Chapitre Deux

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- Bon, que je t'explique deux trois choses pour qu'on puisse cohabiter ensemble. Premièrement, mes affaires ce sont mes affaires, interdiction d'y poser tes pattes. Deuxièmement, si t'as envie de te toucher, va le faire dans les chiottes et pas ici. J'ai pas de troisièmement pour le moment mais je vais y réfléchir. Compris ?

Je regarde Gabriel qui se tient devant moi, les bras croisés en me regardant de haut avec un regard qui semble très sérieux. La tête que je tire ne semble pas lui faire comprendre que je lui demande s'il est sérieux dans ses paroles ou non. Il n'ajoute rien de plus alors qu'il s'installe dans son lit, téléphone en main tandis que moi je reste planté où je suis, comme un pauvre poteau.

C'est seulement la deuxième fois qu'il m'adresse la parole et c'est pour me dire des conneries comme ça. Non mais sérieusement, pour qui il se prend celui-là ? Pour un prince ? Pire encore, un roi ? Non mais n'importe quoi, il sait pas dans quel terrain il se lance. Une fois ça passe, mais pas la deuxième !

- Moi aussi je vais donner des règles.

Il tourne soudainement la tête vers moi, les sourcils froncés alors qu'il se redresse. Un léger sourire se forme sur le coin de ses lèvres et je sais très bien qu'il se fout déjà en avance de moi.

- Quoi comme règle ?

- La règle de j'arrête de donner des règles ça te va ?

Un petit rire s'échappe de sa bouche alors que je croise mes bras sur mon torse, plantant mes yeux dans les siens. Enfin du moins je tente de soutenir son regard mais ses yeux d'un noir profond me poussent à me rendre. C'est perturbant, il est vraiment perturbant.

- C'est pas des règles, c'est des consignes, des mises en garde pour toi.

- C'est exactement la même chose ! Dis-je en haussant un peu la voix ce qui le fait d'avantage rire.

Mais bordel, il va arrêter de ce foutre de moi oui ? Je vais lui faire bouffer son joli sourire moi.

- T'aimes les gars toi non ?

Je manque de m'étouffer avec ma propre salive en entendant cette question qui n'a strictement aucun rapport avec notre conversation. Je le regarde en lui lançant pleins de points d'interrogations à la figure mais il ne semble -encore une fois- ne pas le remarquer.

- Rapport s'il te plait. Le rapport il est où ?!

- Si tu réponds pas c'est que c'est le cas alors.

Alors là c'est bon, j'abandonne. Maximilien est out. Hors jeu.

J'ai l'impression d'avoir un gamin face à moi et je ne plaisante pas. Je pensais qu'à quinze ans je n'étais pas assez mature mais alors là, j'ai trouvé pire que moi.Et je crois bien même qu'il est plus âgé que moi d'un an.

Je finis par lâcher un profond soupir alors que je pars à mon tour me poser sur mon lit. Si je reste debout je sens que je vais faire un malaise à cause de sa stupidité.

- Au pire, qu'est-ce que ça peu te faire hein ?

- Je sais pas, j'ai juste peur de te retrouver soudainement dans mon lit en train me tailler une pipe.

Maman, vient me chercher.

- T'es vraiment con.

Je me laisse tomber en arrière, ma tête heurtant doucement mon oreiller. Je fixe le plafond alors que je l'entends rire puis il me semble bien qu'il se lève et qu'il part puisque la porte claque mais maintenant je ne fais plus attention à lui. En fait, la première fois que j'ai vu Gabriel, je me disais simplement que c'était un mec mystérieux, débordant de charisme, vous savez ce cliché des beaux gosses. Celui qu'on voit dans tous les films, celui qui a toujours le bon rôle et qui attire toujours toutes les foules sur lui.

Mais bordel, qu'est-ce qu'il est con. C'est un con beau. Mais un vrai con narcissique, pervers et gamin.

Je continue de garder le regard rivé vers le vieux plafond de l'internat, un peu jaunâtre à cause de l'humidité de la pièce. Maintenant je dérive dans d'autres pensées, comme par exemple celle de mon père qui ne m'a au final pas appelé ce soir. De toute manière je le savais qu'il allait oublier mais d'un côté, je me sens tout de même mal. Mais bon, je suppose que c'est comme ça après tout, on s'y fait et on ne tente de ne plus y penser.

Quelques minutes après j'entends la porte se rouvrir ce qui me fait sortir de mes pensées et par réflexe je tourne la tête vers celle-ci. Très grave erreur Maximilien, grosse erreur même. Mes yeux rencontrent les siens puis descendent vers son torse dénudé et super bien tracé. C'est seulement après quelques secondes que je remarque qu'il ne porte qu'un simple jogging et qu'il me regarde avec un sourire narquois.

- C'est ce que tu n'auras jamais.

Je détourne le regard en mordant l'intérieur de ma joue. Pourquoi j'ai tourné la tête moi ?! C'était pas du tout mon intention et maintenant il va croire que je bave sur lui. Enfin je crois qu'il le pense déjà étant donné ce qu'il me balance à la figure depuis tout à l'heure.

N'empêche, ce serait mentir à moi-même que de dire que je n'ai pas apprécié ce que je viens de voir.

NON. Je ne dois pas penser à ce genre de chose, je ne dois pas rentrer dans son jeu. Je sais très bien ce qu'il cherche à faire. Comme si j'allais tomber amoureux de lui comme toutes ces filles hystériques.

Je ne suis pas comme ça, il ne m'aura pas, je ne tomberais pas dans le panneau.

Je pense que je vais au final définir une règle, mais cette fois elle ne s'applique qu'à moi. Et ce n'est pas qu'une simple règle c'est LA règle.

La règle d'Or du cliché. Il m'est strictement interdit de tomber amoureux de lui.

Si tu crois m'avoir Gabriel Stanford, tu te fous l'orteil dans l'œil.

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Au fait merci pour tout vos retours sur le chapitre un ❤️

La règle d'Or du cliché [BxB]Lisez cette histoire GRATUITEMENT !