Chapitre Huit

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- File moi ton devoir d'histoire.

- Rêves.

Gabriel me fixe dans les yeux alors que moi je ne détourne pas une seule seconde le regard, bien déterminé à gagner ce combat tout comme lui.

- Si tu perds notre jeu, tu me passe ton devoir.

- Et si c'est toi qui perds, moi je gagne quoi ?

Le brun haussa un sourcil, toujours en me regardant alors qu'il croise ses bras sur son torse. Un petit sourire s'affiche sur mon visage alors qu'il semble réfléchir.
De toute manière il peut me sortir ce qu'il veut, je sais très bien que je ne vais pas gagner pour autant.
Parce que oui, c'est vraiment compliqué de soutenir son regard, c'est extrêmement perturbant.
Je peux pas me le cacher mais il a vraiment des beaux yeux ce sale con, il a une sacré belle gueule et ça m'énerve tellement.

Je suis persuadé qu'il le sait ce narcissique pervers.

Enfin bref, notre jeu est totalement idiot et puéril mais je crois que ça nous ressemble totalement. Gabriel s'apprête enfin à prendre la parole et je sens que comme à son habitude, ça va être une ânerie.

- T'as le droit de m'embrasser.

Je manque clairement de m'étouffer en entendant ses paroles et en plus de ça, je viens de détourner le regard par gêne.
Je le savais, je le savais que ça allait être n'importe quoi !
Mes joues sont légèrement rouge et Stanford est clairement en train de se foutre de ma gueule puisqu'il rigole comme un con.
Je lève alors les yeux au ciel tout en lui lançant un mauvais regard.

- Tu as perdu. Dit-il fièrement.

- C'est de ta faute, pourquoi je voudrais ça ? Espèce de gros tas de choses. Dis-je en soufflant.

Il hausse les épaules, un sourire triomphant sur le visage alors qu'il se lève du lit où il était pour se diriger vers mon bureau. Je l'observe faire, toujours en tentant de lui faire peur avec mon regard de tueur pas du tout crédible.

- Je savais que ça allait te déstabiliser.

Il tapote ma tête alors que je grimace tout en retirant sa main. Non mais, n'importe quoi celui-là.
Bon d'accord, en vrai ça m'a totalement déstabilisé mais ce n'est pas de ma faute.

Et si j'avais gagné, est-ce qu'il l'aurait réellement fait ?
Mais non on s'en fiche ! Arrête tes bêtises Maximilien.
Pense à la règle d'or Max, pense à la règle. Tu ne dois pas te laisser avoir par des paroles en l'air, par cette fouine de Gabriel.

- Et me regarde pas comme ça, tu ressemble juste à un chaton. Lâche-t-il en riant.

- Crétin.

- Passe moi ton devoir.

Je lâche un long soupir alors que je fouille dans ma pochette pour lui en sortir mon travail, sous le regard de Gabriel. Une fois que je l'ai trouvé, je lui tends sans même lui adresser un seul regard, mes joues légèrement gonflé par la frustration.
Je le sens qui attrape ma feuille puis une main se pose ensuite dans mes cheveux pour les ébouriffer gentiment.

- Merci Max.

- Ouais ouais, c'est ça. Et ne recopie pas mot par mot, je veux pas avoir une pénalité parce qu'on a le même devoir.

- Je sais, je suis pas bête.

- Si, justement...

Je lève la tête vers lui, alors que je croise de nouveau son regard. Ouah, j'ai l'impression d'être un vrai nain quand il est debout alors que moi je suis assis.
Il plisse ses yeux puis lâche un petit rire.

- Pardon ?

- Je t'excuse t'inquiète pas.

Il me lance un regard blasé mais je sais qu'en réalité il se retient de rire parce qu'il pince ses lèvres.
Il finit par lever les yeux au ciel puis pose sa main sur l'accoudoir de mon siège à roulette pour me tourner complètement face à lui.
Je fronce alors soudainement les sourcils sans comprendre ce qu'il manigance.

- Jeune Max, retire tout de suite ce que tu viens de dire.

- De quoi ? Dis-je en faisant l'ignorant.

- Que j'étais bête, idiot.

- Non, tu viens de dire que je l'étais aussi.

Sa main toujours posée sur l'accoudoir, Gabriel se penche un peu plus vers moi, toujours en me regardant alors que je sens mon cœur battre la chamade.
Quoi ? Mais qu'est-ce qu'il fabrique au juste ? Bon sang Max, reste calme. Tu ne dois pas te laisser avoir par ce gars.

- Je peux te poser une question ?

- C'est en rapport avec ça ?

- Pas vraiment non.

La voix de Stanford se fait un peu plus douce alors que j'avale ma salive, me demandant quel genre de question il veut me poser et pourquoi aussi soudainement.

Cependant, il semble hésiter puisqu'il détourne le regard quelques instants avant de le reporter sur moi. Cette situation est vraiment incompréhensible et ça c'est à cause de lui. Il a le don de me déstabiliser avec ses manières d'agir.

- Mon pote, tu veux toujours le voir ?

- Ton pote ? Dis-je sans comprendre.

- Tony.

- Pourquoi est-ce que je voudrais le voir ?

Gabriel semble remarquer mon air d'incompréhension alors il se met à froncer les sourcils en se reculant un peu.
Pourquoi il me parle soudainement de ce Tony ? J'en ai rien à faire de lui moi.
Mais je crois savoir, je suis sûr qu'il fait référence à l'autre fois lorsque je lui ai posé des questions sur lui pour Isabella.

- Il t'intéresse, non ?

- Absolument pas ! Dis-je aussitôt.

- Pourtant, la dernière fois on aurait dit.

- Mais au pire, qu'est ce ça peut te faire si il m'intéresse ?

- Je m'inquiète juste pour toi.

Gabriel se redresse complètement alors qu'il passe une main dans ses cheveux bruns en fixant le mur derrière moi.
Pourquoi est-ce qu'il s'inquiète pour moi, sérieusement ?
Je ne comprends plus rien.

- Pourquoi ?

- Il est pas attiré par les mecs, je veux pas que tu te fasses de faux espoirs.

C'est moi où il serait en train de vouloir me protéger une nouvelle fois ?
Je n'arrive pas à le cerner, on dirait qu'il s'inquiète vraiment pour moi mais en même temps, il ne fait sans cesse que me charrier...
Stanford est si compliqué à comprendre que ça me donne mal à la tête.

Est-ce que c'est vraiment de l'inquiétude ou juste pour avoir bonne conscience ?

- Je ne le suis pas, vraiment. Finis-je par dire.

Pour simple réponse, il hoche la tête tout en me lançant un franc sourire. Sérieusement, il faut qu'il arrête de faire ça. Mon cœur s'emballe toujours pour un rien.

J'ai sincèrement du mal à le cerner, à savoir si c'est du vrai ou du faux. S'il fait ça juste pour obtenir quelque chose de moi.
Je sais que je me prends beaucoup trop la tête mais avec ce que j'ai vécu, j'ai besoin de toujours me méfier.
Mais non, je suis persuadé que même si c'est un con de cliché, Gabriel n'est pas comme ça.

Et je ne veux pas qu'il soit comme ça. Parce que je veux continuer à lui lancer des piques, je veux qu'il continue de m'embêter comme il le fait si bien.
Je veux juste simplement continuer d'être avec ce crétin.

Bon sang Maximilien, j'ai l'impression que tu brises petit à petit la règle d'or du cliché..

La règle d'Or du cliché [BxB]Lisez cette histoire GRATUITEMENT !