Chapitre 24 : « Aimer, pour toujours et à jamais »

2 0 0

Précédemment dans « Les Mizer Heroïks » :

Valjean a sauvé la vie de son pire ennemi. Empruntant les égouts de Paris pour éviter tout périlleuse confrontation avec les soldats ou les bandes rebelles. Il a confié la vie de Javert aux bons soins des bonnes-sœurs de l'Hôtel Dieu.


À la sortie de l'hospice, l'ancien Bagnard se faufile dans les rues. N'ayant plus à craindre pour la vie de Javert, il n'a aucune raison de retourner ramper sous le caniveau. D'autant que l'ouragan de mort semble s'être éloigné de l'île de la Cité. Il faut tendre l'oreille pour entendre le tonnerre des canons.

Toutefois, le cœur du chevalier républicain ne cesse pas de battre le rappel... Valjean n'a toujours pas retrouvé Cosette. Où est-elle ? Est-elle en vie ? Est-elle prisonnière ? De qui ?

Valjean trotte, plus qu'il ne marche. Les rues sont désespérément vides, les volets rabattus et les portes closes. Effrayés par le fracas des batailles, la plupart des Parisiens se sont calfeutrés chez eux et n'en sont toujours pas sorti. Le Miraculé est le seul à marcher dans la rue. Les autres sont figés : ils sont morts. Majoritairement les soldats et les CRS. On dirait que la révolution a de nouveau le vent en poupe. Le Peuple n'a pas la puissance de frappe des monarchistes mais il a pour avantage : le nombre, la solidarité, la légitime colère.

Valjean entend le concert des canons au loin. Travaillé par un mauvais pressentiment, il presse le pas, il se met à courir en direction de la canonnade. Cosette, elle est si impétueuse et en même temps si fragile. Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé...

Au détour de la rue de la Grande Truanderie et de la rue Saint-Denis, Valjean se fige. Une étrange voix résonne dans sa tête. Il pense au départ à une hallucination : on dirait le timbre mélodieux de Fantine. Impossible, elle est morte, ce n'est qu'une illusion, un mirage. Puis, il se rend compte qu'il ne s'agit pas des paroles de son amour défunt. Ce n'est pas le rêve d'un cerveau délirant mais un authentique miracle. Cheval Jean a le privilège d'être visité par l'esprit saint de la Vierge Marianne.

Je vous salue Marianne, pleine de grâce... pardonnez... bafouille-t-il.

— Mon chevalier Jean, tu es pardonné. Je t'aime comme un fils. J'ai toujours été à tes côtés. Dans la joie comme dans la tristesse.

Vierge Marianne, Mère de France, priez pour moi... Ma Cosette.

— Suis donc cette rue jusqu'à l'arche. Tu la trouveras. Elle t'attend.

— Merci, Marianne, vous êtes élue entre toutes les femmes...

— Et toi, tu es mon hérault, chevalier Jean. Va, porte haut mon nom et ma grâce...

Aussi étrangement que la voix mystique est apparue dans la tête de Valjean, celle-ci s'éteint subitement. Marianne a, semble-t-il, raccroché. Le Miraculé ne lui porte pas rigueur. Il sait où il doit aller et il sait qu'elle est encore en vie : sa Cosette...

En effet, quand il arrive à la frontière entre la rue Saint-Denis et le boulevard Saint-Denis, il remarque, au pied de la magistrale porte en pierre, une jeune fille qui prête assistance à un blessé. Sans l'ombre d'un doute, un insurgé : casquette, pantalon bouffant, chemise élimée et maculée de rouge, il est vêtu comme un ouvrier. Valjean se dit que ce ne peut-être son sang. Il y en a trop sur ses tissus.

Les Mizer HéroïksLisez cette histoire GRATUITEMENT !