Chapitre 6

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Léna n'avait réussi à trouver le sommeil que tard dans la nuit. Elle n'avait quasiment rien mangé et n'avait pas faim. Tout ce qu'elle voulait était revoir Ada qui était partie sous forme de louve juste avant la fin des cours. Elle n'était pas réapparut depuis. La blonde avait veillé à la fenêtre de sa chambre une bonne partie de la nuit, espérant apercevoir une louve grise revenant du chemin de balade.

Il n'y avait eu aucuns mouvements indiquant la présence d'un animal. Pas une feuille ne bougea.

La fatigue avait vite rattrapée Léna qui avait finalement rejoint son lit et s'était endormie avec Ada en tête.

-Tu n'as pas à partir, pleurait Léna. S'il te plaît ne pars pas, Ada. Je t'en supplie ! Reste ici, avec moi.

La blonde pleurait à chaudes larmes.  Le Brouillard qui avait recouvert la totalité de la planète avait disparu. Des gens avaient subis des changements. Elle l'avait vu sur les réseaux sociaux. Le matin-même, toutes les télévisions du lycée avaient été allumées pour que tous les élèves assiste au discours du président du gouvernement central.

"Le gaz relâché par le scientifique Arkan provoque des changements chez certains individus sensibles. N'ayant pas d'informations précises sur les effets engendrés par ce gaz, nous demandons à la population de signaler toutes personnes présentant des signes prouvant l'atteinte par le gaz. Ces personnes présentent des maux de tête intenses, une agressivité plus forte qu'à l'habitude et surtout des changements physiques au niveau des mains, des dents et parfois du visage. Les personnes atteintes sont priées de se diriger calmement vers un centre de force de l'ordre le plus rapidement possible, ou si leur état le leur permet, de se diriger en voiture ou à pied, vers le territoire mit à leur disposition. Je demande à la population de ne pas céder à la panique. Tous nos scientifiques travaillent sur un remède.

La nation forte."

Le discours du président avait été rapidement pris en compte par les professeurs et surveillants du lycée qui avaient demandés à plusieurs personnes de faire leurs valises et de partir vers le territoire attribué aux personnes atteintes par le gaz.

Dans ces personnes se trouvait la personne que Léna aimait : Ada. Cette brune aux yeux bleu arctique avait réussi à faire chavirer son coeur. Elles ne s'étaient mis officiellement en couple que depuis deux mois, même si leur jeu de séduction durait depuis plus de six mois.

Léna avait donc courut à la chambre de sa copine, qui avait déjà commencé à faire sa valise. Un surveillant se trouvait devant la porte et semblait prêt à virer Ada de sa chambre à grands coups de pied dans le cul.

-Ada, non ! Tu n'as pas eu de modifications physiques, tu n'as pas été atteinte par le gaz ! Non, non... tu ne peux pas partir. Non...

-Petit coeur, du calme, avait-elle dit en prenant le visage de Léna dans ses mains. Ce n'est rien. Et puis, tu oublie mes maux de tête et le fait que j'ai été irritable ces derniers jours.

-Non, non,non, répétait Léna sans cesse.

-Calme-toi petit coeur. Ça va aller, je te le promet ! Je t'enverrais de mes nouvelles quand je serais là-bas.

-Tu me le promets ? avait demandé Léna et regardant Ada dans les yeux.

-Promis, petit coeur.

Léna posa ses lèvres sur celles de la brune dans un baiser intense. Ada s'arracha difficilement aux lèvres de la belle blonde qui était devenue la personne la plus importante à ses yeux.

La brune se pencha pour ramasser son sac de sport où elle avait mis quelques affaires, puis parti dehors où le minibus du lycée allait les conduire, elle et cinq autres personnes au centre des forces de l'ordre de la ville.

Léna avait attendu des semaines pour avoir des nouvelles d'Ada, mais jamais elle n'avait envoyé de message pour la rassurer. La blonde avait été en colère contre Ada pendant très longtemps. Elle lui en voulait de ne pas lui donner de ses nouvelles, de la laisser dans l'ignorance sur son état.

Elle avait réussi à passer au-delà de sa colère et de sa souffrance intérieure, seulement quelques semaines avant que le nouveau directeur annonce que des élèves du peuple Anomalies allaient arriver, accompagnés gardes Anomalies, et prendraient part aux cours dispensés par le lycée et seraient hébergés dans l'internat.

Le fait d'accueillir des élèves Anomalies n'avaient posé aucun soucis à Léna.

Tous les souvenirs étaient remontés à la surface le soir où elle avait revu Ada au pôle équestre du lycée. Depuis ce jour-là, tout ce qu'elle avait ressenti pour Ada l'avait frappée comme un coup de poing à la poitrine.

Les légers rayons du soleil effleurant le visage de Léna, la firent se réveiller. La blonde prit son téléphone pour connaître l'heure. Sept heures et demie. Les cours commençaient dans une heure, mais ses pensées étaient tournées vers autre chose.

Ne pouvant rien faire qu'attendre, Léna se leva, alla se laver dans les douches communes, puis s'habilla et parti déjeuner dans le grand self du lycée.

Elle était en train de manger ses céréales soufflés quand une voix derrière elle la fit sursauter.

-Bonjour, petit coeur.

Toussant après avoir avalé de travers un de ses céréales, Léna regarda la brune aux yeux bleu qui avait hanté sa nuit, s'asseoir à côté d'elle.

Le soulagement de la voir s'empara de tout l'être de Léna qui se jeta dans les bras d'Ada, qui sembla surprise de son geste. Cependant, elle l'accepta et lui rendit son étreinte. La blonde savait que les gens présents dans le self les regardaient mais elle était trop heureuse de voir qu'Ada allait bien pour s'en préoccuper.

Lâchant enfin la louve, Léna lui donna une tape sur l'épaule.

-Tu étais passée où ? dit-elle d'une voix qu'elle voulut contrariée mais qui était empreinte de soulagement.

-Pas loin, petit coeur. Juste assez près pour t'observer, répondit Ada avec un sourire.

Le téléphone de la brune vibra les coupant dans leur conversation.

-Il faut que j'y aille petit coeur.

-Oublie pas qu'il faut qu'on parle, Ada. Essaye même pas de te défiler parce que cette fois je te traquerais peu importe où tu iras.

Léna venait de menacer une louve. Peut-être pas la meilleure chose à faire.

Laissant apparaître ses yeux vert de louve, Ada lui sourit.

-Je serais toute à toi ce soir, petit coeur.

Dit de cette façon, l'esprit de Léna parti dans des scénarios tous plus improbables les uns que les autres. Mais des scénarios qu'elle souhaitait vraiment voir se réaliser et qui lui donnaient vraiment chaud.

La soirée s'annonce chaude, pensa Léna en regarda la brune sortir du self.

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