11 - Les dissimulations

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Ceci n'est pas un exercice. 

Un chapitre par semaine pendant les dix semaines qui viennent.

Testez-moi, détestez-moi : je réponds aux commentaires, frère.

Testez-moi, détestez-moi : je réponds aux commentaires, frère

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Rien n'existait entre le miroir et l'œil. Un néant lisse et froid trouait la glace en lieu et place du reflet.

La dame hypnotisée perdait le fil de sa pensée dans cet égout visuel. Des années qu'elle égarait sa substance, disparaissait. Des années qu'elle contemplait le vide et entendait son appel.

S'il connaissait son nom, il dirait : « Ada ».

À ses côtés, une voix gentille gronda :

— Maman !

Elle sursauta, sa main devenue serre prenant au piège les petits doigts posés sur son épaule. Sa fille eut la bonté d'en sourire. Ce visage-là, Ada pouvait le contempler.

Olivia voyait ses blonds cheveux de fillette devenir bruns dorés à mesure que se déroulait son enfance ; en vérité tout fonçait chez elle, de ses yeux entre le vert et la noisette à son teint hâlé. Elle se moquait parfois de ses parents terrifiés du soleil, qui les rendait écrevisses à peine l'été venu, c'était sa façon puérile de jouer avec le souvenir trop proche de son adoption.

Elle fêtait ses neuf ans ce vingt-deux juin. Son père et sa mère lui promettaient depuis des mois de consacrer cette journée toute entière à sa glorieuse petite personne.

La rupture de cet engagement allait se payer.

L'époux d'Ada, Sven, entra dans la chambre sans frapper.

— La voiture est prête. Et toi ?

Elle haussa les épaules. Il considéra son maquillage posé à l'aveuglette, faute de miroir qui vainque son incapacité à distinguer ses propres traits.

— Ça ira. Allons-y.

Aujourd'hui, l'anniversaire d'Olivia se trouvait contrarié par une convocation. Casiel de Sarh, Commandant des Gardes, réunissait ses capitaines de la Garde de Ville pour une raison urgente non-précisée dans son message. Et, si les officiers de la Citadine s'envisageaient comme une police plutôt que comme un corps d'armée et travaillaient bien davantage avec les juges de proximité qu'avec la noblesse de la Tour éternelle, le Seigneur de Sarh demeurait leur patron et attendait leur obéissance.

Pour la famille Stiegsen-Rousseau, c'était une occasion rêvée de mettre en place un plan insuffisamment réfléchi qui ne fonctionnerait que par chance.

La première phase consistait à feindre la stupidité et prétendre sans sourciller que cette convocation professionnelle du capitaine Sven Stiegsen-Rousseau dans la Tour éternelle l'autorisait à embarquer dans l'aventure son épouse et sa fille comme s'il se fût agi d'un pique-nique organisé par la Garde.

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