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Il exprima sa colère d'un geste la poussant en direction du sol mais Amir vint a sa secours et se mit entre les deux après l'avoir rattraper dans sa chute. 

Amir :_ T'as 30 secondes pour t'expliquer avant que jte fasse goûter l'bitume

Achraf :_ Toi tu va m'faire goûter l'bitume ? A moi ? A Achraf ? *rire moqueur*. Mais hassoul, si tu veux savoir, tu crois c'est elle que j'aurais présenter a ma daronne ? Une handicapée ? J'avais déjà tout prévu, j'en avais parler aux darons, j'avais réserver la salle. Après, elle a eu son accident et j'ai pas eu l'choix.. J'pouvais plus faire demi tour alors j'ai pris quelqu'un d'autre. 

Ces mots lourds s'échappèrent de la bouche d'Achraf pour venir directement se poser sur mon cœur. Toutes mes forces se concentrèrent sur mon système pulmonaire et cardiaque, essayant de leur donner un rythme normal. Manque d'énergie même mes pleurs furent remplacé par des étouffements bruyants. Mes paupières elles, pesaient d'un coup, le poids de tout mon corps, qui lui paraissait tout léger. Ma seule capacité cérébrale encore fonctionnelle était reliée a la partie de mes oreilles car malgré mes bras crispés dessus, ses paroles blessantes y rentraient toujours. Un mélange de voix d'Achraf et d'Amir avec le bruit de leur mains frappant l'un et l'autre. 

Une main assez légère frottait systématiquement mon dos, que je déduis celle de Sirine par la distance de sa voix qui se trouvait toute proche de moi, tentant elle aussi de me calmer. 

Sirine :_ Il te méritait pas de toute façon Alisha, je l'ai jamais aimer Achraf. Pleures pas pour lui ! Tu trouveras quelqu'un d'autre mieux que lui.

Dans ma tête, c'était l'inverse. Achraf avait certes fauté, il m'avait briser, mais il avait raison. Tout homme qu'aurait été à sa place, aurait agit de la sorte. Il s'était éloigner sans me blesser pour que je puisse l'oublier, mais si ce ne fut pas le cas, ce n'était tout de même pas de sa faute ! Je l'aimais d'un amour inconditionnelle mais je ne pouvais tout de même pas lui reprocher l'inverse. Moi, des couples avec une personne handicapée, j'en avais jamais vu. Ces personnes, étaient seules, au quartier, au lycée, en classe, et même dans la rue. C'était évident, j'allais finir comme l'une d'elles. A l'âge de 50ans, toujours seule et déprimée, c'est comme ça que je voyais mon avenir : gâche d'avance. Rien de servait de pleurer, le passer ne reviendrait pas et Achraf, encore moins. Je sèche mes larmes pour me calmer une bonne fois pour toute. Je distinguais de mieux en mieux la scène à l'allure violente, que je décidai de stopper. 

Moi :_ AMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIR ! LAACHES LE ! TU VA LE TUER AMIIIIR !

Amir :_ Jm'en bat les couilles, c'est pas une grosse perte ! 

Moi :_ NOOOON, LACHES LE AMIR S'IL TE PLAIT, LACHE LEE ! 

Comme Amir lui avait promit, après avoir cogner la tête d'Achraf a multiple reprises au sol. Il revint, lui laissant dans sa flaque de sang avec tout juste assez de force pour se relever. 

« TOI, SI J'TE L'FAIS PAS REGRETTER, JM'APPEL PLUS ACHRAF ****** ! » Criait Achraf tandis qu'Amir serein se dirigeait déjà vers sa voiture. 

***

Je suis dans mon lit, je fixe le plafond. Je repense a ce qui vient de ce passer. Il est blanc mon mur, blanc.. La couleur de la paix ? Et pourtant mon coeur est rouge, rouge comme la couleur du sang, mon coeur saigne, mon coeur pleurs, mon coeur verse des larmes de cette couleur, cette couleur qui signifie la mort... Achraf m'a laissé, Sofiane m'a blessé, et ma mère délaisser.

Le lendemain, à 21h07. 

Manya :_ Je vais ouvrir.

Toute façon, elle n'avait pas vraiment le choix. J'étais trop occupée à zapper les chaines toutes les plus inintéressantes que les autres, pour prendre la peine de le faire. Qui pouvait bien venir à la maison cette heure ? Ou venir tout court, même ?... Je sais pas, et je m'en fiche. Ouais, a partir de maintenant c'est fini. A quoi bon de se préoccuper autant des gens qui nous ont au finale, tous, blesser ?... A rien. Achraf, Sofiane, chacune membre de ma bande, toutes les personnes que je croisais dans la rue, et même mes parents. Aux êtres les plus proches, jusqu'au inconnus, c'est exactement ce qu'ils avaient fait depuis le début... Me faire du mal. Alors pourquoi devrais-je me soucier d'eux ? Et puis c'est qui ca qui se met devant moi alors que je regarde la télé ? Jean bleu accompagner des baskets blanches...

Moi :_ Oh Manya pousse toi la ! Et va ouvrir steuplait !

Manya paniquée, en chuchotant :_ Nan mais Alisha, c'est le gars qui a le sida !

« Le gars qui a le sida » ? Amir ? C'est fou, les délires d'Ihlem me remontaient le moral même quand elle n'était pas la. Une journée passée loin d'elle que sa folie me manquait déjà. Mais qu'est ce qu'il fait la, lui ?

Moi :_ Nan mais va ouvrir Manya. 

Un petit rire surpassa pendant quelques instants mon humeur agressif. Mais la phrase suivante de Manya, m'avait aussitôt refroidi. 

Manya :_ Nan, vas-y toi s'il te plait ! J'ai peur de lui maintenant

Moi :_ Putain, t'es chiante !

Je traverse le couloir qui m'avait paru plus long que d'habitude, tout comme les secondes passées aujourd'hui, durant tel des heures. J'arrive à la porte et je l'ouvre. Il est là, en face de moi, comme toujours, il sent bon.

Amir :_ Tiens, t'avais oublier ton phone dans la voiture. 

Me dit-il en me tendant un blackberry identique au mien, mais qui n'était pas le mien puisque celui-ci se trouvait dans ma poche.

Moi :_ Merci mais il est pas à moi.

Amir :_ ou c'lui d'ta pote ?

Je prend le téléphone en question pour l'examiner et reconnais au fond d'écran que c'était bel et bien celui de Sirine.

Moi :_ Merci ! C'est celui de ma copine.

Amir :_ Ah ouais, et il y a Ihlem elle m'a dit d'te dire de l'ajouter sur facebook parce qu'elle a plus d'phone pour t'appeler. Ihlem Tounes, avec deux S à la fin.

Moi :_ J'ai pas facebook... Mais tu sais l'heure vers la quelle Sofiane il sort de chez lui pour que je puisse passer la voir ? 

Amir :_ Sofiane il sort que la nuit. 

Un iPhone dans la main, apparemment la personne au bout du fil avait l'air de le préoccuper plus qu'autre chose. C'est en regardant son écran qu'il m'adressait la parole, depuis le début.

Moi :_ Ah putain...

Amir :_ Ihlem elle demande si tu peux venir maintenant, Sofiane il va bientôt bouger.

Je cherchais par quel moyen de communication elle avait bien pu lui transmettre ce message, étant donner qu'il se trouvait au seuil de chez moi et elle, chez elle, sans téléphone.

Amir :_ Bah tiens, stu veux lui parler. 

Un 4s ouvert sur Facebook, plus précisément sur une conversation avec « Ihlem Touness ». Ah, c'est donc par cet intermédiaire qu'ils étaient spontanément en connexion. Mais, oui ! Finalement Facebook, c'est bien pratique. Je prend son téléphone, dirigé vers moi, en main. 

Moi :_ Vas-y, rentre en attendant. 

Amir :_ Nan, à l'aise. Tranquille.

Je me presse sur ces touches afin de le faire attendre le moins possible.

« Moi :_ Salut, cst Alisha. Amir il m'a passer son phone pr tparler

Ihlem :_ Salutation camarade

Moi :_ Mddr tg. T'es sur jpx venir a cette heure ? Ca dérangera pas tata ? Et tu sais Sofiane il revient qd ?

Avec Ihlem, les insultes avaient remplacé les « Je t'aime ». Plus on s'insulte, plus ça montre qu'on s'aime. 

Ihlem :_ C mm ma mère qui ma demander de t'dire de venir. Jlui ai raconter ski c passer elle c vénèr sur Sofiane alors vieeent connasse. Amir il va t'accom... »

Une autre fenêtre d'une certaine Anissa, mettant en avant un long discours, s'était ouverte, m'empêchant de lire la fin du message. Je devinais le mot suivant : « t'accompagner ». Bref, pas grave, je rend le téléphone à Amir et lui informe du nouveau message. Le temps qu'il le lise et lui réponde, il fallait absolument trouver une manière convaincante de me laisser y aller seule. Il le ferait par devoir, non pas par envie, comme ça dernière fois, j'en suis sur ! Dehors, malgré l'heure tardive, la lumière du jour éclairait encore assez, j’espérais que cela suffirait pour le convaincre car c'était la seule chose que me venait en tête.

Amir :_ Vas-y, on y va.

Moi :_ Nan vas-y toi, j'irais plus tard !
Amir :_ Ok bah j'viens t'chercher a quelle heure ?

Moi :_ Mais nan c'est bon, il fait encore jour, j'irais toute seule !

Amir :_ Nan c'est mort, jt'accompagne ! Vas-y on bouge. 

Moi :_ Mais nan Amir, c'est boooon ! 

Face à mes protestations, il se mit quand même derrière moi pour me pousser vers la sortie. Et nous voilà entrain de nous approcher de sa clio. Contrairement a avant, les voitures n'étaient plus mes amies. Malgré que je me débrouillais avec mes béquilles, l'impression d'être dépendante me perturbait. Je détestais que l'on m'aide, ne serait-ce que pour mettre mon fauteuil dans le coffre. 

Amir, m'ouvrant la portière avant :_ Vas-y monte !

Moi :_ Nan Amir, j'vais y aller t'inquiètes ! En plus j'aime pas les voitures ! 

Amir :_ Jm'en fou ! Aller ! 

Je le savais, je finirais par l'énerver ! Mais pourquoi ne me laissait-il tout simplement pas y aller ? 
Après avoir mit le BlackBerry de Sirine dans ma poche, je prend mes béquilles des mains d'Amir, et monte dans la voiture avant de l’agacer encore plus. Sur la route, je m'occupe en envoyant un SMS à Manya pour pas qu'elle s’inquiète ensuite, alors que le téléphone de Sirine ne cessait de vibrer, je le déverrouille pour remarquer, comme je m'y attendais, un paquet de message et d'appel. Je parcours sa boite de réception sans les ouvrir. Les expéditeurs étaient la plupart tous des personnes de sa classe ou du quartier aux messages inutiles. Sauf un, qui se démarquait des autres. Un numéro non-enregistrer qui avait comme début de message « Jt'avais prévenu, ta voulu jouer ac m... », je décide de l'ouvrir mais au même moment la voiture de stoppa. J'en déduis que nous sommes arrivé, je range donc les portables dans mes poches et me prépare a descendre. 

Amir :_ On attend la, Sofiane il est pas encore sortit. 

Je regarde autour et découvre au loin l'endroit du drame produit avec Sirine puis soudain le retro attire mon intention. Ils s'approchent dangereusement....... 

Moi :_ Amir ! 

J'ai essayer d'alerter Amir qui a la tête baissée sur son téléphone mais trop tard.

Ma vue s'attire vers le rétro ; batte ou barre de fer en main, ils sont 4 ou 5. Aux regards mesquins et sourires sadiques, ils s'approchent de la clio. Horrifiée, je tente d'avertir Amir, lui, attentionné que par son téléphone, mais trop tard. Ils s'acharnèrent sur la voiture faisant éclater les vitres. Les sourires obscènes se transformèrent en de la haine exprimé à travers leurs gestes. Les bout de verres volaient de chaque sens et aussitôt la main d'Amir de posa sur ma nuque, me repliant de force sur mes jambes. Je ne distinguais donc plus la scène mais concevait leurs paroles de plus en plus fort pénétrant par le vitrage cassé. 

« COMMENT CA TU FAIS L'CHAUD BATARD ? ON VA T'MONTER EN L'AIR MAINTENANT ! » 

La portière côté conducteur s'ouvrit et se ferma dans la seconde. Réflexe d'automatisme, je me relève et perçoit Amir devant la voiture face a ces hommes. La peur gagnait son esprit, a m'en glacer le sang, a m'en couper le souffle, a m'en pétrifier le cœur. Il prit l'un d'eux pour le plaquer sur le capot, de suite un autre gars sauta sur Amir afin de dégager leur équipier de son emprise mais en vain. Un troisième suivie le mouvement accompagner de sa barre qu'il éclata sur la tête d'Amir. Il lâcha prise et tomba à terre. « AAAAAAAAAAAAMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIR » ma voix s’affaiblissait, la peur gagnait son esprit, a m'en glacer le sang, a m'en couper le souffle, a m'en pétrifier le cœur. Je réalisais, et s'il mourrait sur le coup ? Sous mes yeux, le sang d'Amir recouvrait de plus en plus de terrain, sous mes yeux se trouvait le corps ensanglanté d'Amir sur le quel des hommes se défoulaient de toutes leur forces, sous mes yeux déroulait peut être le meurtre d'Amir... Il fallait que je fasse quelque chose et vite ! J'attrape l'iPhone d'Amir pour alerter Ihlem. Elle, elle saurait quoi faire ! Le téléphone poser sur le siège conducteur, était déjà ouvert sur l'application Facebook mais pas sur la bonne fenêtre, avec mes mains tremblante, je mis longtemps avant de trouver comment envoyer un message a Ihlem, puis je trouvai enfin :

« Moi :_ Ihlem y a embrouille, Amir il est mêler contre une bande
FT QLQ CHOSE VITE !

Ihlem :_ HEIN ??? OUUU ???? 

Moi :_ Derrière ton bâtiment au bout dla rue »

Ces deux phrases avaient réussit a la faire démarrer en un quart de tour, elle fut sur place accompagnée d'une équipe plus nombreuse que l'adverse, dans la minute qui suivait. Certains séparaient, un autre tentait de calmer Ihlem, et deux autres étaient venus m'ouvrir la porte pensant que j'étais blessée ou coincée mais s'ils savaient que les séquelles dataient d'un accident d'avant...

Gars 1 :_ Vas-y sors, t'es pas blessée ? Ça va ?

Gars 2 :_ Meskine, t'es en béquilles ? Attend laisse la khoya. 

Moi, ma vue était encore fixée sur la scène de bagarre. Le sol reposait Amir, inerte, dans une marrée sanguinaire. Pendant les secondes qui défilaient, il fut embarquer par le SAMU... 

Gars 1 :_ Ah ouais j'avais pas vu. Oh la miss ? Wesh ça va ou quoi ?

Gars 2 :_ Eh Ihlem ? C'est qui elle ? 

La force demander pour leur expliquer mon problème, me dépassait. Le fait d'assister a une scène pareil m'avait intérieurement achever, il fallait que je sorte de cette voiture, il fallait que je m'en remette, que je débloque mon regard de cette flaque rouge, il fallait que je reprenne une respiration régulière. 
Heureusement qu'Ihlem maîtrisa par la suite la situation. 

Ihlem :_ Asi bougez d'la. Dit-elle en s'approchant de la voiture. Ça va ?

Voix cassée, un mélange de tristesse et de colère se lisait sur son visage, Je remuai la tête en guise d'un « oui » en prenant une grande bouffée d'air. Le fait d'entendre une voix connaissable auprès de moi, je me rassurait mais me fit par la même occasion monter les larmes aux yeux. 

Moi :_ Tu peux m'ramener mon fauteuil steplait ?

Ihlem :_ Ouais il est ou ?

Moi :_ Dans le coffre 

Je me posai enfin dans mon fauteuil, regagnant ma liberté et ainsi un état a peu près normal.

Les gars :_ Bah tu sais parler, fallait nous le dire nan ? 

Racontez leur les reproches que je recevait a cause de mon fauteuil, a chaque fois que je sortais dans la rue. Dites leur, le nombre de regards remplies de tristesse aux quelles j'avais affaire tout les jours a cause de mon fauteuil. 

***

[…]

Ihlem :_ Amir **********

La secrétaire :_ Au bout du couloir a droite, la chambre 14.

Ihlem :_ Merci.

Nous longeâmes le couloir, arrivés au niveau de la chambre, je reconnais sa maman par la couleur similaire de leur yeux, sa maman, anéantie, les larmes coulant a flot. Quelques gars de la cité, assit a même le sol, d'autres réconfortant ses parents. Sofiane, malgré les tensions entre lui et Amir, il était la, lui aussi avec une mine affligée. 

Ihlem, s'approchant de son frère :_ So' y a quoi ? 

Il relève sa tête, ses yeux brillant et cette ambiance de tristesse m'envahit moi aussi. 

Sofiane :_ …..........................................

***

Chronique d'Alisha : un compte tragique.Lisez cette histoire GRATUITEMENT !