6.Ezra♠

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"Ah mais c'est la vie" expression que beaucoup disent pour justifier les soucis, les difficultés, les chagrins. Non ce n'est pas en se disant ça que cela soulage la douleur. Aucune souffrance ne devrait être banalisée."

Le téléphone sonne.
Je me traine au salon.

C'est l'hôpital.
Ma grand-mère revient demain.
Je raccroche.

Rien ne sera plus pareil. Elle passera la plupart de son temps couchée dans son lit. Je ne pourrai plus soutenir son regard, elle ne pourra plus soutenir ma présence. La maison sera endeuillée. Je monte à l'étage et me dirige dans ma salle de bain afin d'ouvrir le robinet de la baignoire. Je la laisse se remplir tandis que je me déshabille, dos au miroir.

J'entre nue dans l'eau chaude.Rejetant la tête en arrière, je ferme les yeux avec force et m'oblige à contrôler ma respiration. Inspire, expire, inspire, expire. Bientôt mon corps se détend finalement. Je laisse alors mon esprit dériver et me lave dans des gestes automatiques, sans prendre garde à ce que je fais. Lorsque je retrouve mes esprits je suis à nouveau allongée sur mon lit, le regard dans le vide. Bien vite mon ventre me reproche de ne pas lui avoir accordé beaucoup d'importance ces derniers temps, mais je le fais taire en pressant mes paumes dessus. Rien que de penser à la nourriture me donne des nausées. Pour me changer les idées, je me dirige vers mon bureau et m'installe devant et saisie mon carnet ou survole mes texte. Après avoir écrit quelques lignes, je rabats mon PC et retourne m'affaler sur mon lit. Le lendemain lorsque ma grand-mère est rentrée en ambulance,accompagnée d'infirmiers, je m'étais efforcée d'écouter leurs instructions, restant stoïque devant eux. Mais dès qu'ils furent reparti elle m'avait prise dans ses bras et m'avait murmuré à l'oreille :
« Je suis rentrée ma chérie » ; et alors les larmes avaient menacé de couler et je m'étais efforcée de les ravaler. Je n'avais pas décelé d'amertume dans sa voix, juste de l'amour. Pourquoi ne peut-elle pas voir la réalité en face ? Elle aurait dû m'ignorer, me faire souffrir pour se venger, ne jamais me le pardonner. Mais son sourire est toujours là et il m'irrite. Alors, ne tenant plus j'étais montée à ma chambre. Elle en avait fait de même.

Et maintenant, le silence.

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant