Chapitre 14 : « Valjean cultive son jardin »

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Précédemment dans « Les Mizer Heroïks » :


Nous sommes en 1835. 4 années se sont écoulées depuis l'évasion de Cheval Jean. 4 années durant lesquelles Javert n'a pas cessé de rechercher la piste du bagnard en fuite.


Quand la hiérarchie de l'agent spécial de la sûreté le rapatrie, ce dernier doit renoncer à sa traque. Jusqu'au jour où ses pas le mènent au cimetière du Père Lachaise, lors d'une promenade dominicale. Javert apprécie le silence solennel qui règne en ce lieu. Qu'elle n'est pas sa surprise quand il remarque le récent caveau érigé en l'honneur de Fantine.


Javert acquiert alors la conviction que le forçat se cache dans Paris. L'étau se resserre sur Cheval Jean. Javert déploie alors sa petite armée d'informateurs et d'indics. Ce n'est plus qu'une question de jours avant qu'il soit repéré et arrêté...


Fauchelejean, alias Valjean n'est pas né de la dernière pluie de plomb. Il a constaté qu'à plusieurs reprises des voyous à la petite semaine le dévisagent d'un peu trop près. S'il ne lui vient pas à l'idée que ces petites mains agissent pour le compte de l'agent spécial Javert, cela alerte ses sens aiguisés de survivant. Il est clair que cela ne signifie rien de bon pour lui. Et encore moins pour Cosette.

Fauchelejean est un fugitif, certes, mais qui ne manque pas d'appui. Depuis la défaite de Napoléon, la résistance républicaine s'est réorganisée. D'autant plus aisément que le règne de Louis-dit-oui-ter ne cesse de susciter frustration, indignation et colère. L'ancien bagnard a repris contact avec l'évêque Bienvenu, qui exerce également sur Paris désormais. Ils se retrouvent pour la sixième fois en l'église de Saint-Sulpice. Valjean se glisse dans le troisième confessionnal après le Narthex. À l'intérieur, l'attend l'ecclésiaste.

— Cher Jean, ravi de te revoir

— De même, monseigneur.

— Appelle-moi, Père.

— Soit, mon père.

— L'eau a coulé sous les ponts, mais toi, tu es toujours là, à voguer tel un marin insubmersible.

— N'exagérons rien, mon père.

— Si, Jean, tu es une légende, un héros, un résistant, un invaincu. Tu n'imagines pas toutes les vocations que tu suscites.

— Vous plaisantez, j'ai rien dit, j'ai rien fait.

— C'est justement ton plus beau discours. Tu es toi-même. Un modèle, le chevalier de la France Sans Frontière.

— Moins fort, mon père, on va finir par nous entendre.

— Ne t'inquiète pas, mon fils. Cette église est mon fief. Elle nie la nature blasphématoire et contrefaite de ce bouffon de Bourbon qui prétend régner sur notre patrie.

— Heu...

— Je sais. Tu n'es pas venu pour cela. Ne parlons plus religion ni politique. Raconte-moi tes peines.

— Je crois qu'on m'observe. Des seconds couteaux. Des petites racailles. Ils ont même tenté de me suivre. Je ne me sens plus autant en sécurité à Paris. Je me méfie de chaque coin de rue, de chaque croisement, de chaque passage.

— Je comprends. Tu es bien trop précieux pour la Nation. Tu ne dois plus t'exposer en public.

— Mais comment faire ? Je ne suis plus seul. Il y a Cosette. Je peux pas l'abandonner, j'ai promis de veiller sur elle.

— J'ai la solution. Tu as eu raison de venir te confier à un représentant de la Vierge Marianne. Tu vas te rendre au couvent du Petit-Picpus. Il est tenu par les sœurs de l'Armée de la Charité. Je les connais très bien. Elles sont de fidèles alliées de la cause républicaine. Elles vont s'occuper de toi et de ta pupille.

— Vous êtes sûr, mon père.

— J'ai déjà fait appel à leur service. Tout s'est bien passé. Ta tête est mise à prix et la récompense ne fait qu'enfler, Jean. Tu dois disparaître de la circulation.

Le lendemain matin, Fauchelejean et Cosette sortent discrètement d'une calèche. Les chaussées sont désertes à cette heure. D'autant qu'une brume épaisse envahit les rues et les noie dans une mer de coton. Les deux fugitifs pénètrent incognito dans le couvent du Petit-Picpus où les attendent, comme convenu, les sœurs de l'Armée de la Charité.

Fauchelejean change encore de couverture. Il s'occupe désormais du jardin du couvent et répond désormais au nom de Fabre. Il a de nouveau échappé aux griffes noires de Javert. Mais combien de temps encore, ce jeu du chat et de la souris pourra-t-il durer ? Qui sera le plus malin ? Qui commettra la prochaine erreur ?...

À suivre...

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