Chapitre 41 : Enfant (Rome février -44)

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Pour toute réponse, je m'avançais dans le cercle, un sourire taquin sur le visage. Il me dévisagea un instant, se demandant certainement ce que je faisais là. Antoine me tapa sur l'épaule d'encouragement avant de me tendre le glaive en bois.

- Fais-lui mordre la poussière. Me conseilla-t-il avant de se mettre en cercle, avec ses soldats.

- Je ne veux pas me battre contre toi, mon amour. Me prévint César, resserrant sa prise autour de sa propre arme.

- Tu as peur de perdre ? Le narguais-je à mon tour alors que les soldats commençaient à prendre les paris.

Son regard changea, devenant conquérant. Il ne refusait jamais un défi. D'un mouvement de main, il m'invita à me mettre en position. Bon, ce n'était pas la meilleure façon de lui annoncer que j'étais enceinte mais il fallait que j'attire son attention. Ce qui n'était pas bien compliqué. Je ne voulais pas qu'il me considère faible alors que je portais notre enfant. Hors de question qu'il m'enferme à clé dans sa villa jusqu'à son retour !

Je me campais sur mes pieds et l'observais attentivement. Sa posture ... Il allait attaquer par la gauche. Alors qu'il allongea son coup, je fis un bond sur le côté, évitant l'attaque de justesse. Antoine applaudit, prenant un réel plaisir à nous regarder nous affronter.

César me jaugea d'un regard impressionné avant de rattaquer. Cette fois, je parais le coup avec le glaive. Je ne pourrais pas le repousser, il était bien plus fort que moi au corps à corps. Je devais jouer sur mon intelligence et ma rapidité. L'action se passa très vite.

Alors qu'il revenait à la charge, je réussis à passer sous son glaive tendu et posais le mien contre son cou, un sourire victorieux sur les lèvres. Pour toute réponse, il m'attrapa par les hanches et m'embrassa. Je répondis à son baiser sauvage, oubliant les dizaines de soldats qui nous observaient, bouche bée.

Puis, il me repoussa soudainement, m'emprisonnant entre ses bras. Le dos contre son torse, son épée d'entraînement était à présent posée sous ma gorge. D'un mouvement de poignet, il me confisqua mon glaive. Il m'avait eue ... Antoine éclata de rire.

- Tu as triché ... Lui fis-je remarquer, la mine boudeuse.

- J'ai gagné.

Un sourire moqueur étira ses lèvres.

- Comment as-tu fait ? Demandais-je en observant mon épée sur le sol.

Il comprit. Il ramassa l'épée tout en me libérant de son étreinte. Il me la tendit alors qu'il m'apprenait sa botte secrète.

- Quand ton adversaire te menace avec son arme, tu fais rouler ton poignet comme ceci sur le sien.

Il joignit le geste à la parole et me désarma une nouvelle fois.

- Donne lui un petit coup sec. Il lâchera l'arme tout seul.

Il me retendit alors mon arme, m'encourageant à faire de même. Je répétais le geste qu'il venait de faire, le désarmant à son tour. Un sourire satisfait éclaira ses traits.

- Tu apprends vite.

Alors que certains soldats applaudissaient poliment, d'autres empochaient leurs argents, ravis que leur général l'ait emporté. Je levais les yeux au ciel, outrée que personne n'ait parié sur moi. Pas même Antoine !

Soudain, mes yeux se posèrent sur un visage que je n'aurai pas voulu voir. Octave nous dévisageait, caché derrière deux soldats. Que faisait-il ici ? César lui avait-il demandé de participer à la prochaine guerre ? Où était-il venu seulement pour lui parler ? En tous les cas, il venait de voir ce qu'il n'aurait pas dû voir. À présent, les rumeurs de notre mariage ne seraient plus des rumeurs. Tout Rome serait au courant.

Alea Jacta Est [Tome 1]Lisez cette histoire GRATUITEMENT !