XXI - YOUR WOUNDS ARE MINE

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Chapitre mis à jour____

Anne repliait le linge que lui avait gracieusement offert l'ami de Ranald. Ils avaient pu investir les lieux de la maisonnée à proximité de la grande où ils avaient trouvé asile. Ainsi, elle se trouvait gratifiée d'une chambre personnelle, tandis que Jamie résidait à l'étable. Ranald avait insisté pour loger à l'intérieur, quitte à dormir sur le palier sa porte.

La jeune femme ne comprenait pas bien pourquoi il s'inquiétait de la savoir seule, même un instant, quand son comportement était si ambivalent. Tantôt, elle sentait sa chaleur et son besoin de la toucher, tantôt, il s'avérait froid et distant. En ces termes, elle imaginait mal l'avenir qui serait le sien. Ranald comptait l'aider et elle était assurée de cette promesse. Mais pour la suite... le brouillard s'étendait à perte de vue.

Lorsqu'on toqua au bois de la porte, elle sut qu'il s'agissait de lui. En se retournant lentement, elle le vit qui se tenait dans l'embrasure, son index et son pouce agaçant le majeur de son autre main d'un geste nerveux. Ses iris gris balayèrent le sol un moment avant qu'il ne les braquent sur elle.

Anne se trouva désarçonnée par l'intensité de ce regard. Le même que celui du jeune homme qu'elle avait connu.

― Je voudrais m'excuser pour tout à l'heure. Je n'aurais jamais dû te bousculer de la sorte.
Elle attendit la suite. Ranald était fier, mais savait reconnaître ses torts. Du moins, c'était le cas dans ses souvenirs. Il paraissait sous tension, comme s'il retenait se..

Il se jeta presque sur elle et saisit son visage entre ses paumes :

― C'est que j'ai eu tellement peur. Je suis désolé, pardonne-moi, je t'en supplie. Je ne pourrais jamais... je n'avais pas l'intention de lever la main sur toi. L'idée même me rend malade. Je ne voulais pas.

Anne s'empara de ses poignets en s'empressant d'acquiescer pour lui signifier qu'elle comprenait, qu'elle l'excusait. En dépit de tout... Si les mots lui étaient impossibles, elle espérait que ses gestes, eux, auraient plus d'impact.

Elle se rapprocha perceptiblement. Il parut troublé et la relâcha doucement. Ses yeux tombèrent sur la bouche délicate qui s'avançait. Bon sang qu'il mourrait d'envie de s'y abandonner, ne serait-ce qu'un instant... Mais elle était encore fragile. Elle avait vécu l'enfer. Elle sortait de l'enfer. Il ne pouvait pas lui faire ça. Profiter d'elle ainsi... cela aurait été indigne de sa part. Il s'était conduit comme le pire des butors quelques minutes plus tôt, il n'allait pas en plus faire preuve d'inconvenance en lui imposant ses pulsions...

Anne le tira brutalement vers elle pour le forcer à la prendre dans ses bras. Il sentit l'enveloppe tiède et menue de la jeune femme se lover contre le sien et la serra progressivement.

Il n'avait plus aucune certitude à présent. Anne pouvait tout aussi bien lui faire montre de sa gratitude, rien de plus. Ranald se contenta de la tenir chastement, avant de poser ses lèvres sur la courbure de sa nuque tout en inspirant l'odeur de ses cheveux.

Cela faisait si longtemps qu'il n'avait éprouvait le corps d'une femme contre lui... Le remords le prit soudainement quand le souvenir de Maureen remonta à la surface, comme le rappel amer de son échec.

Il l'avait abandonnée, par nostalgie pour elle. Anna.

À Contrecœur, il se sépara d'elle en tentant de juguler l'émotion qui lui serrait les entrailles :

― Pardonne-moi.

Au moment où il la quitta, Anne comprit que ses excuses avaient un tout autre sens.



Marion était terriblement nerveuse. Chaque minute la rapprochait un peu plus de l'annonce imminente de ses fiançailles. Aussi cherchait-elle désespérément Terrence Malaquais parmi la foule des convives, en vain.

La lignée des reines  - (Terminée)Lisez cette histoire GRATUITEMENT !