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⚠️ Attention ⚠️

Ce chapitre comporte une scène ainsi que des propos violents.

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— Maman est chez elle avec Amel c'est bien ça ?

— Logiquement oui.

— Très bien, on passe par chez elle avant pour l'avertir de se cacher également puis on va à l'hôpital. Tu as ton arme ?

— Oui, j'ai pris un pistolet.

— Quoi ? Mais...

— On a entendu les détonations Jane, on a de quoi se défendre, alors on va s'en servir.

— Fais attention.

Les deux hommes courraient vers la maison de leur mère, la boule au ventre, le cœur au bord des lèvres, attentifs au moindre bruit environnant. Ils entrèrent sans même frapper et surgirent dans le salon certains de trouver Hanet. Hélas il n'y avait personne.

— Maman ! appela Rob.

Orry partit dans la cuisine mais n'y trouva personne, il se dirigea donc vers l'étage en montant les marches deux par deux. Le résultat fut le même, la maison semblait vide.

— Orry ! cria Rob de l'étage inférieur. Elle est à l'hôpital.

— Quoi ?

Orry dévala les marches et se retrouva face à son frère qui tenait un bout de papier dans la main.

— Elle a laissé un message, elle est à l'hôpital... avec ma fille.

La voix de Rob tremblait, entre colère et désespoir. Entre peur et haine. Ses poings et sa mâchoire étaient serrés et son corps tout entier irradiait l'angoisse et une tension qu'on ne lui avait vu que très rarement.

— Ok on y va ! répondit Orry.

Le jeune homme sortit son arme de sa ceinture et vérifia que tout était bon puis la remit à sa place. Ses mains tremblaient. Jamais il n'avait tenu une telle chose entre ses mains. Jamais il n'aurait imaginé devoir en utiliser une un jour.

Les deux frères sortirent de la maison, mais cette fois par la baie vitrée qui menait au jardin. Ils traversèrent ce dernier et passèrent dans le jardin voisin en passant par-dessus la palissade. Ils évoluèrent ainsi jusqu'à se retrouver près de l'hôpital.

Ce qu'ils y virent leur glaça le sang.

Trois camions noirs étaient garés sur le trottoir, les uns derrière les autres. Des hommes, peut-être une dizaine, tous vêtus de noir et armés de fusils, étaient déployés devant le bâtiment et tenaient en joue les enfants et quelques adultes qui se trouvaient dans l'hôpital avant leur arrivée. Anton était à genoux, les mains derrière la tête, qu'il avait baissée. Il se tenait devant le corps de son fils, qui gisait, face contre terre, dans une marre de sang. Ses épaules étaient secouées de sanglots. Un peu plus loin, Orry et Rob aperçurent Ava, elle aussi agenouillée. Elle avait les mains sur sa bouche tentant tant bien que mal de retenir ses pleurs.

— Silence !

La voix fit sursauter tout le monde mais au lieu d'obtenir ce qu'elle demandait, les pleurs des enfants redoublèrent.

— Silence ! Ou ce nègre ne sera pas le seul à recevoir une balle en pleine tête, dit l'homme en s'approchant d'Allister et en donnant un coup de pied dans son corps.

L'homme pointa ensuite son arme vers Anton qui murmurait des mots inaudibles, certainement des prières. Les pleurs se calmèrent, les voix furent étouffées par les mains appuyées sur les bouches. Orry montra une direction du doigt et Rob aperçu leur mère qui tenait Amel dans ses bras et Tom, qui se serrait contre elle. Les larmes inondaient les joues du petit garçon alors que sa grand-mère l'avait entouré d'un bras protecteur.

Le chant des oiseauxLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant