— Parce qu'ils ont choisi d'être aveugles et de suivre la voie qui leur faisait le moins peur. Ça ne veut pas dire qu'ils te croient bête, ou qu'ils n'ont plus confiance en toi. Damon a été convaincant, c'est tout, et ils avaient envie de le croire.

— Tu as des nouvelles de Rob ?

— Non, je n'ai pas quitté ta maison. Mais tout doit être fini maintenant. Je suppose qu'ils n'ont pas voulu vous déranger. Tu veux que j'aille me renseigner ?

— Non, ça va, s'il y avait eu un souci, ils seraient venus nous chercher.

— Je le pense aussi. Tu ne veux pas dormir un peu ?

— Non, j'en serais incapable de toute façon.

— Alors je vais faire du café, et du thé.

— Merci maman.

Hanet se leva, embrassa son fils et sortit doucement de la chambre, laissant le jeune homme à ses pensées.

— Ta mère a raison tu sais.

Orry soupira en entendant la voix de sa compagne. Il se leva doucement et s'approcha du lit sur lequel il s'assit.

— Hey, on t'a réveillée je suis désolé.

— Ce n'est pas grave, répondit-elle en souriant.

Elle contempla le magnifique tableau que formaient Orry et leur bébé puis ajouta :

— Vous êtes beaux tous les deux.

Le jeune homme s'installa contre la tête de lit et Jane se redressa un peu avant de venir contre lui.

— Tu n'es pas bête Orry, reprit-elle. Tu es quelqu'un d'intelligent et de confiance. Ce sont les autres qui sont stupides de ne pas t'avoir écouté et ils s'en mordront les doigts. Ils se rendront bien vite compte que Damon n'est pas quelqu'un de bien.

Pour toute réponse le jeune homme soupira, puis il embrassa sa compagne tendrement.

— De quoi parliez-vous tout à l'heure ? Demanda-t-elle alors.

— On pense que Damon a décidé de partir cette nuit, en douce.

— Quoi ? Mais pourquoi ?

— Il a voulu charger hier soir et... Gabe est d'accord avec nous, il pense que son père veut nous laisser. On devait essayer de l'en empêcher.

— Tu crois vraiment qu'il abandonnerait tout le monde, maintenant qu'il a ce qu'il veut ?

— Je sais que ce n'est pas cohérent mais, je pense sincèrement qu'il ne pense qu'à lui et ça ne m'étonnerait pas qu'il ait fait tout ça pour nous endormir et se barrer en nous prenant un maximum de choses.

— On peut dire que ce bébé n'est pas arrivé au bon moment alors.

— Ce n'est pas grave, je suis certain qu'ils s'en sont très bien sortis seuls. Rob a dû faire le guet avec Jo, peut-être qu'il a prévenu John ou Allister. On ne va pas tarder à avoir des nouvelles je pense.

— D'accord... tu sais Orry, je veux d'autres enfants, c'était peut-être douloureux mais ça valait le coup, murmura la jeune femme en souriant.

— Tu es sûre ?

— À cent pour cent. Et si on parlait prénom maintenant ?

À cet instant précis, leur bébé couina doucement et Jane s'assit un peu mieux pour pouvoir le prendre contre elle, sans pour autant qu'il ne lâche le doigt d'Orry.

— J'ai une idée, murmura Orry. Je sais que tu en as eu plein et que tu as lu des livres de prénoms mais... j'ai pensé à quelque chose.

— Vas-y je t'écoute.

— C'est un mot français mais c'est aussi un prénom. Il est très utilisé en religion et il a une belle signification.

— Je suis curieuse là. Allez ! dis moi, arrête ton suspens, rit la jeune femme.

Orry se pencha vers elle et lui murmura le prénom à l'oreille. La jeune femme fronça d'abord les sourcils mais lorsque son compagnon lui expliqua la signification elle releva les yeux vers lui et lui sourit, émue.

— Je crois que notre bébé possède un prénom, chuchota-t-elle. J'adore.

Ils échangèrent un baiser au moment précis où quelqu'un frappa à la porte. Orry invita la personne à entrer et Hanet accompagnée de Rob apparut dans la pièce. L'ambiance changea, en une fraction de seconde ils surent que quelque chose s'était produit. Rob avança jusqu'au lit, il embrassa Jane et lui murmura quelques mots, puis il caressa le crâne nu du bébé en souriant.

— Ca s'est mal passé ? demanda Orry en se redressant.

— Damon est parti, répondit Rob en s'asseyant au bout du lit et en regardant le bébé qui remuait doucement.

— Mais...

— On avait décidé de le laisser partir, on se disait qu'on serait mieux sans lui, mais on voulait l'empêcher de prendre les derniers jerricanes d'essence. Ça a mal tourné.

— Comment ça ? demanda Jane. Quelqu'un est blessé ?

— Ella nous a surpris, elle... avait un couteau. Jo a été blessé.

Jane porta la main à sa bouche, sous le choc. Orry ne pouvait plus bouger, il baissa les yeux vers son enfant et déglutit péniblement.

— C'est grave ? Demanda-t-il dans un souffle.

— On ne sait pas, mais il est mal en point.

— C'est arrivé quand ? Pourquoi vous n'êtes pas venu plus tôt...

— Orry, tu viens d'avoir un bébé, tu avais d'autres choses à penser. On a fait ce qu'on a pu, on a stoppé l'hémorragie et Isabel a recousu la plaie. Il faut attendre maintenant, on ne peut rien faire d'autre.

— Je vais aller le voir, intervint Hanet. Il peut y avoir des complications, il faut surveiller de près, éviter les infections. Il est hors de question que nous perdions quelqu'un. Il y a du café en bas si vous voulez. Je vous tiens au courant. Orry toi, tu restes ici avec ta famille.

Elle fit volte face et s'apprêta à sortir de la pièce quand elle fut arrêtée par la voix de son fils.

— Espérance.

Hanet se retourna et lui jeta un regard interrogateur.

— Notre fille, s'appelle Espérance.

***

Le chant des oiseauxLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant