Chapitre 15 : « Liquidation totale chez les Thénardier »

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Précédemment dans « Les Mizer Heroïks » :

Le temps passe jusqu'à l'automne 1838. Cela fait maintenant 3 ans que les Thénardier... heu... Les Jondrette sont revenus à Paris. Le départ de Gavroche du domicile parental a sonné le glas d'une famille unie et prospère.

En effet, trois ans plus tard s'abat soudainement sur les anciens propriétaires du « Boit sans Soif » une soudaine et funeste hémorragie infantile...


Décidément, la chance semble tourner désormais le dos au Thénardier... pardon... aux Jondrette. Une épidémie de variole noire s'est abattue sur la capitale. Dans son élan morbide, elle a emporté de nombreux jeunes dont l'infortunée Anzelma. Il est vrai que la fille était aux premières loges. Elle mendiait dans les rues des quartiers populaires. Vu les l'état fragile de la trésorerie familiale, il fallait mettre tout le monde à contribution, même les filles, les deux trésors de madame.

Anzelma a respiré des milliers de virions présents dans l'air vicié de ces voies insalubres, fréquentées par des gens à l'hygiène douteuse. Le soir même, la malheureuse Anzelma est rentrée à la maison, tremblante, la robe trempée de sueur.

Assaillie par une forte fièvre, la petite n'a pas cessé de vomir tout ce que son estomac contenait. Dès le premier jour, elle a rampé jusqu'à sa paillasse qu'elle n'a plus quittée. La semaine d'après, son corps malingre et malnutri s'est entièrement couvert d'une sinistre couche de pustules. Au bout de quelques jours, les vésicules ont fini par éclater et déverser un sombre liquide rougeâtre : du pus mêlé de sang. Si la fièvre est tombée, Anzelma a succombé à cet épisode d'hémorragie aigüe.

Le malheur ne vient jamais seul. Éponine, qui partageait la même chambre, a été contaminée dans les premiers jours de la maladie. C'est elle qui s'occupait de veiller sur sa sœur, alitée. Elle aussi est morte de ce fléau d'une purulence écarlate.

En moins d'une semaine, la Thénardière... pardon... la Jondrette venait de perdre ses deux perles d'amour. Comble de l'ironie, ses deux fils avaient échappés à la maladie.

Rappelez-vous, les Jondrette ont eu deux autres fils : les jumeaux : Water et Loo. Âgés désormais de 5 ans, ces deux gamins ont appris de leur père les rudiments du vol à la tire. L'un d'eux se rue sur un riche badaud pendant que le second lui fait les poches.

En tout cas, par un heureux hasard, Walter et Loo ne tombèrent pas malade. Il est vrai que, pour respecter l'intimité de ses précieuses filles, la mère les avait logés dans un placard, à l'écart de la chambre de leurs sœurs. La Jondrette s'en est longtemps voulu d'avoir ménagé ces deux avortons et les avoir ainsi protégés du mal qui avait emporté ses précieuses fées.

Emportée dans une rage sans limite, la mégère se met alors à battre les deux survivants, leur reprochant de n'avoir pas suivi dans la mort leurs sœurs... Le Thénardier... pardon, Le Jondrette, père tranquille et toujours à l'affut de bonnes affaires, parvient à raisonner sa cher et tendre :

— Ma Souris.

— Tais-toi, je suis colère !

— Ma chérie toutes griffes dehors, j'ai une solution pour se débarrasser de ces deux avortons.

— Quoi ?! Comment ?! En les balançant dans un chaudron rempli d'eau bouillante ?!

— Mieux. Et cela nous rapportera du pognon.

Soudain, la pupille jusque-là blême et terne de la Jondrette se met à briller comme une pièce d'or.

— Mon Rat à moi, cause-moi tout, tu m'intéresses.

— Tu te souviens de la Magnon ?

— Celle qui chanter son ancien aristo de maître en lui faisant à croire que les deux mioches qu'elle agrippe à ses jupes sont de lui.

— J'lai vu hier. Cette saloperie de variole rouge a bu sa rente : ses deux moutards sont morts de la même mort que nos filles.

— Bien fait pour eux.

— Réfléchis, ma Souris. Ils avaient à peu près le même âge que les jumeaux. Tout juste deux ans d'écart. Ce vieux de Gillenormand, qui verse à la Magnon une belle rente de 80 francs n'y verra que du feu si la Magnon les remplace par nos deux chiards.

— Qu'est-ce qu'on y gagne dans l'affaire ?

— 10% sur la pension versée. Soit 8 francs qui tombe tous les mois, sans rien faire.

— Et elle est d'accord ?

— 72 francs, c'est bien mieux que zéro, non ?

La Jondrette enroule ses bras autour de son homme et manque l'étouffer.

— Mon Rat, tu es un génie des affaires.

C'est ainsi que les ignobles Jondrette se sont débarrassé de leurs derniers enfants. Ils ont cédé les jumeaux à la Magnon. Non sans la promesse, bien entendu d'une contrepartie. Tant que le malheur des uns fait le bonheur des autres, il faut tout que tout le monde en profite...

À suivre...

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