Chapitre 5 : Mise en garde (Uxellodunum -51)

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Deux ou trois jours plus tard, un garde vint enfin me chercher. Il ouvrit ma cellule et me tira par le bras à sa suite. Il me conduisit d'un pas martial vers la tente de César. Ses mots résonnaient encore dans ma tête « tu m'appartiens Eryn ». Je frissonnais de dégoût. Je levais un regard fier alors que les légionnaires me regardaient passer, émettant des commentaires déplacés sur ma chemise. Chemise qui était presque transparente. Le soldat me fit entrer dans la tente et me jeta au pied de César. Celui-ci m'observa d'un regard rapide avant de fusiller le soldat du regard.

- J'avais ordonné de lui retirer ses armes, pas ses vêtements. Dit-il d'une voix douce, qui j'en suis sûre, était source de danger.

- Nous avons préféré tout lui retirer César, au cas où ... S'expliqua le soldat.

Au cas où j'avais caché une dague entre mes seins, sait-on jamais. César fit signe à l'homme de se retirer, d'un air las.

- Relève toi. M'ordonna-t-il.

Je m'exécutais de mauvaise grâce et resserrais mes bras autour de ma poitrine. Je ne voulais surtout pas que cet homme-là me voit nue, à sa merci. Étonnamment, il garda son regard fixé dans mes yeux.

- Vas te laver un peu puis viens me rejoindre, m'intima-t-il, en me désignant un pan de sa tente.

Suspicieuse, je marchais d'un pas hésitant vers sa salle d'eau, comme il l'appelait. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un bain fumant ainsi qu'une tenue qui m'attendait, posée sur une petite table. Je jetais un regard derrière moi, veillant à ce que le général ne m'observe pas mais il s'était retiré derrière un autre pan de sa tente.

J'étais seule. Je fis alors glisser ma chemise le long de mes épaules et posais un pied hésitant dans le bain chaud. Je poussais un soupir de satisfaction en sentant la chaleur réchauffer mon corps. Je pris délicatement le savon entre mes doigts et me savonnais tout le corps, surtout les cheveux. Je prenais particulièrement soin de mes longs cheveux roux dont j'étais si fière. Une fois un peu plus présentable, je jetais un œil suspicieux aux habits déposés pour moi.

Evidemment, c'étaient des habits de romaine. Je me demandais où il avait trouvé ça. N'ayant pas d'autres choix, j'enfilais la tunique blanche autour de laquelle je nouais une stola, pièce de tissu féminin lâche d'un rouge semblable aux tenues guerrières romaines. La tunique avait des manches longues et tombait parfaitement à mes pieds. A croire que la tenue avait été taillée pour moi. J'enfilais les espèces de chaussures qu'il m'avait laissée et sortis de la pièce d'eau.

César était là, observant toujours la carte des environs. A mon entrée, il releva la tête et un sourire germa sur ses lèvres. Croyait-il que j'avais oublié la sentence qu'il avait appliqué aux gaulois ? Cet homme-là était mon ennemi.

- Les femmes respectables romaines se couvrent la tête, me fit remarquer César en jetant un regard critique sur mes cheveux.

- Je ne suis pas une femme respectable romaine, lui répondis-je sur le même ton.

Il poussa un soupir alors que ses deux lieutenants entraient dans la tente à leur tour. Marc-Antoine me gratifia d'un sourire en coin.

- Eryn ! Cette tenue te sied à merveille !

Je ne répondis pas. Moi, tout ce que je voyais, c'est que je me trouvais au milieu des loups et sans armes. César me fit signe de leur servir du vin. Je m'exécutais de mauvaise grâce mais je laissais traîner mes oreilles.

- Nous devons rentrer immédiatement à Rome, les informa César alors que je versais le vin dans son verre. Pompée a pris le pouvoir.

- Le Sénat a déclaré que tu devais abandonner ton poste de gouverneur, César et revenir à Rome sur le champ, en simple particulier. Lui annonça le romain dont j'ignorais toujours le nom.

Alea Jacta Est [Tome 1]Lisez cette histoire GRATUITEMENT !