Chapitre 20 : « ... C'est la faute à Rousseau »

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Précédemment dans « Les Mizer Heroïks » :


Un mois plus tard, Cosette est toujours retenue captive par les sœurs du Petit-Picpus. Gavroche a toujours le blues de ne jamais la revoir. D'ailleurs, son sang a pris la teinte bleue. Pas celle des aristocrates, mais celles des misérables, des pauvres gens à qui la vie refuse d'accorder la moindre parcelle de bonheur.


Gars Vif n'est plus. Le jeune homme ne sort plus de la statue d'Éléphank, une tour d'acier, symbole on ne peut plus fidèle de sa froide et inflexible mélancolie...


Gavroche ne croit plus en l'amour, au bonheur, ni à la vie. Ses deux frères biologiques, qui ignorent leur parenté avec leur bienfaiteur, tentent sans grand succès d'empêcher l'orphelin de commettre l'irréparable : le suicide.

Un jour, les gémeaux reviennent de leur tournée : leur ronde quotidienne faite de rapine et de vol à la tire. Avant de rentrer à la base, place de la Bastille, ils échangent d'étranges paroles :

— C'est pas juste. Z'ont dit qu'on était trop petits. Moi, je veux m'amuser avec eux, ça a l'air trop marrant, gémit Water.

— T'es fou. C'est risqué et on a mieux à faire, réplique Loo.

— Quoi donc ?

— Rester avec Gars Vif.

— Pffff... Je m'ennuie avec lui. Il bouge plus.

— Justement. Il a besoin de nous.

— Pf...

— Hé ! C'est grâce à lui si on a un toit et on arrive à manger.

— Hm... C'est vrai.

— Alors, tu dis rien. Les pavés, les armes, les sacs de sable. Rien du tout...

— OK.

— Et tu parles surtout pas de la Cosette.

— La Cosette... Et pourquoi ?

— Je crains qu'il fasse une bêtise.

— Gars Vif a besoin de nous et nous avons besoin de lui.

— Ah bon ?

— Oui, bêta...

Les frangins montent discrètement dans la statue de l'Éléphank. Ils trouvent Gavroche, allongé sur sa couchette. C'est à peine s'il la quitte pour satisfaire ses besoins élémentaires : uriner, déféquer, boire et manger.

— Salut Gars ! lui crie Water.

— Yo Gars ! dit Loo.

C'est à peine si le jeune homme leur répond en grognant une onomatopée impossible à retranscrire par écrit.

— Sais, Gars, tu rates quelque chose ajoute Loo.

— J'ai dit de la fermer, siffle Water.

— Ça sent la poudre. Ça va péter !... hi hi hi... enchaîne Loo, sans tenir compte de la mise en garde de son jumeau.

Gavroche, toujours affalé sur son matelas, reste immobile, comme la statue dans laquelle il se cache et se morfond.

— C'est la révolution ! renchérit Loo.

— Tais-toi ! tonne le Water.

— Ce matin, ils ont dressé les barricades. Ils attendent maintenant l'armée pour déclencher le feu d'artifice, continue Loo, qui est incapable de tenir sa langue.

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