Chapitre 3

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L'imbécile qui l'avait traitée de "monstre", rigolait avec ses amis postés derrière lui.

Ada avait réussi à reprendre un peu de contrôle sur sa louve mais si l'imbécile continuait de la provoquer en l'insultant, cela ne durerait pas.

-Je suis pas sûre de savoir de qui tu parles, dit Ada à l'imbécile.

-Je parles de toi, sale monstre ! cracha t-il.

Ses amis rigolèrent de l'insulte. La louve d'Ada n'était pas aussi amusée que ça, mais elle voyait en l'imbécile un petit combat amusant.

-Tu n'as pas ta place ici, le monstre. Ni toi, ni tes amis monstrueux ! lança l'imbécile.

-Comment tu t'appelle toi ? demanda Ada.

-Jacob. Et c'est le nom que tu vas retenir quand je t'aurais éclaté la gueule !

Un sourire féroce se dessina sur les lèvres d'Ada. Dans ses yeux luisait quelque chose de dangereux, un avertissement que l'imbécile ne prit pas en compte.

Jacob fit craquer ses doigts et s'avança dangereusement d'Ada. Elle voyait bien ce qu'il voulait faire, mais elle devait au moins le prévenir de ce qui l'attendait en cas d'attaque.

-Avant que tu essaie de me mettre un coup, je tiens à te mettre au courant de ce qui t'attends si tu lance ton poing vers moi.

-Je m'en contre fiche de ce que je risque ! Mon père est flic, il me protégera.

-Pas contre moi, grogna Ada dans un grognement terrifiant.

Jacob lança son poing en direction du visage de la jeune femme, qui l'esquiva en toute simplicité. Le jeune homme failli perdre l'équilibre quand son poing ne rencontra que le vide. Son regard passa de la colère à la rage. Les humains ont-ils vraiment un instinct de survie ? se demanda la jeune femme à elle-même.

Le jeune homme lança une nouvelle attaque. Il s'élança vers elle, voulant probablement lui faire un plaquage pour l'immobiliser au sol. Ada n'eut qu'à se décaler sur le côté au bon moment et à le pousser très légèrement du revers de la main pour lui faire perdre l'équilibre et le regarder s'étaler de tout son long sur le sol. Jacob se releva en soufflant comme un bœuf. La rage transpirait de ses pores.

Le jeune homme continua de lui lancer des attaques et Ada continua à les esquiver tout en rigolant. Cela dura au moins cinq bonnes minutes. Puis la voix d'Alec attira son attention.

-Finit le combat, Ada. Arrête de jouer, on a d'autres choses à faire.

-J'ai le droit de m'amuser, Alec ! gronda la jeune femme. Et puis c'est lui qui l'a cherché. J'ai entièrement le droit de riposter comme je le souhaite.

Alec allait insister quand il comprit que ça ne servirait à rien de le faire. Après tout, Ada était plus dominante que lui et d'après la loi, elle avait effectivement le droit de riposter face à ces attaques. Il avait observé le combat de loin et il avait trouvé très drôle de voir l'humain essayer d'atteindre Ada. La jeune femme était bien trop rapide pour lui et avec l'entraînement militaire qu'elle avait reçu, il aurait été étonnant qu'il puisse toucher ne serait-ce qu'un de ses cheveux.

Alors que la jeune femme allait à nouveau se concentrer sur son combat, une personne émergeant à côté d'Alec retint toute son attention. Alec mit du temps avant de comprendre de qui il s'agissait : Léna.

Voyant l'adversaire d'Ada se rapprocher rapidement, il fit un petit signe pour le lui faire comprendre. Ada se tourna au moment même où Jacob envoyait son poing en direction de la tête de la jeune femme. Elle le reçu de plein fouet mais ne broncha pas et resta debout.

Les yeux de la jeune femme avaient retrouvés leur bleu habituel. Ada avait complètement reprit le dessus sur sa louve.

-Assez de me battre, souffla t-elle.

Jacob allait lui envoyer un autre coup de poing en plein visage, quand Ada arrêta son bras en plein élan et lui mit un coup de tête qui le terrassa. Étendu au sol, Jacob tenait son nez qui s'était mit à saigner. Ada se baissa pour lui murmurer quelques mots que seul Jacob pourrait entendre.

-Ne t'approche plus, ni de moi, ni des miens. La prochaine fois, je ne perdrais pas mon temps avec un imbécile de ton genre. Tu es prévenu l'ami. Tu feras le bon choix la prochaine fois qu'on se croisera.

Elle lui tapota l'épaule puis se leva et prit la direction des portes menant à l'extérieur. La foule se fendit en deux lorsqu'elle passa. Alec la suivait de près, souhaitant s'assurer que son amie allait bien.

Lorsqu'elle s'arrêta, ils étaient tous les deux au milieu du champs des chevaux, près du portail d'entrée du lycée.

-Je suis le monstre dont il parle, Alec !

-Qu'est-ce que tu me raconte là ? Tu débloque ou quoi ? Tu n'es en rien un monstre ! Tu n'as fais que te défendre face à un agresseur.

-Je n'ai rien fais pour empêcher le combat. J'aurais dû tout faire pour éviter ce conflit. Et je n'en ai rien fait. 

-Et tu penses être un monstre parce que tu n'as rien fais pour empêcher le conflit ? s'étonna Alec.

Jamais il ne l'avait vu aussi perturbée après un combat. Jamais elle n'avait émit le moindre regret après s'être battue. Mais là... Il ne comprenait pas.

-J'ai vu dans ses yeux, Alec. Elle aussi me voit comme un monstre. Rien qu'en la quittant, je suis devenue le monstre qui peuple ses cauchemars.

Voilà la raison de son comportement : la présence de Léna. Alec ne lui avait pas beaucoup porté d'attention, mais de ce qu'il avait vu, un si petit bout de femme ne pouvait pas avoir autant d'emprise sur Ada, la combattante la plus féroce qu'il connaisse.

-Ecoute-moi attentivement Ada, parce que je ne le dirais qu'une seule fois. Tu n'es pas un monstre ! Tu es comme moi, comme Klara et Damian. Aucun de nous n'est un monstre, tu m'entends. Nous sommes des prédateurs, ça c'est sûr. Mais tous les prédateurs ne sont pas des monstres. Et même si nous étions des monstres, tous les montres ne font pas des choses monstrueuses. Tu n'es pas un monstre, Princesse !

Le regard d'Ada se fixa dans le sien.

-Tu n'es pas un monstre, Ada, finit Alec.

La jeune femme sembla convaincue par le discours de son ami. Il avait décidément le don de lui remonter le moral et lui donner niaque.

-Merci, crétin.

Voyant qu'elle avait retrouvé son sens de l'humour Alec éclata de rire avec Ada. Un des chevaux présent dans le champ s'approcha de la jeune femme, la renifla rapidement et commença à lui lécher la main.

-Salut, garçon, fit-elle en caressant la tête de l'équidé.

Une heure plus tard, les deux amis étaient entourés des gardes présents pour la mission et ils parlèrent des moyens qu'ils pourraient déployer pour protéger au mieux ce lycée.

Les choses s'annonçaient plus compliquées que prévues.

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