OS // Fantastique comparative // (Newtina)

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« À quoi pensez-vous Mme Dragonneau ? »

Un frisson remonta imperceptiblement le long de l'échine de la jeune femme, et son sourire devint plus grand encore, s'il était possible de sourire d'avantage. Examinant à nouveau son alliance, un voile nostalgique couvrit son regard, et elle planta à nouveau ses prunelles ébènes dans celles couleur olive de Norbert, qui n'avait toujours pas bougé.

« Tu te rappelle de ce jour où nous nous sommes introduits dans les archives du ministère français de la magie ? »

En premier lieu, l'assombrissement graduel de ses iris indiqua à Tina qu'il se rappelait bien de ce jour, et elle ne put que compatir à cette peine qu'elle ravivait un instant en la mentionnant. Il fallait dire qu'ils avaient tous beaucoup perdu ce jour là. Queenie avait rejoins les rangs de Grindelwald, laissant un énorme trou dans sa poitrine, manipulée par un homme plus fort qu'elle ne s'efforçait de l'être depuis toute petite déjà, de nombreux aurors avaient été blessés ou tués, et c'était aussi, et avant tout, le jour où Leta était morte. Ça avait été la première fois que Tina aperçut une larme dévaler la joue de Norbert, mais elle n'avait put que comprendre sa douleur, toute trace de cette vieille jalousie envolée. Son amie, et surtout son amour d'enfance, le tout premier, venait de disparaître, et pour Thésée, c'était la perte d'un amour plus grand encore. Même si, d'une certaine manière, cette mort avait réuni les deux frères brisés dans un soutien mutuel, et qu'ils avaient tous les deux fait leur deuil entre temps, cette journée avait bien failli signer la fin de toute chose.

Il s'était passé des semaines avant que Tina et Norbert ne s'adresse à nouveau la parole après tout, tous les deux muets dans une colère sourde contre un univers injuste et qui faisait ressortir de leurs âmes tout ce qu'il y avait de mauvais en eux à cacher au reste du monde.

Mais lentement, le voile de douleur qui avait recouvert le regard de Norbert s'illumina et s'emplit de couleur. Parce que ce jour là, ça avait aussi été, maladroitement certes, la première fois que le magizoologiste avait eu le courage d'avouer à Tina son amour pour elle. Ça avait été un énorme pas pour lui, parce qu'il était bien connu qu'il n'avait jamais été très fort pour communiquer avec d'autres humains, et cet instant suspendu, dans les sombres archives du ministère français de la magie, resterait un beau souvenir à jamais gravé dans sa mémoire. Et dans les pensées de celle qui allait devenir sa femme quelques années plus tard également.

« Bien sûr que je m'en souviens » murmura-Il, quittant son poste pour s'avancer vers elle.

Tina le regardait toujours s'approcher dans son dos à travers la surface lisse du miroir, et jouait distraitement avec la bague à son annulaire gauche. Plus il s'approchait d'elle plus son estomac se tordait dans tous les sens, plus son cœur commençait à bringuebaler dans sa poitrine. Il lui faisait toujours le même effet, même après tout ce temps. C'était peut être aussi pour ça qu'elle était toujours aussi dépendante de sa présence.

Lorsqu'il fut arrivé si près qu'elle sentait son souffle balayer sa nuque, ses mains calleuses glissèrent sur ses bras jusqu'à ce que ses doigts se nouent au siens, les croisant contre son ventre pour la serrer contre lui. Ils observaient tous les deux leur reflet uni, et leur couple, aussi mal assorti soit-il au milieu de toutes ces vitrines de bibelots du monde et ces vieux meubles en bois, leur paru soudain être la plus beau portrait qu'il leur avait jamais été donné de voir.

« Ce jour là tu as dit que mes yeux... »

« Étaient comme ceux d'une salamandre » compléta le sorcier dans un soupir, embrassant doucement ses cheveux bruns contre sa tempe.

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