Chapitre 20 : Bataille de l'île de Pharos, - 48

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Nous avions moins de temps que je le pensais. Mais au moins, Arsinoé n'aurait pas ses renforts. Sauf si Pothin les avaient envoyés avant sa mort. Un frisson me parcourut alors que j'observais le glaive de César, toujours entre mes mains. N'étais-je devenue que cela ? Ma vie était rythmée par les combat et le sang et la guerre allait, une fois de plus, reprendre.

- Qui la commande ? S'enquit César, reprenant immédiatement son ton de commandant.

- Un certain Achillas et la sœur du pharaon, Arsinoé IV. Répondit Quintus.

- Centurion. Fait préparer nos hommes. Et que l'on prépare mon char. Ordonna le consul de Rome.

Le centurion hocha la tête et sortit à nouveau en trombe des appartements de César. J'attrapais immédiatement l'armure de César et commençai à lui enfiler. Vieux réflexe.

- Nos renforts ? Demanda César à Antoine.

- Ils ne sont pas encore là ... Marmonna celui-ci en enfilant son armure seul.

César souffla. Je lui tendis son glaive couvert de sang mais il m'attrapa la main et me rapprocha de lui. Surprise, je clignais plusieurs fois des yeux devant ce rapprochement si soudain.

- Reste près de moi, Eryn. M'ordonna-t-il, jetant un regard critique sur les traces de sang sur ma tunique.

Peu m'importais le sang qui maculait ma tenue. Nous allions nous battre. Une fois encore. Je hochais la tête, ravie de pouvoir prendre part à la bataille. Alors qu'il me libérait, je m'empressais d'aller chercher mon arc, posé dans un coin des appartements du consul.

J'enfilais mes bottes et attachais mon carquois dans mon dos. J'étais prête. Nous sortîmes de la pièce et nous nous dirigeâmes vers la cour du palais, là où nous attendait la légion de César. La dixième légion. Ses hommes les plus loyaux. Ceux qui le suivraient jusque dans la mort s'il le fallait.

César grimpa dans son char alors qu'Antoine enfourcha son cheval. J'allais faire de même quand Cléopâtre sortit à son tour du palais. Je m'étais trompée. Personne ne dormait jamais dans ce palais.

Toujours élégante, vêtue du longue robe blanche en lin, elle passa devant César sans le voir et se dirigea d'un pas énergique dans ma direction. Je haussais un sourcil. Que me voulait-elle ? Une fois arrivée à ma hauteur, elle me tendit une petite dague, sertie d'or et de rubis. Je restais un moment hébétée devant la prestance de l'arme. Mon arc en bois faisait pâle figure à côté du joyau qu'elle me tendait.

- Cache la sous tes vêtements, me conseilla-t-elle, tout en m'étudiant attentivement, haussant un sourcil face à ma tenue déjà pleine de sang.

Je m'exécutais, l'attachant en haut de ma cuisse. Une arme secrète était toujours utile lors d'une bataille.

- Pothin est mort. Lui appris-je, justifiant le sang sur mes vêtements.

La jeune souveraine eut un sourire de joie puis continua :

- Bien. Très bien. Murmura-t-elle, songeant au feu premier ministre.

Elle reprit contenance, se rappelant brusquement de ce qu'elle voulait me dire.

- C'est Achillas qui a tué Pompée. C'est un fourbe. Méfie-toi de lui. Me mit-elle en garde.

- Pourquoi ne pas le dire à César ? M'interrogeais-je en lui désignant le général qui nous observait attentivement, ne ratant pas une miette de notre échange.

Elle suivit mon regard puis revint vers moi, ignorant les sourcils froncés du chef militaire.

- Car nous savons toutes les deux qui possède le vrai pouvoir.

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