8.Ezra♠/Adam♠

Depuis le début
                                              

« oui » sec et sans appel. Question bateau à laquelle je savais qu'elle ne répondrait pas. Pourtant, tandis qu'elle prononçait cet unique mot je cru voir son regard se dérober un instant, son masque de fer tomber légèrement pour afficher un tout autre message un « non, non je ne vais pas bien. Rien ne va. ». Mais bien vite elle redevint stoïque, une expression indéchiffrable sur la figure. Sans que j'ai réfléchi auparavant à quoi dire, une nouvelle question s'échappe de mes lèvres :

- Pourquoi tu n'étais pas là ?

Et à ce moment, la seule chose que je veux faire c'est me frapper. Parce que premièrement je sais pertinemment qu'elle ne me répondra pas et, secondement, je n'ai pas le droit de la forcer ainsi à me parler alors qu'elle n'en a explicitement pas envie.

- Et toi, pourquoi tu es là ?

Sa question m'assène une gifle à laquelle je ne m'attendais pas, rajoutant de la tension dans l'atmosphère. Crispé, je descends mon sac de mon épaule pour en sortir des feuilles que je lui tends, sans la quitter des yeux :

- Je t'es ramener les cours et les devoirs.

Elle me dévisage, se demandant surement si je suis sérieux ou si je viens ici pour faire un canular, elle ne doit pas être habituée à ce genre d'attentions. Elle me les prend et va les poser sur son bureau. Se retournant les mains dans les poches, elle s'y appuie et me montre son lit d'un signe de tête, m'invitant à m'y asseoir.

Elle pris un paquet de Marlboro qui était sur sont bureau , sortis une cigarette, la coinçais entre ses lèvres puis l'allume et elle me lance :

- Alors, pourquoi tu es venu ?

Sa question sonne comme une accusation.

- Je te l'ai dit : pour les devoirs.

Elle pris une grande et longue bouffée, appréciant sa cigarette .

- Alors je vais faire comme si je te croyais.

- Une fille comme toi fume?

-Chacun ses faiblesses.

-Tu m'avez l'air bien forte pourtant.

-On ne peut résister à tout.

Et elle laisse le silence se réinstaller tandis que les battements de mon cœur se font de moins en moins discrets. Je me sens transpirer sous mon sweat et la gêne me gagne. Son indifférence me laisse de marbre et le regret d'avoir posé les pieds ici s'insinue peu à peu en moi. Pour réussir à garder ma contenance face à elle et lui montrer que je suis capable de supporter le silence je me mets à détailler sa chambre : ses murs blanc, quelques papiers traînant çà et là au sol mais ni photos, ni posters sur les murs. Rien, vierges comme une page où tout reste à imprimer. Ou alors où on aurait tout effacé. Pourtant, à côté de son oreiller se trouve le détail contrastant avec le reste : une veille photo, légèrement abîmé, témoin de longues années passées auprès de sa propriétaire. Une des seules marques personnelles de cette chambre. Je l'entends bouger derrière moi et remarque qu'elle se déplace en effet pour rangé la photo hors de ma vue. Elle est en débardeurs c'est ainsi que j'observe la cicatrices imposante sur son épaule. Le désignant du doigt et brisant le silence par la même occasion,

je demande :

- Qu'est ce qui t'es arrivé?

- Rien. C'est pas ton problème . Dit t-elle avant d'enfilé un gilet

- Tu peux m'faire confiance j'ne dirais jamais rien.

- Je ne sais pas comment sais arrivé.

Et elle laisse le silence se réinstallé.

- Tu sais, je n'étais pas obligé de venir t'apporter les devoirs. Je pense que tu pourrais me témoigner un peu de gratitude et être un peu plus bavarde avec moi.

Je m'en veux de lui faire un tel reproche de but en blanc mais son refus de me parler et son petit jeu commencent à m'agacer, j'aimerais qu'elle m'accorde un peu plus d'intérêt

-Trois ans que je suis dans ta classe et c'est seulement maintenant que tu veux me parler ? bizarre non ?

Elle marque un point , je ne sais plus sur quel pied danser.

- Soi pas si agressive.

Elle rit avant de prendre une nouvelle bouffé de sa clope et d'ouvrir sa fenêtre.

- Bon tu devrais t'en aller. c'est très gentil de ta part d'avoir pris la peine de te déplacer jusqu'à chez moi pour me rapporter les cours. Je t'en suis vraiment reconnaissante.

Son ton avait sonné tranchant et neutre mais malgré son double jeu, je devine qu'elle ment. Et je devine également que la vérité sur cette cicatrices est surement plus effrayante.

- Bien, alors je vais y aller. J'espère que tu arriveras à me relire.

Puis je sors de sa chambre sans même attendre qu'elle n'aille m'ouvrir la porte, attention de sa part que je n'aurais pu prédire avec assurance.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant