Chapitre 21 : Guerre et Paix (Égypte -47)

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Après cette cuisante défaite, César n'avait pas chômé. Quelques semaines après, les renforts tant attendus étaient arrivés de Syrie, forçant Ptolémée et Arsinoé à se replier vers Alexandrie. La dernière bataille de la guerre civile égyptienne se passerait ici, dans la ville des pharaons, au cœur même du pouvoir.

J'observais la cité, perchée sur un des murs d'enceinte du palais, tenant mon précieux arc entre mes mains. Le combat serait difficile mais nous n'avions pas le droit à l'erreur. Le plan de César était simple. Piéger les hommes de Ptolémée et d'Arsinoé dans le palais des pharaons. Tous les chemins menaient ici, dans la cour du palais, et le général comptait bien se servir de cette aubaine.

Le but des romains étaient de ramener tous les Égyptiens ici, dans le piège. Ils seraient cernés entre les quatre murs d'enceintes et César et sa dixième légion n'auraient plus qu'à les achever. César se préparait à la charge, dans son char tiré par deux chevaux, Antoine à ses côtés, comme toujours. Le consul de Rome ne doutait pas de l'emporter. Son armée était maintenant plus nombreuse, et plus entraînée que celle de Ptolémée. Bientôt, les forces romaines écraseraient les forces égyptiennes.

Soudain, les premiers bruits de la bataille résonnèrent à mes oreilles. Les premiers cavaliers apparurent dans la ville d'Alexandrie alors que des trébuchets nous bombardaient de projectiles enflammés. César lança la charge, dans un cri de guerre. Le choc fut terrible entre les deux camps. César tailladait les ennemis alors que je visais tous les hommes qui s'approchaient trop près de lui. J'étais l'arme secrète des romains, assurant leurs arrières.

J'aperçus soudain le centurion Quintus en mauvaise posture. Son adversaire l'avait fait tombé sur le sol et s'apprêtait à lui porter le coup de grâce. Ma flèche s'envola et se planta dans la tête de son ennemi. Il se retourna vers moi, surpris de mon aide puis hocha la tête de remerciement. Je répétais son geste quand le cri de César parvint à mes oreilles.

- Les cavaliers ! Empêchez-les de passer !

Je remarquais alors les deux cavaliers qui tentaient de se frayer un passage parmi la mêlée, fonçant vers l'entrée du palais d'Alexandrie. Je bandais mon arc et abattis le premier. Je me préparais à viser l'autre mais un projectile enflammé fonça dans ma direction. César hurla mon nom alors que, sans réfléchir, je sautais du toit où je me trouvais.

Avec une chance quasi inouïe, je tombais dans du foin, amortissant ma chute. Les rumeurs colportées par les Romains me disaient protégée des dieux. J'allais bientôt commencer à les croire. Je retombais sur mes jambes et courus vers le château, ignorant mes jambes éraflées. Le deuxième cavalier était passé et je ne pouvais pas le laisser arriver jusqu'à Cléopâtre. Il était là pour la tuer.

Je me frayais un passage parmi les longs couloirs et rattrapais bientôt le cavalier, qui avait dû se perdre dans le dédale. Cléopâtre était aussi là, courant pour échapper à l'homme qui voulait sa mort. Alors qu'il s'approchait d'elle, menaçant, levant son glaive, je décochais. La flèche lui traversa la tête, le faisant tomber à genoux devant la reine. Celle-ci leva un regard stupéfait vers moi, ne s'attendant pas à me voir ici. Un silence s'installa entre nous, seulement troublé par le bruit sinistre des gouttes de sang s'écrasant sur le sol. 

Soudain, le cri de joie des romains parvint à mes oreilles. Nous avions gagné. Je poussais un soupir de soulagement, tout en abaissant mon arc. Toutes ces batailles commençaient à me fatiguer et j'avais toujours cette peur omniprésente de mourir avant d'avoir sauvé mon père.

Soudain, des bruits de pas arrivèrent dans notre direction. Toujours sur la défensive, je bandais mon arc alors que César et ses lieutenants faisaient irruption dans la pièce.

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