Chapitre 25 : Diviciacos, druide des Eduens (Rome -46)

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Mes yeux s'ouvrirent sur un vieil homme qui se tenait en face de moi. Ses cheveux blancs tombaient sur ses épaules et il portait une barbe courte. Il avait des yeux bleu perçant, même si son visage était marqué par les signes de la vieillesse. Même après dix ans loin de lui, je l'aurai reconnus entre milles.

- Bonjour Eryn, me salua-t-il, une lueur de bonté dans le regard.

- Diviciacos, murmurais-je, n'en croyant pas mes yeux.

Comment pouvait-il être ici ? C'était impossible ! Il aurait dû être en Gaule. Pourtant, je ne pus résister à l'envie de le serrer dans mes bras. Il m'emprisonna dans une étreinte paternelle, le sourire aux lèvres.

- Que fais-tu à Rome ? L'interrogeais-je en me détachant de lui, l'observant attentivement.

Le temps semblait ne pas avoir d'emprise sur lui. Il ressemblait trait pour trait à l'homme que j'avais quitté dix années auparavant. Ce druide qui m'avait tout appris. Mon père était parti le chercher loin, sa renommée n'étant plus à faire. Vercingétorix souhaitait la meilleure instruction pour sa fille unique et il avait réussi, allant jusqu'à chercher cet homme prodigieux dans une autre tribu gauloise, celle des Eduens.

- Je vais là où m'appelle les dieux, me confia-t-il, un sourire taquin sur les lèvres.

Soudain, mes yeux s'attardèrent sur la bâtisse qui m'entourait. Une chose était sûre. Je n'étais plus dans la villa de César. J'en étais bien loin en réalité. L'édifice semblait tomber en ruines et les pierres ne tenaient entre elles que par miracle. La pièce unique se composait que d'un lit et d'une petite table en tout et pour tout. Ce n'était pas le grand luxe.

Je jetais un œil perplexe au druide. Il semblait ne pas être ici, comme s'il n'avait pas sa place au milieu des romains. Ce qui était le cas. Sa tenue a elle-seule en était un exemple. Il portait une longue robe blanche, dissimulée sous une cape de couleur pourpre. Un petit bijou en or ornait son cou, signe de son pouvoir parmi les druides. Pour mon peuple, les druides ne sont pas que de simples guérisseurs. Ce sont principalement les conseillers les plus fidèles des chefs des tribus gauloises et les intermédiaires avec les dieux, ce qui les a toujours rendus très précieux.

- Comment te sens-tu, mon enfant ? Me demanda-t-il, songeur.

Je repris conscience de l'empoisonnement. Ma bouche ne me brûlait plus et je me sentais en pleine forme. Comment était-ce possible ?

- Je vais bien, bredouillais-je comme si je n'y croyais pas moi-même. Comment ...

Pour toute réponse, il me désigna une plante sur la petite table basse à mes côtés. Du gui évidemment. Le gui était le symbole de l'immortalité car cette plante avait la particularité de rester toujours verte, toujours vivante même quand l'arbre mourrait. Diviciacos venait de me sauver la vie.

- Comment suis-je arrivée ici ? Demandais-je, perplexe.

- Chiomara t'a amenée à moi.

La femme en question arriva alors dans mon champ de vision. J'en restais bouche-bée. La fille blonde qui m'avait accueillie à mon arrivée dans la villa de César était une gauloise. Elle portait toujours une courte tunique blanche, propre aux servants mais je la voyais sous un jour nouveau. Ses yeux gris-bleu me regardèrent avec malice alors que je lui jetais un regard interrogateur mais ce fut Diviciacos qui répondit à ma question muette.

- Tu ne croyais tout de même pas que je te laisserai seule auprès de César ? Ricana le druide.

Je reportais mon attention sur lui.

- Tu connais César ? Lui demandais-je.

Diviciacos n'avait pas pris part à la guerre des Gaules, arguant que les dieux ne l'avaient pas crée sur Terre pour cette tâche.

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