Chapitre 37 : L'arène (Rome -45)

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Je m'éveillais avec délice, les rayons du soleil éclairant légèrement mon visage. D'un ronronnement satisfait, je m'étirais entre les bras de César. Celui-ci m'observait, un sourire ravi sur le visage. Je me pelotonnais contre son torse, repensant à la nuit torride que je venais de passer. Un frisson de plaisir parcourut mon corps au mesure de mes souvenirs. Un sourire béat s'afficha sur mes lèvres. Il passa ses doigts dessus.

- Bien dormi ? Me demanda-t-il.

- Et bien, nous n'avons pas vraiment dormi, ricanais-je.

- Tu m'as forcé à te faire l'amour toute la nuit ! S'exclama-t-il.

- Forcé ? Répétais-je. Vraiment ?

Il me gratifia d'un sourire avant de poser ses lèvres sur les miennes, tout en me maintenant contre lui. J'étais là où était ma place : dans ses bras. Je me sentais en sécurité. Je le sentis sourire contre mes lèvres. Se redressant au-dessus de moi, il m'avoua :

- J'ai eu une idée pendant cette nuit. Je compte la faire adopter au Sénat dès ce matin.

Il rabattit les couvertures et sortit du lit, motivé par cette nouvelle journée. Je me redressais sur mon coude, l'observant s'habiller. Il était si beau.

- Quelle idée ? Demandais-je enfin.

- Je vais accorder la citoyenneté romaine aux gaulois. M'annonça-t-il en enfilant sa toge.

Je me relevais violemment, laissant la couverture glisser sur le sol. Si je m'attendais à une telle mesure ... C'était surprenant de sa part.

- Tu crois que le Sénat verra cette réforme d'un bon œil ? Demandais-je, perplexe.

En ce qui me concerne, cela m'étonnerait. Les sénateurs détestaient les peuples soumis à Rome et les Gaulois étaient toujours qualifiés de barbares. Mais César était tout puissant. Il pouvait imposer la loi qu'il voulait aux sénateurs.

- Le Sénat n'aura pas le choix. En donnant le citoyenneté romaine aux gaulois, ils se comporteront en citoyens. Cela évitera une nouvelle révolte.

Il avait raison. Mon peuple avait bien trop souffert pendant la guerre et il n'aspirait qu'à une vie simple et en paix.

- J'espère que tu réussiras, le soutiens-je, tout en enfilant une tunique.

Il s'approcha dans mon dos, rabattit mes cheveux sur mon épaule et attacha ma ceinture autour de mes hanches.

- Je n'échoue jamais. M'avertit-il en posant un baiser dans mon cou.

Il sortit de la chambre, d'un pas conquérant. Je l'observais partir un sourire sur les lèvres. Mon attention se reporta sur l'anneau d'or que je portais autour du doigt. Je le fis tourner entre mes pouces, me remémorant la soirée d'hier. J'étais mariée, mariée à un romain. Brennos devait se retourner dans sa tombe. Pourtant, je ne regrettais rien. J'avais tout ce que je voulais. Mon père était sauf, j'étais avec l'homme que j'aimais. Cela faisait bien longtemps que je n'avais jamais été aussi heureuse. Aucune ombre ne semblait pouvoir obscurcir le ciel.

*        *       *

Je marchais d'un pas nerveux dans les rues de Rome. Les rumeurs de notre mariage courraient dans la ville bien évidemment, mais personne n'avait de preuves concrètes. Mais d'autres rumeurs enflaient. D'autres rumeurs que je craignais beaucoup plus. Celle de la fin de la République romaine.

Pour certains, César devenait trop puissant et se rapprochait du pouvoir royal. Et si les Romains exécraient une chose, c'était bien les rois. Chiomara marchait à mes côtés, observant la ville en pleine effervescence autour d'elle. César avait décidé d'organiser un cinquième triomphe, pour fêter sa victoire en Hispanie. Mais le temps était à l'orage.

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