Maman

40 7 6
                                                  


La série Supernatural et ses personnages appartiennent à leurs créateurs.

La chanson est de Calogero.

J'avais publié cette fanfiction, il y a un certain temps, sur fanfiction.net.

Bonne lecture à vous !

Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Il mélange au fond de sa tasse
Du miel
Il regarde par le vasistas
Le ciel
A chaque fois que passe un avion
Il se dit que c'est peut-être elle
Qui passe au-dessus de sa maison
On lui a dit qu'elle était au ciel

Mary les avait quittés trois ans plus tôt. Assis devant la fenêtre crasseuse d'un hôtel miteux, Dean observait le ciel trop bleu. Dans sa tasse, plus d'eau que de chocolat. Mary, elle, y ajoutait du miel. Un miel à la douceur de son regard, à l'image de son amour.

     « Dis, est-ce que maman peut redescendre du ciel ? Est-ce qu'on peut la rejoindre en avion ? »

Sam n'avait compris que « maman est au ciel ». Il ne savait pas. Il ne comprenait pas encore la mort, les regrets. Il ne savait pas qu'on avait assassiné Mary. L'innocence brillait encore dans ses yeux d'enfants, à l'âge où celle de son aîné fut détruite à jamais.

     « Non Sammy. Arrête de parler de maman. C'est interdit, tu le sais. »

Dean termina son ersatz de chocolat chaud. Jamais son cadet ne goûterait ceux préparés par leur mère. Jamais, il n'aurait droit à un supplément de miel lorsqu'il était triste.

L'aîné aurait aimé pouvoir voler jusqu'au Paradis pour revoir sa mère. Juste une fois pour lui dire combien il l'aimait, pour lui demander comment bien prendre soin de son petit frère. Comment faire sourire leur père de nouveau. Il aurait tant aimé la serrer fort dans ses bras d'enfant.

Il rêve couché sur un parquet
Dans les bras de sa mère
Dessinée à la craie
Tous les soirs en secret
Ce dessin il le fait
Trait pour trait
À partir d'un portrait

     « Je n'ai pas sommeil, prend le lit. »

Alors que Sam s'endormait dans un énième lit temporaire, Dean s'allongea sur le vieux parquet de la chambre d'un motel, bien trop vieux et usé. John encore absent, il se permit de sortir la photo de Mary et ferma les yeux. Le visage de sa mère se dessina peu à peu dans son esprit. Ses boucles, son sourire, son regard bienveillant.

Ce soir, Mary aurait fêté son anniversaire. Alors, profitant d'un instant sans témoin, le trop jeune chasseur se blottit contre l'image de l'absente, contre le vide du manque, contre un corps qui ne l'enlacera plus jamais. Parce que même s'il aurait pu dessiner le visage de Mary trait pour trait, cela ne suffisait pas. Une larme silencieuse roula sur ses joues et s'écrasa sur le sol grisâtre.

La mort avait créé un trou béant dans le cœur de l'enfant, une sourde douleur dont il ne pouvait parler à personne. Penser à sa mère était devenu un secret inavouable. Il devait se taire pour ne point énerver son père. Il devait rester muet pour protéger Sam.

Dean n'était encore qu'un enfant et dans le secret de la nuit il espérait que sa mère soit à leur côté. Si les anges existaient, il leur aurait donné une lettre pour Mary. Une lettre pour qu'elle sache à quel point il l'aimait, à quel point son absence ne pourrait jamais être comblée. Une lettre d'un enfant à sa mère.

Perdu au fond de sa classe
Il s'emmêle
Il se débat avec le coriace
Pluriel
Puis il explique à sa maitresse
Pourquoi "parent" ne prend pas d'"s"
Des câlins il en voudrait tellement
Ne serait-ce qu'un par an

Maman [Destiel]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant