2.Adam

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J'ai jamais cru à l'amour. Les gens disent que c'est parce que j'ai jamais été amoureux, parce que j'ai jamais su ce que ça faisait d'avoir des papillons dans le bide. C'est des conneries. J'ai pas besoin de tomber amoureux pour comprendre que l'amour, c'est de la merde, et pas qu'un peu. Alors d'accord, c'est vrai que je sais pas ce que c'est parce que je fais sûrement pas partie des gens qui tombent amoureux, moi je me classe plutôt dans la catégorie des célibataires endurcis qui collectionne les relations éphémère. L'amour ça rend niais, avec des petits mots mielleux à vomir, je déteste ça. Je veux jamais tomber amoureux. De toute façon je me le suis juré, je finirais pas comme tous ces cons qui y ont cru, à l'amour, à cette merde qui te prends aux tripes et qui te fais chialer toutes les nuits dans ton oreiller pour telle ou telle raison. Moi, ça m'arrivera pas, j'en ai pas envie. Et puis comme on dit, vaut mieux être seul que mal accompagné, alors comme de toute façon dans ce monde de taré, je serais jamais bien accompagné, je tomberais pas amoureux. Y a que des cons ici. Que des débiles niaiseux qui disent que l'amour c'est beau, c'est rose, c'est joli, ça rend heureux. Allez vous faire foutre. Je laisserais jamais un seul gramme de sentiment s'approcher de moi. - ADAM



C'était un simple midi aussi banal que tous les autres. Un simple midi où rien n'aurait dû être différent. Je mangeais à ma table habituelle, le même repas répugnant qu'on nous servait chaque semaine le lundi.

Je suis un mec assez populaire. Enfin, je crois. Disons que je n'ai pas de meilleurs amis et je n'en ai jamais eu. Et d'ailleurs, je ne veux jamais en avoir. Il n'y a rien de plus hypocrite. Moi, tout ce que j'ai, c'est beaucoup de connaissances de droite à gauche et je m'en sors très bien comme ça.

J'aime bien savoir que je peux compter sur tout mon entourage. Ça me plaît de sentir que je suis apprécié, et même si ce n'est pas par tout le monde. J'aime que les gens parlent de moi. C'est dans mon caractère mais ça ne fait pas de moi une personne narcissique, loin de là. Et puis, je suppose que je n'ai pas un mauvais fond.

Et ce midi-là, donc, nous étions tous assis autour d'une longue table et nous rigolions. Ensemble. On était bien, au chaud, à déconner pour rien et à rire fort.

Je me rappelle que nous étions assez nombreux autour de la table, un peu plus que d'habitude. Et puis, comme c'est le début de l'hiver, on n'avait tout bêtement pas envie de sortir dehors affronter le froid.

Et puis, c'est arrivé. Comme ça, sans prévenir, sans crier gare. On a entendu un cri derrière nous, ce cri, il a résonné dans tout le lycée, très fort et très loin. Et il a été suivi de verre brisé en mille morceaux. Puis d'un long silence.

Je me suis retourné brusquement. Tellement vite d'ailleurs que, moi aussi, j'ai manqué de renverser mon plateau.

Et c'était cette fille.La fille de l'immeuble d'en face. Elle était tombé par terre et tout son plateau s'était répandu à même le sol. Son assiette n'était plus qu'éclats de verre, sa nourriture était éparpillée sur le carrelage, et l'eau avait formée une petite flaque.

Les gens riaient tout autour d'elle. Bon. C'est vrai qu'elle est bizarre, qu'elle ne parle à personne, qu'elle aime bien être seul, et surtout, surtout, qu'on la surnomme la "psycho-dépressive" va savoir pourquoi?

C'est plein de bonnes raisons pour ne pas se lever et aller l'aider à ramasser son plateau.

Il faut dire aussi, qu'elle mange seul à tous les repas, silencieuse et renfermé sur elle-même. Et ça suffit aux autres. Personne ne cherche à savoir ni à comprendre parce qu'après tout, c'est juste un souffre-douleur, un passe-temps, un objet pour passer ses nerfs.

Eh bien, pas pour moi. J'ai l'impression de la connaître, plus que quiconque ici. Et c'est sûrement le cas. Sans n'avoir jamais entendu le son de sa voix, je me sens proche d'elle. Parce que nous habitons l'un en face de l'autre, que je la vois partir tous les matins, que je connais plus de choses sur elle que n'importe qui dans ce lycée et que son visage m'est familier...

C'est pour ça que je me suis levé pour venir l'aider. Et j'ai croisé son regard, ses yeux, ses grands yeux noir incompréhensifs me fixer.Ses lèvres rose, un peu gercée. Elle mord sa lèvre inférieure,son air de me dire qu'elle avait envie de disparaître sous terre.

Je prends mon temps pour l'observer rien que pour la voir plus longtemps.Je remonte par son nez, son visage délicat, semblable à celui d'une poupée en porcelaine.Cette fille est dotée d'une beauté étrange et fascinante.. j'm'arrête à nouveau sur ses grand yeux noir.Un noir sombre mais pas insignifiant, un noir profond, déstabilisant, incompréhensifs , du genre à vous faire perdre vos mots en vous plongeant dedans.

Ses grands yeux me fixe. Ils étaient si beaux, que j'en restais bouche bée. On pouvait y déceler une immense peine. Je ne sais pas ce qu'à vécu cette fille, mais dans tous les cas, je pense qu'il n'y avait rien de joyeux.

Son visage était neutre, je n'arrivais pas à décrypter ce qu'elle ressentais à cet instant précis. Si elle ressentais de la honte, de peine? il m'était impossible de le savoir.

Et puis, soudain ses yeux se sont remplis de larmes lorsqu'elle a entendu les rires et vu les doigts tendus vers elle. Et ça m'a fait mal au cœur.

-Pourquoi tu fais ça ? Laisse-la, et reviens t'asseoir, Adam.Tu perds ton temps. Ça sert à rien. Me dit Lohan

Je me suis retourné vers un des mecs assis à la table, et je lui ai lancé mon regard le plus noir.

Pour deux raisons. La première étant que je déteste qu'on me dise ce que j'dois faire.

La deuxième étant que je ne perdais pas mon temps. Et que, si, par le plus grands des hasards, j'avais eu subitement l'envie de venir en aide à cette fille, ce n'était absolument pas pour qu'un gars aussi débile que lui se permette de me demander d'arrêter.

Lorsque j'ai eu enfin fini de balayer les éclats de verre au sol, la fille de l'immeuble d'en face était déjà reparti à une table au fond de la pièce. J'étais un peu déçu. Comme si j'avais espéré quelque chose de sa part, au moins un regard, un simple « merci », n'importe quoi. Comme si j'avais attendu un sourire, une étincelle dans ses yeux pour me montrer, me faire comprendre qu'elle allait bien et que je n'avais pas à m'en faire. Mais elle ne l'a pas fait. Elle a juste replongé le nez dans la nouvelle assiette neuve qu'on lui a servi. Et j'ai eu l'air bien con alors, je suis retourné finir mon repas.

Et je ne l'ai plus revu de la journée.

Je ne l'ai pas croisé au lycée le lendemain. Ni le jour suivant le lendemain. Ni le jour suivant le jour qui suivait le lendemain. En fait, je ne l'ai pas croisé pendant toute une semaine....

Juste entre amoureux |●TERMINÉELà où vivent les histoires. Découvrez maintenant