Chapitre 7 : Nuit d'horreur (Gaule Cisalpine -51)

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César sortit de sa propre chambre, me laissant seule. C'était inespérée. Étrange mais je ne pouvais pas laisser passer cette occasion. Je devais retrouver mon père. D'un pas lent, je fis le tour de son bureau, essayant de dégoter une arme. Evidemment, il ne m'en avait pas laissé une seule. N'ayant pas d'autres choix, j'attrapais la carafe vide. Si je me faisais attraper, je pourrais toujours prétendre que j'allais chercher du vin pour César.

Il y avait seulement deux gardes devant ma tente. Je pestais et jetais un œil autour de moi. Je n'avais pas d'autre solution, je devais passer devant eux. Je pris mon air le plus innocent du monde et passais devant les sentinelles. Les deux hommes somnolaient. Un sourire naquit sur mes lèvres. C'était presque trop facile. D'un pas rapide, je m'enfonçais entre les tentes. Les prisonniers de guerre étaient normalement détenus dans des cages, posés sur des chariots. Plus facile lors des déplacements.

Comme une ombre, je furetais dans tous le camp, passant au nez et à la barbe des gardes en faction. Pour l'instant, mon plan était une parfaite réussite. J'arrivais bientôt près des cages. Mon cœur explosa de joie. Je ne pouvais pas approcher évidemment. Les gardes qui étaient là ne somnolaient pas.

Cependant, je voyais mon père dans une cage. Il n'était pas au mieux de sa forme, ses cheveux avaient poussés, tout comme sa barbe mais il paraissait en bonne santé. Les Romains s'occupaient bien de lui. Après tout, c'était un prisonnier de guerre important. Je savais que César le ramenait à Rome en tant que butin.

Pourtant, je devais réussir à le libérer. Une fois dans Rome, la tâche s'avérerait beaucoup plus ardue. Mais pas cette fois. Il y avait au moins dix soldats qui veillaient et je n'avais pas d'arme. Je n'avais aucune chance. Je pris le chemin inverse, revenant vers la tente. Le savoir en bonne santé me suffisait pour le moment. Soudain, un homme s'interposa au travers de ma route.

- On est perdu, ma belle ?

Je repris mon masque de jeune fille innocente.

- Je cherche la tente où est entreposé le vin, dis-je en lui désignant la carafe que je tenais à la main.

- Je vais t'y emmener, suis-moi.

Cela ne me disait rien qui vaille mais je ne pouvais pas me dérober. Je le suivis docilement jusqu'à la tente en question. Il m'ouvrit le pan de la tente, m'invitant à rentrer. Un mauvais pressentiment me saisit à la gorge mais j'entrais tout de même.

Des tonneaux de vin trônaient au milieu de la tente alors que le soldat posait sa lanterne sur l'un d'eux. Il m'indiqua le tonneau d'une main, attendant que j'accomplisse mon œuvre. Je m'exécutais de mauvaise grâce. Soudain, une main me bâillonna alors que je laissais tomber la carafe par terre de surprise. Mon agresseur me tira vers lui. Je tentais de me débattre mais il me tenait solidement. Il me frappa dans le bas du dos, me jetant sur le sol. L'autre homme qui m'avait accompagnée jusqu'ici paraissait ennuyé.

- C'est la prisonnière de César, Gaïus ...

- Peu importe. S'énerva l'homme qui me maintenait sur le sol. Il a toutes les femmes qu'il veut. Une de plus ou de moins.

Il me retourna sur le dos mais j'attendais ce moment. Je lui envoyais un coup de pied dans la tête. Le dénommé Gaïus entra dans une colère noire. Il me gifla. A ce rythme-là, mon visage ne ressemblerait plus à rien. Je crachais du sang sur le sol.

- Tiens-la. Ordonna Gaïus à l'autre homme.

Celui-ci s'exécuta, retenant mes mains au-dessus de ma tête et me bâillonna la bouche de son autre main. Je tentais de crier mais aucun son ne sortit de ma bouche. Le camp dormait. Personne ne viendrait m'aider cette fois.

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