29 Septembre 1911.

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-Je ne vais pas m'excuser,m'a dit Radegonde quand je suis arrivée en classe,et que j'ai rejoint mon pupitre,à côté de Catherine Millet.

-Quelle surprise!

Je n'ose pas m'asseoir,tellement j'ai peur de ce qui va arriver par la suite.

-Bien sûr que je sais que tu ne le feras pas,j'ai dit,et je me suis assise dignement sur la chaise du pupitre.

Pour la première fois depuis la dernière annonce,la prof nous a reparlé du voyage.Tout le monde participe.Mes tortionnaires auront tout le loisir de m'embêter,même à New York.Curieusement,personne ne fait de commentaires à mon égard.Apparemment,ça s'annonce encore mieux que ce à quoi je m'attendais.On a déjà commencé à payer,mais on réservera le voyage plus tard.Je sais ce que sera ce voyage:ce voyage sera un moyen de briser le cycle de la merde,le cycle du malheur,et d'après pouvoir m'élancer en dansant vers une carrière radieuse.Ma prof de danse aura une annonce à nous faire,j'ai hâte.

Ce voyage en Titanic,je sens aussi que c'est le destin qui veut se faire pardonner pour tout le mal qu'il m'a fait.Il m'a envoyé un père et une soeur horribles,des jeunes filles malfaisantes pour camarades de classe,et ce n'est pas ma mère ou mes amis qui suffiront à l'effacer même si c'est cruel à dire.

-Ca va mieux?me demanda Leslie.

-Oui.Mais je vais aller mieux bientôt.D'ici deux ou trois mois ce sera bon.

Et elle me sert fort dans ces bras.Je la noie de mes larmes impromptus,car je ne sais pas voir la lumière au bout du tunnel.Je n'ai pas de force,je n'ai pas d'endurance d'esprit.

-Merci.

-Ne me remercie pas,je n'aime pas te voir bouleversée.En plus,on va nous faire une annonce en cours de danse,tu sais.Je sens que ça va nous plaire.Je sens que c'est plus importent que l'organisation d'une vente de limonade au citron vert.

D'après Eurénice avec qui Leslie a parlé,le couple Radegone-Marty n'a aucune valeur sentimentale.C'est pas ça qui m'empêchera d'être blessée.

-J'ai une bonne nouvelle à t'annoncer.Ma cousine Danielle vient me visiter la semaine prochaine.On va faire un feu.

-Un feu?

-Tu veux venir?

-Je déteste le feu.

-Pour moi,fit Catherine qui nous rejoignait en clopinant sur ses bottines,le feu a une valeur très symbolique.Elle permet de faire disparaître nos pensées dans un nuage de fumée.Mon quotidien disparaît avec une flamme purificatrice.

Catherine,tu es géniale.Tu portes des robes bouffantes toute la semaine,mais mis à part pour les fringues tu es une génie.Elle s'était de plus brossée les cheveux avant de les pulvériser avec un friseur.D'ailleurs,Leslie voulait absolument lui refaire sa garde-robe.Elle était evidemment fière de son oeuvre.

Catherine ouvre la porte de la voiture de ses parents et nous nous séparons.

-Où est Alizzia?demanda Leslie en scrutant la rue avec une allure espiègle.Elle tourne la tête derrière chaque buisson en riant.

-T'es bête alors!

Je m'en fous,en fait.Je m'en fous qu'elle soit mangifique et qu'elle pourrait définitivement porter plus de vêtements.Je m'en fous de ses stupides cheveux blonds et de ses stupides vêtements.Je suis surprise par mes pensées,mais malgré tous ses défauts,je l'aime bocoubocu.

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