Chapitre 36 : Mariage (Rome -45)

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Nous étions en plein mois de novembre et je frissonnais. Pas de froid mais de nervosité. Aujourd'hui, j'allais épouser l'homme que j'aimais. Aujourd'hui, je serai sienne et il serait mien pour la vie.

Mes mains tremblaient alors que des servantes m'habillaient. Je revêtis une longue robe blanche, serrée à la taille par le nœud d'Hercule. À cette mention, mes sourcils s'étaient froncés. Une de mes suivantes m'avait alors expliquée que seul le mari pourrait l'enlever une fois la journée terminée. Un sourire mutin éclaira mes lèvres. Si elle savait ...

L'une d'elle insista pour m'attacher les cheveux mais je refusais. Je les voulais libre, cascadant le long de mon dos. Je m'entourais d'un manteau couleur safran, chaussais des sandales de la même teinte, et me couvrais la tête d'un voile orangé flamboyant sur lequel était posé une couronne de fleurs.

C'était étrange de me voir dans ce genre de tenue. Je me trouvais belle. Il ne manquait plus qu'une chose.

Je mis le torque que mon père m'avait offert autour du cou, laissant mes mains dessus plus longtemps que nécessaire. J'avais besoin d'une touche gauloise dans cette tenue romaine. Il me manquait atrocement. J'aurai tant souhaité la présence de mon père pour mon mariage mais il était impossible qu'il revienne un jour à Rome. César ne pourrait pas le sauver une seconde fois.

Perdue dans mes pensées, je remarquais seulement que la nuit venait tombée sur la ville. Mon sourire s'échappa jusqu'à la lune qui me veillait encore fidèlement. J'adressais une courte prière à Bélisama, lui demandant d'accorder sa protection mon père et mon mariage. Personne ne devait savoir que j'épousais Jules César cette nuit et personne ne saurait, sauf ceux mis dans la confidence. Nous ne voulions pas que le Sénat ou nos ennemis gâchent la fête.

De plus, le mariage ne se passerait pas exactement selon les coutumes romaines. Mon futur époux n'irait pas me chercher dans la maison de mon père et César n'avait pas invité toutes les personnalités importantes de Rome. Il n'y aurait que nous et nos proches. Chiomara, toujours à mes côtés, me sourit comme pour m'encourager. Elle aussi portait une longue robe blanche. Ses cheveux étaient remontés dans un magnifique chignon s'entourant autour d'une couronne de fleurs blanches. Je lui pris les mains.

- Je te souhaite d'être heureuse, Eryn.

- Merci pour tout, Chiomara.

Elle me fit un clin d'œil en m'indiquant, d'un mouvement de main, l'escalier qui menait à mon futur époux.

Je descendis de l'étage de la villa dans le silence le plus total. À mon approche, les soldats de la dixième légion se levèrent comme un seul homme. Les yeux de Quintus flamboyaient. Allait-il pleurer ? Antoine, quant à lui, m'attendait en bas des marches. Il essuya rapidement ses yeux.

- Tu pleures ? Lui demandais-je, taquine.

- Bien sûr que non ! Rétorqua-t-il, bombant le torse. J'ai ... juste une poussière dans l'œil.

Chiomara émit un petit rire alors que le lieutenant fit mine de l'ignorer. Il me tendit le bras. Je m'accrochais autour de lui et lui souris. Il me rendit mon sourire et s'avança dans la grande allée, décorée de fleurs blanches. Chiomara nous emboîta le pas. Antoine m'emmena auprès de mon fiancé qui m'attendait.

César semblait nerveux, entortillant ses mains. Il était magnifique dans  sa tunique pourpre. Il portait sa fameuse couronne de laurier et un sourire éclaira son visage lorsqu'il me vit avancer vers lui, chassant le moindre de ses doutes. Antoine posa ma main dans celle de César et se mit à la droite de son général et ami.

Derrière l'autel, un augure sacrifia une brebis en l'honneur des dieux, pour nous apporter chance et protection. Je fronçais le nez mais ne fis aucun commentaire. C'était la tradition romaine et je m'y plierai, pour lui faire plaisir.

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