspère au plus haut point.

Je remarque alors le dernier, Isaiah. Il discute tranquillement avec Elé, qui le regarde avec une lueur de bonheur. Seigneur.

Tout le monde est occupé à parler, alors je m'éclipse doucement vers ma chambre. Cependant, une poigne de fer me retiens. Je me sens tiré vers la cuisine.

"Écoute moi bien Elijah, si tu fais quoi que ce soit qui pourrait me porter préjudice, ça ira mal, compris?"

Je le regarde. Mon père. Ça fait longtemps que j'ai arrêté de me soucier si cela était normal où pas. Comme dans un mauvais film, Isaiah passe devant la cuisine avec Elé pile à ce moment là. Il se retourne pour voir d'où proviennent les chuchotements mais Elé le pousse rapidement. Je l'entends murmurer un "laisse tomber" puis ils montent les escaliers.

Mon père lâche enfin mon bras et me préviens une dernière fois. Il me dit ensuite qu'on va passer à table, et me demande donc d'aller chercher Elé et l'autre.

Je monte les marches, et j'entends des gloussements. J'ouvre la porte, las, sous le regard blasé de ma petite soeur. Isaiah, lui, lève les yeux au ciel. Le gamin va se calmer.

"On mange."

Elé saute de son lit et me bouscule pour se ruer dans les escaliers. Pire qu'elle, il n'y a pas. Isaiah passe devant moi lentement, et me fixe. Je dois bien faire dix centimètres de plus que lui. Il est assez petit. 1 mètre 65 je dirais.

Il me bouscule à son tour, et là c'en est trop. Je l'attrape par le poignet et crache:

"Tu vas te calmer, d'accord? Que tu te tapes ma soeur, je ne dis pas, mais je ne suis pas ton pote, donc garde tes distances, merci."

Il me regarde étonné. Je vois une lueur de peur traverser ses yeux, qu'il remplace immédiatement par un sourire narquois.

"Tu me fais mal Elijah."

L'envie de l'exploser contre la porte me vient, mais je me ressaisis rapidement. Je le lâche, comme s'il m'avait bruler et il descend les escaliers, comme si de rien n'était.

Je vais me le faire ce gosse.

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