XXII - THE PAST IS THE PAST

Depuis le début

Bastard ! what did you said ?*

― Comprends bien qu...

― Let go of me !*

― Ran...

― I said, let go of me !*

Jamie le lâcha alors qu'il partait retrouver la jeune Française au-dehors.

Ranald la trouva réfugiée dans la grange. Il entra sans un bruit. Dans le noir de l'étable, il peina à la distinguer clairement. Ce n'est qu'au son de ses reniflements qu'il parvint à la localiser. Elle sursauta quand il posa une main entre ses omoplates et se releva pour faire volte-face.
Il présenta ses paumes en l'air :

― Excuse-moi, je ne voulais pas t'effrayer.

Elle se détendit sensiblement en réalisant qu'il s'agissait de lui. Il laissa ses yeux s'égarer sur les cheveux défaits qui courraient sur ses épaules, avant de se forcer à se concentrer :

― Est-ce que James s'est mal conduit ? A-t-il dit quelque chose de...

Anne secoua la tête avec véhémence avant de croiser les bras sur sa poitrine, se fermant au dialogue. L'écossais en conclut que les propos de son compagnon avaient sans doute été plus que désastreux. Il tenta de désamorcer l'ire grondant sourdement dans ses veines.

― Je suis désolé. Il n'aurait jamais dû. Je lui rappellerais de rester à sa place la pr..

La jeune femme protesta en posant subitement une main sur son poignet, ses prunelles le suppliaient de n'en rien faire.

Ranald admira les reflets dorés qui dansaient dans ses iris. La lune était leur unique source de lumière et le toit de l'étable défoncé laissait toute latitude à l'astre nocturne.

Autrefois, ses yeux là l'avaient rendu fou de désir. Il avait vu le plaisir et l'allégresse y jouer de concert, la colère même, souvent. Celle d'une adolescente trop gâtée qui avait fort à revendiquer contre les injustices de son existence privilégiée.

À présent, Ranald y décelait peine et regrets. Cependant, une chose demeurait. Effrayante, de par ce qu'elle éveillait en lui. Il la désirait toujours. D'une manière certainement moins romantique que par le passé. Les années avaient sans doute terni ses élans chevaleresques et il se blâmait profondément au demeurant. Malgré cela, une part de lui était bien consciente de la femme qui se tenait devant lui. Elle aussi avait changé.

― Veux-tu que je te donne de quoi écrire ? Je pourrais...

Elle l'arrêta dans sa lancée en enfonçant ses ongles au creux de son poignet. Il pouvait lire toute la frustration qu'une telle idée lui inspirait. Elle se redressa en se rapprochant, ses lèvres s'entrouvrirent et elle chercha son air... Elle souhaitait parler, les mots étaient là, ils attendaient simplement le bon moment, la force nécessaire. Anne finit par refermer la bouche, tremblante, les épaules affligées par la détresse.

Ranald apposa ses paumes sur ses trapèzes pour l'apaiser en murmurant :

Tuch, it's alright. Ce n'est pas grave Anna. Tu pourra..

Les jambes de la jeune femme cédèrent et elle tomba au sol en poussant un long cri déchirant. L'écossais sentit son cœur se décrocher dans sa poitrine tandis qu'il s'agenouillait face à elle :

― Anna ? An..

― Je... j'... pe... peur.

Un écho puissant se mit à caracoler sous ses cotes. Il la dévisagea, n'osant y croire. Ces premiers mots lui lacéraient les entrailles, mais il était bien trop heureux de les entendre. Les mains pressées de part et d'autre de son visage, il émit un sourire sous les larmes de joie qui glissaient contre ses joues.

La lignée des reines  - (Terminée)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !